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Gabon : Omar Bongo, président à vie ?
Sources : AP/Nouvelobs | Photo : Gabonews.
mercredi 30 novembre 2005

Après 38 années de règne et sa réélection de dimanche pour un nouveau mandat de 7 ans, Omar Bongo n’est, en tout cas, pas prêt de passer la main. L’ évocation de sa succession reste d’ailleurs taboue au Gabon, où nombre d’observateurs et d’habitants se sont faits à l’idée qu’Omar Bongo resterait "président à vie", note notre à ce propos confrère Le Nouvel Observateur..

Le président sortant du Gabon, Omar Bongo Ondimba a remporté l’élection présidentielle avec 79,21% des suffrages, selon les résultats officiels annoncés mardi soir par le ministre de l’Intérieur Clotaire-Christian Ivala à la télévison nationale.


L’opposant radical, Pierre Mamboundou, arrive en deuxième position avec 13,57% des voix. Il est suivi par Zacharie Myboto avec 6,58%, Augustin Moussavou King avec 0,33% et Serge Christian Maroga avec 0,30%. Sur 554,957 inscrits sur les listes électorales, la Commission nationale électorale (CNE) a enregistré 351,263 votants, 4,897 bulletins nuls.

En 1988, Omar Bongo Ondimba avait remporté la présidentielle avec 66,88% de suffrages, talonné par Pierre Mamboundou, le leader de l’Union du peuple gabonais (UPG) qui avait obtenu 16%.

Omar Bongo Ondimba, âgé de 69 ans, est au pouvoir depuis 1967.

Dans le monde, un seul chef d’Etat le devance par sa longévité au pouvoir : il s’agit de Fidel Castro, lequel n’est pas près d’être détrôné de ce "palmarès" avec ses presque 46 années passées à la tête de Cuba. En revanche, Bongo est bien parti pour battre le record africain, établi par feu Gnassingbé Eyadéma, qui a régné sur le Togo pendant 38 ans jusqu’à sa mort en février dernier. |AP


"PAPA OBO"

En effet, lors de ce scrutin à un tour, Omar Bongo Odimba, surnommé par ses partisans "papa OBO", avait toutes les chances de rempiler pour un nouveau septennat en raison de la désunion de ses opposants, mais aussi de sa richesse personnelle et de plusieurs décennies de clientélisme, des atouts qui lui confèrent un avantage décisif.

Le mois prochain, "OBO" fêtera à la fois ses 70 ans et le 38e anniversaire de son arrivée au pouvoir, le 2 décembre 1967, à la mort du père de l’indépendance, Léon M’Ba, dans ce pays d’Afrique équatoriale, ancienne colonie française. Silhouette familière avec ses traditionnelles grosses lunettes de soleil, le président Bongo règne sans partage, depuis lors, sur ce pays riche en pétrole, mais aussi en bois -provenant des luxuriantes forêts équatoriales- et en diamants avec la découverte récente de nouveaux gisements. Réélu pendant des années comme candidat du parti unique, le président Bongo a été obligé de lâcher du lest dans les années 90 et d’autoriser des partis d’opposition, qui ne lui ont toutefois jamais fait de l’ombre.

L’OPPOSITION DIVISEE

Une fois encore, le scénario vient dont de se reproduire puisque l’opposition est partie divisée pour cette élection. Quatre candidats étaient en lice face à Omar Bongo. Le plus sérieux d’entre eux Pierre Mamboundou, ancien employé des postes, qui avait terminé deuxième, mais loin derrière le président sortant, lors du précédent scrutin de 1998, qui selon l’opposition a été entaché de fraudes. Les autres candidats étaient Zacharie Myboto, Augustin Moussavou King et Christian-Serge Maroga, un fonctionnaire peu connu.

Dans un continent enlisé dans les conflits, beaucoup de Gabonais reconnaissent à "papa OBO" le mérite d’avoir su préserver la paix civile et la stabilité du pays. Omar Bongo en a d’ailleurs fait l’un de ses principaux arguments de campagne en répétant à l’envi qu’il était le seul candidat capable de garantir ces précieux acquis. Marie-Colombe Godjou, journaliste et célèbre chanteuse locale, résume les choses à sa manière : "Mieux vaut vivre en paix avec du pain sec que de vivre dans l’abondance sans la paix".

