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Victimisé et médiatisé jusqu’à l’échelle planétaire - CNN en a tiré deux sujets sans compter des très sérieux journaux dans le monde -par la fausse affaire de « 32 mercenaires étrangers » venus - certains - d’Irak où ils auraient servi dans le groupe terroriste musulman Al Quaïda de Ben Laden -, Oscar Kashala Lukumuenda, professeur de Physique à Harvard, jusqu’ici un parfait inconnu, peut se frotter les mains : il vient de faire magistralement son entrée dans le Top-10 du baromètre hebdomadaire « le Soft International-Les Points ».
C’est la montée la plus fulgurante de la semaine. Ce candidat Président de la République n’était qu’à la seizième place lors du dernier sondage « Le Soft-les Points » (19-20 mai) avec 1,3% et à la dix-septième lors de l’avant-dernier (1,1%). Désormais, il fait du 2,1% et dépasse même très loin bien de ténors de la scène politique nationale !
C’est l’envers de la médaille quand on pose, dans une période aussi délicate, des actes irréfléchis. On les paye comptant.
Le chef du RCD-Goma, l’avocat d’affaires Azarias Ruberwa Maywa perd sa place au n°8 au classement général (3%/3,2%) qu’il cède à l’ancien Premier ministre de Mobutu, l’internationaliste Vincent de Paul Lunda-Bululu (3,5%/2,9%) qui, un moment, co-dirigea l’ancienne rébellion du RCD-Goma avant de lui préférer le MLC de Jean-Pierre Bemba Gombo qu’il quittera par la suite de retour à Kinshasa pour relancer son propre parti. Ruberwa reste néanmoins dans le Top-10 placé désormais au n°9.
Ce sondage réalisé du 26 au 27 mai dernier par l’Institut Les Points pour le compte exclusif du « Soft International » est marqué globalement par un tassement des positions dû, dans certains cas, à la variation des enquêtés.
PUBLICITE PAYEE CASH.
Outre en effet, l’entrée dans le top-10 de l’universitaire Kashala du fait de la publicité sans frais faite autour de sa personne, la population ayant compati avec lui, les positions restent quasi identiques.
Ceux qui mènent la danse - cela se confirme jour après jour - restent incontestablement et invariablement les mêmes : le Président Candidat Joseph Kabila Kabange (23-26% des intentions de vote), suivi de loin par l’économiste Pierre Pay-Pay wa Syakassighe (4-6,5%), suivi du fils aîné de Mobutu resté en vie, Joseph Mobutu Nzanga Ngbangawe (4-6%), lui-même suivi du patriarche chef du Palu, le parti lumumbiste unifié de tendance marxiste Antoine Gizenga (4-5%), de l’ancien ministre aux Mines Eugène Diomi Ndongala (4,5%), de l’ancien homme d’affaires Jean-Pierre Bemba Gombo (4%) et de la ministre aux Affaires humanitaires Catherine Nzuzi wa Bombo (3,5%). Jour après jour, l’économiste et ancien gouverneur de la Banque Centrale sous Mobutu, Pierre Pay-Pay wa Syakassighe, se présente comme le plus redoutable challenger du Président Candidat.
Contrairement au fils Mobutu qui n’a de véritable fief que sa région d’origine l’Équateur, lui accumule des voies partout dans le pays en élargissant sa base électorale. Il apparaît véritablement comme un leader national.
Outre cela, ce qui est intéressant est que dans le top-10 du « Soft-Les Points », les Mobutistes prennent une large part. Si on additionne les intentions de vote exprimées pour chacun d’eux, et dans l’hypothèse improbable où ils pourraient s’entendre sur un candidat, ils seraient en mesure de réaliser 36% dès le 1er jet.
Ce sont Pierre Pay-Pay wa Syakassighe, Joseph Mobutu Nzanga Ngbangawe, Eugène Diomi Ndongala, Jean-Pierre Bemba Gombo, Vincent de Paul Lunda Bululu, Jonas Mukamba Kadiata Nzemba, Florentin Mokonda Bonza, Gérard Kamanda wa Kamanda, Norbert Likulia Bolongo, Christophe Mboso N’kodia Pwanga. Les Mobutistes font reflux.
C’est signe que la population est loin de s’être détournée de ceux qui ont joué un rôle quelconque sous le régime déchu. Il faut noter que les figures les plus emblématiques du Mobutisme, le fils Mobutu et la présidente du MPR-fait privé, maintiennent jalousement leurs positions et totalisent à eux deux 11% de l’électorat.
ROI DE L’ÉQUATEUR.
Au contraire, tous les nouveaux venus de la scène sont balayés : l’ex-Udps, ex-RCD-Goma Roger Lumbala, ex-ministre au Commerce extérieur (1,7%), l’ex-ministre des Transports et Communications Joseph Olengha Nkoy Mukundji ; l’un des opposants anti-Mobutu et anti-Kabila les plus virulents (1,5%) ; Arthur Z’Ahidi Ngoma (1,5%), l’un des quatre Vice-présidents de la République qui flirta certes avec Mobutu avant de le renier tôt à sa disparition de la scène avec l’entrée de Kabila à Kinshasa et d’entrer en opposition avec celui-ci jusqu’à passer dans la rébellion du RCD-Goma dont il fut l’un des fondateurs.
