RDC : Kamerhe pourrait être privé de la primature ce 19 septembre


Vital Kamerhe, le patron de l'UNC © Top Congo

Et si finalement, à son grand dam, Vital Kamerhe aurait fait le sale boulot à la place de Tshisekedi ? Quand il avait exigé un dialogue avec le pouvoir avec, in fine, un partage probable du pouvoir, le coriace opposant prenait le risque de cautionner un glissement rendu « inévitable » par Joseph Kabila. Le sphinx de Limete y aurait laissé l’immense popularité dont il jouit auprès de ses concitoyens. Finalement, c’est Vital Kamerhe qui est allé au dialogue pour un scénario sans suspense : Kabila aura une rallonge et le patron de l’UNC le poste de premier ministre. Mais, Le Rassemblement pourrait l’en priver et les chances d’un tel retournement de situations ne sont pas négligeables.

L’accord sorti du dialogue sera irréversible même dans ses aspects qui récompensent la stratégie de Joseph Kabila de rendre les délais constitutionnels impossibles à tenir. Cet accord est et sera, malgré tout, considéré comme un moindre mal. La gourmandise de la majorité s’en trouve contenue et il ne resterait plus que des dates des scrutins et du départ de la présidence de Joseph Kabila soient fixées pour que la très grande majorité de Congolais se résolvent à faire avec. La caution de la communauté internationale déjà acquise contribuerait à rassurer les Congolais mais peut-être pas assez pour les dissuader à manifester leur hostilité vis-à-vis du pouvoir. La manifestation prévue par Le Rassemblement ce 19 septembre 2016 répondra en partie à cette question et pourrait avoir des incidences inattendues et contraindre le président congolais à une cohabitation, mais pas celle qu’il a envisagée avec son ancien obligé surnommé sévèrement Kamérhéon.

Même s’il ne l’avouera jamais l’accord conclu au dialogue arrange la coalition construite autour de Tshisekedi. Le sale boulot qui était inévitable a été accompli par Vital Kamerhe et la communauté internationale ainsi que les Congolais n’accepteraient sans doute pas une remise à plat qui provoquerait beaucoup d’incertitudes et une plus longue période de transition. L’enjeu pour Le Rassemblement serait de mobiliser fortement la rue en vue de se rendre incontournable dans la gestion de la transition. Un scénario très envisageable si l’opinion montre un fort rejet de l’ancien président de l’assemblée nationale à qui on reproche la connivence avec le pouvoir, un lien qui n’aurait jamais été rompu selon ses détracteurs.

La seule réussite de la manifestation de ce 19 septembre 2016 ne suffirait pas, il faudrait une forte pression sur la durée et sans doute aussi une conjonction avec ces feux qui commencent à s’allumer un peu partout comme à Kasumbalesa, à Bukavu… et à des centaines d’autres qui couvent ça et là.|Botowamungu Kalome (AEM)