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Des émissaires, dépêchés par le secrétariat général de la présidence de la République, sont arrivés depuis quelques jours ici en Angleterre. Sur instructions personnelles du chef de l’ Etat, Paul Biya précise-t-on.
L’ objectif de cette "mission à caractère spécial", selon les responsables de l’ambassade du Cameroun à Londres, serait "de mener des discussions avec les autorités britanniques portant sur la préparation d’un nouveau gouvernement". Ce gouvernement, indique-t-on, devrait voir le jour avant le mois d’ octobre 2004. Il est donc question pour Londres de faire des propositions au chef de l’Etat et meme d’ approuver la première mouture du nouveau gouvernement dont le secrétaire général de la présidence de la République et ministre d’ Etat, Jean-Marie Atangana Mebara et René Owona, le secrétaire général adjoint, ont finalisé la copie.
Pour l’heure, le service de communication de l’ambassade du Cameroun à Londres se garde de toute révélation à ce sujet.
Neanmoins, on annonce, dans les rangs des opposants en exil, la prochaine visite de John Fru Ndi, le chairman du SDF. Une visite qui, évidemment, est très attendue par les nombreux militants de ce parti.
Sur place au Cameroun, apprend-on par ailleurs, des consultations sont en cours avec des leaders des partis politiques les plus représentatifs a l`assemblee nationale et au sein de l`opposition. Mais rien ne filtre de ces rencontres que dirige le premier ministre chef du gouvernement Peter Mafany Musonge et des personnalites de la societe civile instruite par le chef de l`Etat, affirme-t-on.
La situation socio-politique et économique actuelle du Cameroun, d’ après certains rapports des organisations internationales des droits de l’homme, regorge de paradoxes. Evoluant au sein d’un environnement et d’un monde matériellement propspère, une grande majorité de la population camerounaise, que l’on estime aujourd`hui à plus de 15 millions d’habitants, trime et arrive à peine à joindre les deux bouts. La génération de l’ électronique a tout pour être la plus instruite et la plus cultivée. Des intellectuels occupent aujourd’hui des postes de responsabilités dans le gouvernement Biya ; seulement, de plus en plus de gens dont des diplômés de l’enseignement supérieur, secondaire et primaire, doivent lutter pour trouver un emploi stable. Alors que les privilegiés semblent bénéficier aujourd’hui d’une liberté sans égale, ils sont des millions à vivre dans l’insecurité, l’ incertitude et la peur. De toutes parts, aussi bien du côté de l’ opposition que de celui du parti au pouvoir, le RDPC, on nous fait miroiter des moyens de réussir, mais la corruption et l’illégalité qui règne à tous les échelons de la société ainsi qu’au sein même de ces partis politiques en ont conduit plus d’un au désespoir.
L’ ampleur des problèmes auxquels doit ou devrait s’attaquer le nouveau gouvernement que cherche à mettre sur pied le chef de l’ Etat Paul Biya pour gagner la prochaine élection présidentielle, est telle qu’ aucun parti ou groupe de partis, à l`exclusion des autres, ne peut en venir à bout.
Nombre de collaborateurs et stratèges politiques de Paul Biya en sont donc arrivés à la conclusion que la paix et la sécurité nationales ne deviendront réalité que si l’ on compose avec les irréductibles et qu’aussi, si toute l’ opposition ne se range pas sous la bannière d’un gouvernement unique. Ce qui est différent d’un gouvernement de coalition.
De nombreux observateurs anglais, non partisants de la politique et libres dans leur pensée et opinion, sont fermement convaincus que "les Camerounais aspirent à vivre en paix et en sécurité dans leur pays". Et ils sont aujourd’hui nombreux à penser que l’ aspiration à la paix de la population camerounaise, toutes obédiances politiques confondues, ne pourra etre satisfaite que par la mise en place d’ un gouvernement d’union nationale. Il s’avère que, près de 40 années après, ce besoin vital reste encore à satisfaire.
Parmi les défis à relever pour les générations actuelles et futures pour le Cameroun, il y a lieu de mettre l’accent sur la construction des bases juridiques, administratives, et constitutionnelles d’un gouvernement national capable d’intervenir immédiatement, partout au Cameroun et dans le monde. Il s’agit " d’accepter que le Cameroun est désormais un seul pays et indivisible" comme l’ a affirmé Kofi Anan, lors de sa récente visite de travail à Yaoundé. Beaucoup fondent de grands espoirs sur la formation d’un nouveau gouvernement avant les élections présidentielles, qui puisse prendre en compte toutes les contradictions en vigueur. Et c’est le seul gage pour l’instauration de la paix et de la sécurité nationales.
Certes, des consultations sont très avancées, apprend-on. Mais rien n’a encore filtré de ces rencontres secrètes. Toujours est-il que certains leaders politiques de l’opposition sont aujourd’hui prêts à intégrer la nouvelle équipe. Et il reste toujours cette équation à deux inconnues du SDF : être présent au sein des institutions républicaines mais ne pas participer au même gouvernement que monsieur Paul Biya.
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