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Chômage des jeunes en Afrique : une menace plus grave que le terrorisme
Une bombe "H" que les politiques se doivent de désamorcer par tous les moyens
mercredi 16 août 2006 Charles Atangana(AEM) UK
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Abandonnés à leur triste sort, ces enfants de rue de Kinshasa (Photo:Monuc), vont finir- si rien n’est fait- par gonfler le nombre de chômeurs

Le chômage des jeunes en Afrique s’apparente aujourd’hui à une menace plus forte que celle des terroristes. Les politiques s’inquiètent, et il y a de quoi, des dérapages et autres ravages causés au sein des familles et de la population...

Le fléau touche aujourd’hui une population très jeune en Afrique d’après le dernier rapport du Bureau International du Travail (BIT). Et c’est la tranche des 15-25 ans qui est la plus concernée. Une tranche dans laquelle on retrouve des diplômés de l’enseignement supérieur et du secondaire.


Selon le BIT, si en Europe un chômeur sur 2 est un jeune, en Afrique subsaharienne - où le fléau concerne en moyenne 6 % des adultes -, ce sont 21 % des 15-24 ans qui sont touchés. La situation est plus préoccupante encore au Maghreb et au Moyen-Orient où 25,6 % de jeunes sont sans emploi.

Cette situation, note le BIT, traduit un sentiment d’exclusion et d’inutilité chez les jeunes pour qui « les autorités ne sont guère préoccupées par leur sort, mais plutôt par leur poche ». Ces jeunes qui sortent des écoles, bardés de diplômes et sans perspectives, sont, de surcroît, contrains de rester auprès de leurs parents qui, malgré leur maigre revenu, doivent les prendre en charge. Au grand mépris du gouvernement qui fait la sourde oreille, se plaignent-ils.

Le BIT estime qu’il est difficile à l’heure actuelle de quantifier avec exactitude le taux du chômage des jeunes en Afrique. Les chiffres et les statistiques étant en effet considérés comme un indice de propagande électorale que l’on brandit toujours à la veille des grandes échéances.

Difficile encore de comprendre le cas d’un pays comme le Cameroun qui dispose de l’expertise en la matière, mais qui, malheureusement, ne dispose pas de statistiques sur le taux exact du chômage des jeunes. Des structures gouvernementales ont certes été mises en place. Mais celles-ci sont loin de satisfaire les institutions internationales qui veulent aider le pays à trouver des solutions au problème.

Les incessantes ruées des jeunes Africains, sur les côtes du Maroc pour gagner l’Europe par tous les moyens et au péril de leur vie, sont un signe et une résultante de la réalité en Afrique. Les rares « chanceux », ceux, d’entre eux, qui ont pu arriver sur la rive espagnole, vivent dans l’incertitude. Un climat entretenu par la volonté des gouvernements et des partenaires européens.

Au Cameroun, c’est un budget de plus de 150 milliards que le gouvernement alloue à l’éducation. Et pourtant, on n’arrive toujours pas à caser tout ce beau monde qui sort des écoles de formation et autres. Si la Côte d’Ivoire, avec l`engagement des jeunes en politique, n’est pas un exemple d’intégration, alors - pense un professeur d’histoire en Angleterre qui a requis l’anonymat, « il est fort probable que le chômage des jeunes en Afrique devienne, dans les années à venir, une menace pire que le terrorisme. Parce que, explique-t-il, dans une situation d’incertitude, d’inutilité et d`exclusion, ces jeunes sont enclins à des actes de destruction massive des biens de l’ Etat ».

D’autres part, dans les pays arabes, on craint que ces jeunes ne se fassent enrôler et recruter par des extrémistes pour en faire des armées de tueurs en leur promettant un mieux être ailleurs que dans leur pays .

Face à cette situation que l’on peut qualifier de désastreuse pour certains pays en Afrique, il est temps que les gouvernements se penchent réellement sur le problème pour essayer de trouver des voies et moyens permettant de juguler cette menace imminente d`implosion de la bombe "H"| Charles Atangana /Afriqu’echos Magazine (AEM) London -UK 

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