Kouka « Célio » l’un des pères fondateurs des Bantous de la Capitale n’est plus


L’orchestre Les Bantous de la Capitale vient de perdre un de ses « artiste-sénateurs» en la personne de Kouka Célestin François dit Celio, décédé le vendredi 19 août 2016, à 23h30 au Centre Hospitalier et Universitaire de Brazzaville, en présence de sa femme, de ses deux enfants et d’une de ses cousines.

Chanteur 2ème voix et cofondateur des orchestres OK Jazz de Kinshasa en 1954 et  Les Bantous de la Capitale de Brazzaville en 1959, fervent catholique pratiquant, Kouka Célestin François est né le 5 février 1935 à Mitoko Mfilou, (Brazzaville). Deuxième d’une famille de cinq enfants et fils de Bitambiki Benoît et de Talantsi Madeleine, il avait été, en 1943, le  premier  choriste de la pParoisse Notre Dame du Rosaire de Bacongo. Célio avait également évolué comme chantre à la paroisse Saint-François d’Assise, où officiait l’Abbé Fulbert Youlou, qui deviendra le premier président de la République du Congo, en 1960.

En 1952, il commence sa carrière musicale dans le Cercle culturel de Bacongo où il va apprendre à jouer du saxophone. En dehors de la musique, la carrière professionnelle de Kouka Célestin François se résume en deux expériences comme employé dans un consulat et dans les PTT (Postes, télégrammes et téléphones). Marié à Loutaya Pascaline, le chanteur était père de 9 enfants.

En 1956, Kouka Célestin et Edo Nganga sont les deux Brazzavillois cofondateurs de l’orchestre OK Jazz de Kinshasa, avec François Luambo Makiadi dit Franco, Vicky Longomba, Bossoma Dessoin.  Jean Serge Essous et Daniel Loubelo dit Delalune vont intégrer l’Ok Jazz bien plus tard. À l’orée des indépendances en Afrique, Célio Kouka va regagner la rive droite du fleuve Congo, Brazzaville. Le 15 août 1959, l’orchestre Les Bantous de la capitale est créé par Jean Serge Essous, Daniel Loubelo, Edo Nganga et Kouka Célestin. Le groupe a fait sa sortie officielle au Bar Faignond à Poto-Poto dans le 3ème arrondissement de la ville de Brazzaville. Son style musical s’apparente aux contes et faits de vie. Dans le lot de ses chansons à succès,  on peut citer Rosalie Diop, Comité Bantu, Kouka ba dia tseke

En 1972, Kouka quitte Les Bantous de la Capitale pour fonder, avec Pamelo et Kosmos, le trio Cepakos (Célio, Pamelo et Kosmos). Ce groupe ne servira que de transit vers la création de l’orchestre  Le Peuple, la formation musicale avec laquelle il va chanter Mbemba maya Kamba  de l’Abbé Barthelemy Batantu. En 1978, Pamelo réintègre dans Les Bantous de la Capitale et puis Kosmos en 1984. C’est donc la traversée du désert pour Célio.

Kouka Célestin va tenter de ressusciter l’orchestre Le Peuple en 2000, hélas sans succès. C’est ainsi qu’il va
regagner pour la énième fois Les Bantous de la Capitale. En 2007, l’orchestre se produira au Festival des Musiques Métissées d’Angoulême, du 16 au 19 mai suivi du passage dans la prestigieuse salle de l’Olympia de Paris.

Le crépuscule

Le 21 mai 2016, l’orchestre Les Bantous de la Capitale se produit avec Zaïko Langa Langa lors du banquet de la 19e Assemblée générale ordinaire de la Cospeco (Commission spéciale de coopération), entre les villes de Kinshasa et de Brazzaville.  L’absence de Kouka Célio et d’ Edo Nganga interpelle.  Explications de Rosalyn et Mâ-Pierre Mougrando, trompettistes des Bantous : « Ce sont nos sénateurs, ils  ont beaucoup fait pour le maintien de ce groupe, et ils doivent se reposer, ils interviennent quand c’est nécessaire ».

Célio souffre de l’hypermétropie et est obligé de réduire ses activités. Mi-juin 2016, son état de santé se détériore. Le 18 août 2016, plus rien ne va pour Kouka Célestin. Il est conduit à l’hôpital de Makelékele à 20 heures, son état s’est aggravé. Sa voix, devient inaudible et déréglée, il ne parle presque plus, et il est admis aux urgences pour les premiers soins…
Le vendredi 19 août 2016, il est transféré au Centre universitaire de Brazzaville (CHU-B), à 11 heures. Sa femme Pascaline Loutaya, sa nièce Pélagie et ses deux enfants, Michèle et Louison veillent sur lui. À 23h30, le service de l’hôpital va faire constater le décès.|Aimé Makiza (AEM), Brazzaville, Congo

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