Barcelone, une ville entre esthétisme, poésie et audace… comme son équipe de foot


Le bâtiment administratif du port de Barcelone

Jusque dans ses moindres détails : rues, façades des bâtiments, pavés, réverbères, allées et trottoirs, transports en commun, flancs escarpés… Barcelone respire l’esthétisme dans ses grandes largeurs mais aussi à travers une foultitude des détails. En visitant cette ville catalane, on découvre un patrimoine riche des réalisations architecturales et artistiques renversantes qui côtoient des constructions modernes aux lignes osées, originales. Sa population ? Avenante.

La place de l’Espagne, à Barcelone, offre la journée et le soir un intéressant résumé de ce qu’est cette métropole espagnole. Deux immenses colonnes en briques rouges se déploient vers le ciel avec la sérénité d’une cathédrale. Juste à côté, une sorte d’anneau géant fait office de l’arène de la ville comme pour consacrer des traditions séculaires et les figer à jamais. Depuis ces colonnes, la vue s’arrête entre autres, au bout d’un boulevard descendant, sur une nature escarpée, altière. Sur les flancs de la montagne sont érigés, d’une manière acrobatique, de petits immeubles qui donnent l’impression de s’accrocher des bouts de doigts à cette nature abrupte. Suffisant pour se demander s’ils ne se détacheraient au moindre courant d’eau qui déboulerait. Ces audacieuses constructions tachent à peine le tapis végétal qui s’étend à perte de vue. C’est l’une des images diurnes d’une des places les plus visitées de Barcelone.

En face, à hauteur, des bâtisseurs inspirés ont posé un château monumental (souffrez le néologisme) au sommet d’une pente modérée. Y est logé le Musée national d’art de la Catalogne. Le château, ses épures, ses escaliers géants, ses jardins et ses haies volumineuses constituent une des expressions les plus abouties de la géométrie. Sur un côté du boulevard qui mène à cet édifice, avec sa façade en verre, l’ultra moderne parlement de la Catalogne s’insère avec justesse dans l’alignement des bâtiments anciens.

Le soir, la Place de l’Espagne délaisse sa solennité pour devenir un lieu féérique : les deux cents mètres qui mènent au château sont bordés des jets d’eau réguliers, aux couleurs à dominance azur et violette, d’une hauteur de 2 mètres environ. Même ambiance, en plus grandiose, sur la  grande place devant le château : des immenses jets d’eau, étirés, filiformes se livrent à une farandole des lignes élégantes dans un bain de lumières chatoyantes et sur fond de musique classique. Juste magique.

La ville de Barcelone la joue collectif à la Barça

À peine débarqué à Barcelone et alors que je consultais des panneaux pour trouver mon chemin, un monsieur qui a deviné mon problème, se lève du banc de la salle d’attente et vient spontanément me donner les indications nécessaires en s’essayant au français sans s’offusquer de mes limites en langues étrangères. Cette attention est omniprésente et j’ai pu, ainsi, visiter, apprécier et adorer Barcelone sans parler un seul mot d’espagnol à part Hola (Bonjour) et Gracias (Merci), même si parfois pour faire bien, j’ajoutais « Muchas Gracias ». Avec ces deux mots, j’ai pu tout faire : restaurants, achats des souvenirs, visites des sites et lieux touristiques, hôtels, prendre un pot… Et c’est cette façon de la jouer collectif  qui m’a inspiré le parallèle avec le jeu pratiqué par le FC Barcelone : le porteur du ballon a toujours le soutien de 2 à 4 joueurs prêts à combiner avec lui. Pas que. La circulation et les déplacements sont fluides, apaisés comme le jeu de Barça qui est un ballet de toute beauté livré par des esthètes des terrains de foot.

À Barcelone, les trottoirs sont larges et toujours propres, les automobilistes courtois et sereins au point que je ne me souviens pas avoir entendu un seul coup de klaxon. Tout dans cette ville fait penser à son équipe de foot : alors qu’il était plus redouté pour ses morsures que pour sa conduite de balle et son sens de but, au contact de cette ville et de son football, Luis Suarez est devenu un artiste, un des plus beaux buteurs des compétitions  internationales. Ses buts marqués avec finesse sont de loin plus nombreux que ceux réussis en force. Alors que Cristiano Ronaldo ne mise que sur la puissance, Lionel Messi c’est Picasso à l’œuvre pour réaliser un tableau. Les parallèles permettant souvent de mesurer les choses,  on peut aussi noter que, alors que Ramos affectionne les cartons  rouges et ne marque que de la  tête, Piqué aligne des buts dignes d’un attaquant et finit ses matches avec sa  mèche toujours impeccable.

Je ne vais dissuader personne à visiter Madrid, mais si cette ville est à l’image du  jeu rugueux de Sergio Ramos : Merci d’être maso.|Botowamungu Kalome (AEM)