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C’est en avril dernier qu’a atterri dans les bacs Cumbancha Radio Salone, le troisième album des Sierra Leone’s Refugee All Stars depuis leur création en 1997. « Salone », qui signifie « Sierra Leone » en langue krio, évoque leur pays et ses traditions. Le groupe a voulu ainsi rendre hommage à la radio, connecteur par excellence au monde à une époque où il s’agissait du seul lien avec le monde dans le camp de réfugiés. Sans délaisser totalement le reggae roots revendicateur des débuts, la formation puise davantage dans les rythmes africains avec cet opus, comme l’explique Ruben M. Koroma : « Nous souhaitions véritablement extraire une part de notre culture cette fois-ci, faire connaître au monde entier nos traditions sierra-léonaises. Il existe une musique au pays que l’on joue lors d’événements festifs, le boubou. Cette musique a le pouvoir de réunir et de faire vibrer de grandes foules. Elle marque les moments festifs de la vie et nous voulions la faire découvrir à notre public. » Autre influence musicale de Radio Salone, la gumbe musique : « Quand nous jouons cette musique très populaire au pays, c’est pour célébrer les mariages, ou des fêtes populaires. Une invitation à danser également, à vibrer en un seul esprit. Il ne suffit pas que les gens connaissent la Sierra Leone qu’à travers la guerre qui l’a ravagée. Il existe aussi un pays de traditions, une façon positive de le concevoir. »
Du camp de réfugiés à l’ascension médiatique
Si la formation jouit maintenant d’un intérêt certain de la part des médias, il n’en a pas toujours été ainsi. Les années passées en Guinée, dans un camp de réfugiés, passage obligé pour fuir le pays et la guerre civile de 1991 à 2002, ne laissaient pas entrevoir le succès international du groupe. Avec trois albums dont la sortie de Radio Salone qui trouve déjà un écho favorable auprès des médias, Ruben Koroma affiche une satisfaction indéniable. « Je ressens une fierté à ce stade car nous contribuons à changer la vie des gens. La musique n’est pas destinée aux pauvres ou aux riches ; elle permet aux gens de se sentir égaux. Le monde est plein de problèmes : la dépression, la frustration sont partout. Mais avec la musique, les gens se sentent mieux. C’est en quelque sorte une thérapie ! ». Avec la popularité vient aussi la rencontre avec d’autres artistes. Le chanteur ne cache pas son admiration pour le groupe guinéen Bembeya Jazz, créé en 1961 par le guitariste Sékou Bembeya Diabaté et le chanteur Sékouba Bambino : « Sékou Diabaté joue de la guitare de façon magistrale et je l’ai récemment rencontré dans un festival en Sierra Leone. Il a aujourd’hui son propre groupe et ce serait un honneur de contribuer à un projet musical à ses côtés. »
La tournée nord-américaine du groupe bat son plein aux États-Unis
jusqu’en septembre. Un rêve les interpelle, au-delà de la scène : ouvrir une station radio pour éduquer les gens à la musique de leur pays. Un projet réalisable, si une aide leur est accordée pour obtenir l’équipement qui est particulièrement onéreux. « Ce rêve nous anime et nous avons confiance que les gens y répondent et nous aident... », a conclu Ruben Koroma.|Hélène Boucher (AEM), Montréal, Canada
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