Gbagbo : Nathalie Gbohou relaie la pétition de l’écrivain centenaire Bernard Dadié


En 1949, il avait été arrêté pour s’être levé contre le colonialisme, il s’en était suivi un séjour carcéral de 16 mois. 66 ans plus tard et âgé aujourd’hui de 100 ans, Bernard Dadié, le père de la littérature ivoirienne, a repris la plume pour dénoncer « les pratiques mafieuses et l’impérialisme occidental » dont l’emprisonnement de Laurent Gbagbo à la CPI en est la  conséquence. Non sans rappeler au passage que « la Côte d’ivoire est l’un des rares pays au  monde qui compte le plus de prisonniers et d’exilés politiques ». Et d’appeler à la libération de Laurent Gbagbo dans une pétition rédigée avec Joseph Koffigoh, écrivain  et ancien premier ministre ivoirien. À Nantes, cette campagne est relayée par Nathalie Gbohou, responsable de la section de l’Union  des Nouvelles Générations (UNG) le parti dirigé par Stéphane Kipré.

Le choix des mots atteste de la capacité à s’indigner restée intacte de Bernard Dadié qui appelle à « résister face à l’imposture comme un devoir de conscience devant l’histoire » car, ajoute-t-il : « depuis plus de cinq ans la CPI peine à apporter la moindre preuve matérielle au soutien des charges retenues contre Laurent Gbagbo ». Conclusion de celui qui avait été aussi ministre de la culture et de l’information : « Il sera difficile dans ses conditions, de convaincre que le rôle de la CPI en Côte d’ivoire n’aura été  de permettre à la Françafrique d’écarter du pouvoir ses adversaires politiques ».

Nathalie Gbohou  ne dit pas autre chose et accuse Alassane Dramane  Ouattara de « réduire à  néant les chances d’une réconciliation nationale avec une chasse aux sorcières qui dure depuis plus de cinq ans ». Son engagement ne faiblit pas pour autant, au contraire. Caractère bien trempé mais doté du sens de la pédagogie et d’une voix invariablement douce, cette cadre de l’UNG moissonne les signatures et ne doutent pas un seul instant « d’un retournement de la situation qui mettra un terme au système Ouattara ».|Botowamungu Kalome (AEM)