|
Interview
AFRIQU’ECHOS MAGAZINE : Comment vous sentez-vous après cette historique victoire ?
Françosie Mbango Etonè : Je suis très contente d’avoir enfin réalisé mon rêve . J’ai encore donné le meilleur de moi-même. Cette médaille n’est pas celle de Françoise Mbango seule, mais, celle que toute la délégation des sports individuels enverra au Cameroun.
A.E.M : Où êtes-vous allée puiser cette force qui fait de vous aujourd’hui la seule femme à réaliser tous ses essais au-dessus de 15 m ?
FME : D’abord chez tous les athlètes qui sont autour de moi car, les Jeux Olympiques n’ont pas été faciles pour nous . Mais, « Impossible n’est pas camerounais ». C’est aussi dans l’amour pour le sport que je pratique, pour le Cameroun et pour l’Afrique que je suis allée puiser cette force. Si c’était pour de l’argent, je n’aurai pas compéti. J’aurais même cesser de porter les couleurs du Cameroun.
A.E.M : Etes-vous prête à changer de nationalité ?
FME : Je me demande si on n’est pas en train de me chasser ? C’est dommage. Il y a des gens sensibles ; conscients qu’il y a une athlète à côté d’eux qui peut faire quelque chose de bien pour leur pays. Alors, tout le monde a envie de m’aider . Peut-être des gens qui viennent vers moi le font dans le souci de réaliser mon rêve ? Si c’est le cas, pourquoi refuser ? Sont-ce les miens ou les autres ? Ce serait bien que ce soient les miens ?
A.E.M : Comment vous êtes-vous préparée ?
FME : Je m’entraîne seule depuis Avril 2003, faute d’entraîneur. J’avais un entraîneur français,Hervé Stinart, qui a décidé d’arrêter de travailler avec moi parce que je n’ai pas la nationalité française. J’ai fait avec ce qui s’imposait à moi. Le plus important peut-être est que je suis allée demander au peuple camerounais sa bénédiction au stade Omnisports Ahmadou Ahidjo de Yaoundé lors du Yelaim, pour une bonne participation aux Jeux Olympiques après avoir beaucoup demandé, en vain, pour pouvoir m’entraîner dans de bonnes conditions.
La nouvelle championne Françoise Mbango Etonè) (Photo AFP)
A.E.M : Vous êtes-vous adressée aux pouvoirs publics ?
FME : Je me demande si je devais encore lancer des appels ? Imaginer qu’on renvoie le grand journal télévisé de la soirée à plus tard pour diffuser en direct le saut de Françoise Mbango ! Cela veut bien dire qu’elle occupe une place importante et qu’elle représente valablement le Cameroun ? Je pense que je devrais être entourée des personnes qui se soucient des espoir que je peux donner au Cameroun lors des Jeux Olympiques. Autant les gens sont fatigués d’entendre mes plaintes, autant je me résigne à demander la bénédiction des Camerounais, des Africains et de tous ceux qui croient en moi.
A.E.M : Très introduite auprès de la première Dame, pourquoi ne lui avez-vous pas lancé un appel de cœur pour éviter des désagréments qui auraient pu expliquer votre échec au cas où ?
FME : En toute chose, c’est une question d’organisation. Chacun a un rôle à jouer. Ma situation relève d’un ministère précis qui est celui de la Jeunesse et des Sports. Si, à ce niveau, rien n’est fait , ce n’est pas pour autant que j’irai plus haut parce que j’en ai la possibilité. Même si je ne demande pas, tout le monde sait que cette valeur à qui on a donné des honneurs, peut nous apporter plus qu’elle n’en a fait aujourd’hui. Que chacun mette la main à la pâte.
Article lié : Des larmes en or pour Françoise Mbango
|