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AFRIQU’ÉCHOS MAGAZINE (AEM) : Vous remettez un don de 30 tôles et une ambulance au profit de la population du District de Mayama où vous êtes candidat à l’élection législative. Que représente ce geste et pourquoi avoir choisi cette période ?
FREDERICK NTUMI BINTSAMOU (FNB) : Le geste avait été prévu il y a longtemps. Comme c’est une coïncidence, on ne peut ramener dans le temps ce qu’on peut faire en arrière. C’est pour cela que nous avons profité de cette occasion pour faire ce geste. L’ambulance, pourquoi ? C’est la réponse à la doléance de la population de Mayama. Quand je suis arrivé dans ce district, ils m’ont présenté leurs difficultés liées aux cas de décès à répétition par faute des moyens roulants pour évacuer les malades à Brazzaville parce que le District ne dispose pas d’installations sanitaires appropriées pouvant répondre au besoin des malades. Donc, c’était une nécessité et c’est pourquoi nous en avons fait une priorité dans notre campagne. Aujourd’hui, le district de Mayama, deuxième district du Congo et premier du Pool, a 112 ans. Cependant, il est resté dans un état de délabrement très avancé. Récemment, quand j’ai lancé la campagne agricole dans les collines, en regardant Mayama, je n’ai pas compté 10 maisons avec des toitures en tôle sinon en paille. Cela m’a affecté et je me suis dit, il faudrait que je fasse un geste en donnant une maison à chaque parcelle de Mayama. Et aujourd’hui, c’est fait avec le lancement des travaux de construction des 100 logements sociaux (30 tôles par famille). Et je vais ensuite donner les planches et les briques.
AEM : Dans quel état d’esprit abordez-vous cette élection législative ?
FNB : La campagne électorale, pour moi, ce n’est pas une première. J’ai été d’abord à Mindouli, lors des partielles avec Madame Adélaïde Moungany. Cette première expérience que j’avais tentée mais lors de laquelle j’avais décrié ce qui s’était passé par rapport aux multiples irrégularités. Face à cette réalité et par rapport aux multiples actions que j’ai déjà posées, les populations du District de Mayama m’ont demandé de me présenter afin de parachever l’œuvre que j’ai commencée. Quoique nous soyons nombreux dans cette course dans laquelle il y aura un vainqueur et un vaincu, j’y suis engagé et je reste confiant.
AEM : Est-ce qu’à l’étape actuelle, le processus vous rassure ?
FNB : Toutes les parties doivent contribuer pour que le processus se consolide. La paix ce n’est pas quelque chose qu’on va acheter avec de l’argent mais, il faut convaincre. Comme l’avait dit Albert Einstein : on n’impose pas la paix par la force, seule la compréhension permet de la faire. C’est à partir des actes et des actions qu’on va poser qu’on va rassurer les gens et non pas toujours par les discours.
AEM : Comment vous lancez-vous dans une bataille électorale dans un département (le Pool) qui n’a jamais connu un recensement ?
FNB : Nous le savons bien, mais tant qu’on ne va pas intégrer les institutions de prises de décisions, même si on doit réunir les gens au niveau de la base, faire du bruit, ça ne changera rien. C’est pourquoi, nous avons pensé qu’au lieu de passer au boycott à tout moment, qu’il fallait s’impliquer et redoubler de vigilance. Et si seulement on peut accéder effectivement et participer dans les institutions démocratiques, ce sera le moment de passer au vrai dialogue et non au niveau de la base.
AEM : Vous avez donné des tôles, mais qu’en est-il des autres accessoires ?
FNB : Au village, la première nécessité pour construire une maison, c’est d’avoir d’abord les tôles. Parce qu’avec les matériaux locaux comme la paille, le bois et les briques en argile, on peut construire une maison. Mais, si vous n’avez pas prévu les tôles, et que la pluie vous surprend, ce sera un travail nul. C’est pourquoi nous avons pensé, en tenant compte de la saison sèche, rassembler certaines personnes d’ici peu devant s’engager à fabriquer des briques en terre cuite et pour les planches, on verra après.
AEM : D’aucuns pensent que les heureux bénéficiaires seraient les ex-combattants ?
FNB : Je sais que j’avais négocié un premier lot des tôles à la Banque Mondiale, qui était la principale donatrice, lors du lancement du programme PNDDR. J’avais demandé que la prime de démobilisation de 15.000 qui devait être allouée soit transformée en kit en de tôles (20). C’est pourquoi, la Banque Mondiale nous avait donné 100.000 tôles qui sont, au moment où je vous parle, aux mains du Préfet du Pool, et qui vont être distribuées aux intéressés dans quelques semaines. Pendant ce temps, pour ne pas cumuler, j’ai pensé à commencer avec mes propres frais, par faire un don des tôles à la population civile de Mayama et des villages environnants. Et pour les ex-combattants, je verrai, lorsqu’ils recevront les leurs, si je pourrais leur ajouter 10 pour que ça fasse 30 tôles comme pour les autres.
Propos recueillis par Christian Wilfrid Diankabakana(AEM) Ã Mayama, Congo
Une ambulance pour le Centre de santé intégré de Mayama, don du Pasteur Ntumi|Photo : ©AEM
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Frederick Ntumi Bitsamou remettant les clés de l’ambulance en présence de la population de Mayama|Photo : ©AEM
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Le Pasteur Ntumi lors de la remise d’un don de 30 tôles aux populations de Mayama||Photo : ©AEM
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Un premier lot de 30 tôles pour les populations de Mayama|Photo : ©AEM
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