PSG : un projet dispendieux et erratique


Ben Arfa touche 6 millions d’euros par mois sans jouer une seule minute

Disons-le tout de suite : la prise du contrôle du Paris Saint-Germain par le Qatar est l’histoire d’un prince qui voulait visiter Disneyland aux heures de fermeture et dont le père, un émir, a décidé tout bonnement de lui acheter ce parc de distraction. Après un tour de manège, Impossible de recréer la magie des lieux. Le fils s’ennuie à mort et multiplie des caprices à centaines des millions d’euros. En vain. Le Qatar voulait faire du PSG une vitrine pour redorer son image, à la place, il en a fait un miroir grossissant dans lequel s’affiche un émirat qui pense que tout s’achète et s’obtient tout de suite. En six ans, ce club a consumé 4 entraîneurs et dépensé près d’un milliard d’euros en transferts mais sans jamais passer les huitièmes de finale de la Ligue des champions qui  était visée dans « les trois ans ».

Les chiffres sont très parlants : le PSG comporte dans son effectif les huit plus gros salaires de la Ligue 1 et ses dix plus gros salaires représentent environ les budgets de six petits clubs de Ligue 1. Le club de la capitale française aligne systématiquement 11 internationaux et sur le banc, il compte plus d’internationaux que les équipes types de ses adversaires. Avec ces moyens humains et financiers astronomiques, gagner la Ligue relève de la plus banale des formalités. Les deux fois où Montpellier et Monaco ont chipé les titres au PSG devraient être considérées comme un double accident industriel.

Près d’un milliard d’euros de transferts et quatre entraîneurs en six ans

En à peine six ans de gestion, le Qatar a dépensé plus de 40 millions d’euros pour indemniser trois entraîneurs et leurs staffs, soit le budget de deux clubs de Ligue 1.

Outre ces 40 millions jetés par la fenêtre, le Qatar a dépensé cette saison 400 millions d’euros pour acheter deux joueurs. Rien n’est trop hors de prix pour l’émir, ses caprices méritent les plus beaux joujoux du monde. Nasser Al-Khelaifi, le président du PSG, préfère verser 6 millions d’euros de salaire à Ben Arfa sans le faire jouer une seule minute. Additionnés aux autres transferts depuis 2011, on frôle le milliard d’euros. On s’étonnerait moins de ces dépenses folles si elles correspondaient à une logique sportive rationnelle. Que non, le PSG a acheté deux attaquants de classe mondiale mais a oublié, complétement, de recruter un milieu défensif, justement l’élément qui lui a fait défaut ces deux dernières saisons au niveau européen. Et c’est en hiver que le club s’est rattrapé avec Lassana Diarra… Sans doute trop tard pour passer les huitièmes de finale de Ligue des champions infranchissable depuis six ans. Le plafond de verre.

Errements tactiques : même les épouses des joueurs s’en mêlent

La récente défaite du PSG face au Real Madrid a illustré une gestion managériale et sportive erratique. Cet été, les dirigeants ont préféré le clinquant à la cohérence : Neymar et Mbappé plutôt que corriger les faiblesses aux postes de milieu défensif, défenseur central et gardien des buts. Ce qui constitue l’assise de toutes les grandes équipes, le socle à partir duquel on bâtit.

Conséquence : Lo Celso, à contre-emploi au poste de milieu défensif, a offert un penalty au Real. Alors qu’ils ont été très rarement alignés ensemble les défenseurs centraux Marquinhos et Kimpembe, ont été bons individuellement mais pas ensemble. Ajouter à cela le placement inédit de Dani Alves au milieu en cours de match et la  sortie surprenante de Cavani plutôt que d’un Mbappé transparent, Unaï Emery a désarçonné son monde. Une hérésie que de faire des choix expérimentaux face aux Madrilènes.

Et il n’en fallait pas plus pour que les épouses de deux joueurs s’épanchent dans les réseaux sociaux sur les choix tactiques de l’entraîneur. Et pas n’importe lesquelles : Mesdames Thiago Silva et Angel Di Maria. Après, les affaires Serge Aurier et Kurzawa, la chienlit est aussi une des caractéristiques de la gestion qatari du PSG.

Il en va ainsi d’un projet politique, économique et sportif né du caprice d’un prince.|Botowamungu Kalome(AEM)