Entre panses abyssales et politiques interchangeables


Joseph Kabila lors de sa visite officielle en France du 15 au 17 juillet 2008 |Bokal(AEM)

Au contact de Kabila, ils se sont tous abrutis, non pas que l’intéressé serait un abruti hautement contagieux, juste que l’on gagne et l’on assure sa place auprès du « Raïs » en l’enfermant dans l’illusion de l’homme indispensable. Cela va de graves violations des droits de l’homme incarnées par Kalev le patron de l’Agence nationale des renseignements (ANR) à la prostitution morale et intellectuelle assumée de Kin Kiey, en passant par le mensonge et des arrangements avec la vérité érigés au rang de religion par Lambert Mende Omalanga. En s’en remettant au mauvais génie de ces courtisans, Kabila s’est coupé autant de la population que de la réalité pour se retrouver dans l’impasse actuelle. Tant qu’il aura autant de panses abyssales à remplir, Kabila ne sera qu’un pauvre type instrumentalisé par son entourage mais qui se croit réellement « Raïs ».
Pendant ce temps, certains piliers de ce système ont traversé la rue et pensent s’être refait une virginité au seul contact d’Étienne Tshisekedi. Quand on retire au Rassemblement le parcours méritoire et historique de l’opposant Tshitshi, il ne resterait que des gens interchangeables avec ceux qui sont autour et servilement au service de Joseph Kabila. Leur seul atout reste l’aversion que suscite le pouvoir de Kinshasa. En comparaison, Félix Tshisekedi mériterait du respect avec son parcours souvent méconnu et accusé abusivement de délit de filiation. Alors que l’Udps avait la même santé fragile que son père, il a su entretenir la flamme directement sur le terrain dans différentes provinces. Dans un autre registre Sam Bokolombe incarne un nouveau type de politique qui vit et respire le Congo profond sans calcul. Tout comme Lubaya et l’« ouragan » Ewanga capables d’une rupture avec leur parti pour refuser toute « compromission » avec le pouvoir et, bien plus, sans se hâter pour recevoir l’onction d’Étienne Tshisekedi ou l’adoubement de Moïse Katumbi.

Ce n’est donc pas une quelconque opposition qui mettra un terme au régime de Kabila, mais l’intéressé lui-même en persistant dans l’aveuglement et le cynisme. Le peuple en redemande d’ailleurs pour en faire le moteur qui va l’entraîner vers la reconquête de sa dignité. La communauté internationale se réjouit, elle aussi, que la soldatesque de l’encore président soit déployée à Kinshasa depuis hier. Tante Fatou Bensouda affirme, en effet, qu’il lui manque encore quelques morts pour faire à Joseph Kabila l’honneur d’une invitation à tailler bavette avec elle à La Haye.|Botowamungu Kalome(AEM)

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