Suite Olympia : quand Emeneya parle de flingue, d’assassinat, de mafia sicilienne… bref de représailles


 

Kester Emeneya Mubiala et son groupe à l’Olympia de Paris (Photo prise par Dr. Franck le 13 juillet 2008 à l’aube)
Kester Emeneya Mubiala et son groupe à l’Olympia de Paris (Photo prise par Dr. Franck le 13 juillet 2008 à l’aube)

Mercredi 16 juillet dernier, il était 18 heures 40, quand mon portable reçut un appel masqué : à l’appareil un monsieur qui se présente comme faisant partie du staff d’Emeneya et qui me reproche mon article sur le concert de son idole à l’Olympia le 12 juillet . Selon lui, l’article a l’intention de nuire en « minimisant et en insistant sur le nombre de personnes présentes ». Ce proche de Kester embraye aussitôt sur les menaces d’une « plainte pour diffamation » puis balance que je vais me faire « tabasser à Paris ». Emeneya lui succède au téléphone et réitère ces menaces.

Le patron de Victoria Eleison a son intime conviction et l’affirme : « J’ai trente ans de carrière et vous voulez les réduire à néant, vous n’y arriverez pas. Ce n’est pas parce que vous êtes fan d’un autre musicien que vous pouvez essayer de saboter une tournée qui m’a coûté 50.000 dollars en billets d’avion. Voilà comment vous allez vous risquer de vous faire agresser bêtement à Paris car mes gars sont très remontés ». Après ces coups de semonce, le chanteur m’intime l’ordre de retirer cet article du site d’Afriqu’Échos Magazine (AFRIQUECHOS.CH). Je lui répondis calmement et fermement qu’il était hors de question, cela eut le don de le mettre hors de lui et il fit alors allusion à la mafia sicilienne qui n’hésite pas à sortir le flingue face à des comportements comme ça. Kwa Mambu répète encore et encore ces menaces en soulignant que je mettais bêtement ma vie en danger. Et puis, de temps en temps, me prenant franchement pour un gamin pris en faute, il feint de jouer le magnanime en disant que nous sommes compatriotes, frères et que jusque là, « il essaye de calmer ses gars ». Ma réponse fut claire : je ne demandais ni sa compassion, ni sa « magnanimité ».

Pour toute réponse, je lui ai répondu que je ne retirerais ni mon article, ni un seul de ses éléments, que ces menaces n’y changeraient rien car j’ai essayé d’être le plus objectif possible dans mon reportage. En se quittant, je lui signifiai qu’il faudra cependant qu’il s’apprête à assumer ses menaces. Car, comme je l’avais clairement indiqué à son producteur Dario Kindongo, une plainte en bonne et due forme sera déposée pour « appel malveillant, menaces d’agression et menace de mort ». Cette plainte visera aussi bien le chanteur que le membre de son staff qui avait appelé et qui croit qu’il suffit de porter quelques haltères, de se faire appeler « maître » pour se prendre pour un justicier et surtout se croire plus fort que quelqu’un qu’on ne connaît pas du tout. Ces menaces ne m’ont ni affolé, ni ébranlé mais je porte plainte pour que certains comprennent que tout le monde n’est pas obligé de patauger dans la marre de l’inculture et de l’incivisme constituée en ghetto dans lequel ils veulent entraîner tous les Congolais.

Kester n’a pas sa résidence principale en France et ne présenterait pas à priori des garanties de représentation devant la justice, cela a valu à certains de se voir restreindre leur liberté de voyager ou de donner des garanties de représentation pour moins que ces menaces. Lesquelles menaces et allusions au meurtre pourraient alors se révéler, brièvement certes et à court terme, de sérieux accrocs à sa carrière plus encore que mon article.| Botowamungu Kalome, Rédacteur en chef (AEM)