Pour la troisième semaine consécutive, les sondés (1.000 R-dCongolais enregistrés sur les listes de la CÉI) étaient appelés à répondre à la même question rituelle par notre partenaire « les Points », à savoir : « si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui en R-dCongo, pour quel candidat voteriez-vous ? » Si l’élection présidentielle avait lieu du 26 au 27 mai, les électeurs renverraient contre le Président Candidat Joseph Kabila Kabange deux concurrents, Pierre Pay-Pay wa Syakassighe et Joseph Mobutu Nzanga Ngbangawe, ces deux ayant fait ex aequo (6,8%/6,8%) après une première semaine conduite par Nzanga (13-15 mai) avant que celui-ci ne cède sa place à Pay-Pay (19-20 mai). Le trio en tête de classement (le Président Candidat Kabila et les deux Candidats Pay-Pay et Mobutu Nzanga) connaissent une perte de sympathie dans l’opinion, la plus grande perte ayant été enregistrée par le Chef de l’État (23,8/26%). Soit 2,2% des points.
Les récents événements que vient de connaître le pays ne sont pas étrangers à cette perte. L’affaire des 32 présumés « mercenaires étrangers » divulguée avec force bruit par le ministre de l’Intérieur et Décentralisation Théophile Mbemba Fundu qui a fait flop dans l’opinion. Alors que le pays était en droit d’attendre un procès en règle comme dans une affaire similaire au Zimbabwe afin de sauver son image et celle du régime 1+4, il n’y a même pas eu début de procès mais remise précipitée en liberté des « prisonniers » suivie de leur expulsion. Ce qui a fait pâlir l’image du pays et de ses dirigeants, le président Kabila étant, pour l’opinion, en première ligne dès lors que le ministre est issu de sa composante et que Ruberwa, l’un des Vice-présidents en charge de la Sécurité, s’est désolidarisé spectaculairement du ministre PPRD faisant porter le chapeau de l’imbroglio sur la seule tête de Kabila.
L’affaire du pasteur populiste et démagogue Fernando Kutino a été une autre catastrophe de communication. La polémique entre le gouverneur de la ville Kimbembe Mazunga et le vice-président Jean-Pierre Bemba Gombo s’est soldée par un regain de confiance pour ce dernier dans un pays où le spirituel lève les foules. Si l’image de JPBG est toujours aussi controversée à l’étranger et dans les milieux de l’élite, sa descente à la prison de Makala a été jugée positivement par une frange de l’opinion surtout dans la Capitale Kinshasa où il gagne 2 points (5%/3%/3%) mais ne se traduit que d’un gain de 0,2% au classement général.
Le peu d’importance de ce crédit confiance traduit la situation déletère du chef du MLC qui n’arrive pas à décoller.
À l’Équateur, son fief, le fils Mobutu est toujours aussi roi même s’il perd trois points (55%/58%/41%) alors que JPBG continue d’y jouer le rôle de figurant même s’il gagne deux points (9%/7%/11%).
GAINS POUR GIZENGA.
En général, si le Président de la République se maintient en première position et toujours de très loin face à ses deux poursuivants, il réalise des pertes sinon des chutes dans tous ses fiefs traditionnels : au Katanga où il chute de 4 points (27%/31%/20%), en Province Orientale où il enregistre une impressionnante chute de 7 points (51%/58%/63%), de même qu’au Sud Kivu où il fait la même chute de 7 points (33%/40%/45%), au Nord Kivu où il perd 4 points (30%/34%/27%), même perte mais contenue de 2 points à Kinshasa (7%/9%/12%) mais gagne 1 point au Maniema (14%/13%/12%), la province maternelle.
Pay-Pay connaît une progression dans les Kivu, au Sud (14%/10%/7%), au Nord 21%/19%/8%) à Kinshasa (13%/12%/9%) mais perd 1 point à l’Équateur (2%/3%/6%) et 1 au Katanga (1%/2%/-). Alors que son contestataire Antipas Mbusa Nyamwisi enregistre un recul sensible dans les Kivu, son seul et unique fief, 4 points au Nord (8%/12%/7%) et 5 points au Sud (2%/7%/-).
Gizenga connaît un accroissement des intentions de vote de 0,6% non justifié par un quelconque facteur extérieur lié aux événements de ces récents jours.
Une fois encore, les jeux sont loin d’être joués et le meilleur tout comme le pire sont encore à venir. Tout dépendra des stratégies de conquête de l’opinion que fourbissent les états-majors de campagne et de la capacité et de la qualité d’exécution. | Le Soft International N°862 du 6 juin 2006.
Pour en savoir plus sur Nzanga Mobutu : nzanga.com>>>>
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