Omar Bongo n’est visiblement pas prêt de passer la main. En 2003, le Parlement a adopté un amendement à la Constitution gabonaise stipulant que le nombre de mandats présidentiels était désormais sans limite... (AP)

L’élection présidentielle du Gabon a eu lieu les 25 et 27 novembre 2005.

BONGO BIO-EXPRESS

Omar Bongo Ondimba, bientôt 70 ans, réélu pour sept ans avec 79,21% des voix lors de la présidentielle de dimanche au Gabon, fut le plus jeune chef d’Etat d’Afrique à son arrivée au pouvoir en 1967, avant d’en devenir le doyen, après trente-huit ans de pouvoir.

Au sein d’une Afrique centrale agitée, M. Bongo, né le 30 décembre 1935 dans une famille de paysans du pays Batéké, dans le sud-est du pays, se veut l’incarnation de la stabilité et le garant de la paix au Gabon.

Rien ne prédestinait pourtant Albert-Bernard Bongo - qui deviendra el-Hadj Omar Bongo après sa conversion à l’islam en 1973, puis ajoutera Ondimba, le nom de son père, à son patronyme en 2003 - à cette fulgurante carrière politique.

Après des études secondaires à Brazzaville, alors capitale de l’Afrique équatoriale française (AEF), il entre dans la fonction publique. A son retour du service national, il est remarqué par le premier président du Gabon, Léon Mba, qui en fait à 27 ans son directeur de cabinet.

LE POUCOIUR LUI TOMBE ENTRE LES MAINS

Il entre au gouvernement en 1965, accède à la vice-présidence en 1967 avant que le décès de Léon Mba, malade, ne le propulse à la présidence le 28 novembre de la même année. Il a alors 32 ans et va s’employer à asseoir son pouvoir.

Dès 1968, il instaure le régime du parti unique et crée le Parti démocratique gabonais (PDG). Seul candidat, il est élu président en 1973, 1979 et 1986 avec des scores proches de 99%.

Issu d’une ethnie très minoritaire, il dirige le pays sans tolérer aucune opposition, mais prend soin d’associer au pouvoir toutes les communautés, répartissant les responsabilités gouvernementales ou administratives selon des équilibres ethniques et régionaux subtilement dosés.

LES RESEAUX DE LA "FRANCAFRIQUE"

Omar Bongo devient l’un des relais privilégiés des réseaux "françafricains" dont il reste aujourd’hui l’ultime "dinosaure" encore au pouvoir en Afrique.

Dans les années 70 et 80, l’or noir coule à flots, lui permettant de transformer son petit pays en "émirat pétrolier". Le pays se modernise spectaculairement, Libreville se hérisse de hauts immeubles et devient un carrefour diplomatique.

De petite taille, le visage barré d’une moustache et le regard perçant souvent dissimulé derrière des lunettes noires, Omar Bongo est un homme de clan qui a placé des parents et des proches aux postes-clés. Il est décrit comme autoritaire et omnipotent par ses détracteurs, qui lui reconnaissent toutefois des qualités de redoutable tacticien.

Il en fera notamment la preuve au début des années 90 quand, sur fond de crise sociale et de contestation politique, la rue menace par deux fois d’emporter son pouvoir.

En 1990, face à la fronde populaire qui agite le Gabon à l’instar d’autres pays africains, il instaure le multipartisme à l’issue d’une Conférence nationale, ce qui n’empêche pas le PDG de conserver la même année la majorité absolue au Parlement.

MULTIPARTISME DE FACADE

Sa victoire contestée au premier tour de la première présidentielle pluraliste de 1993 avec 51,07% des voix déclenche de nouvelles violences. En signant les accords de Paris quelques mois plus tard, il fait entrer pour la première fois l’opposition dans le gouvernement, tout en s’ingéniant à l’affaiblir et la diviser.

Omar Bongo remporte encore l’élection en 1998, pour un septennat, avec 66,88% des voix au premier tour, sur fond de nouvelles accusations de fraudes de l’opposition, qui cette fois est incapable de mobiliser. Sa réélection annoncée mardi a attiré par avance les mêmes accusations de l’opposition.

En distribuant avantages et privilèges, Omar Bongo a réussi à rallier dans son camp jusqu’à ses plus anciens et virulents contempteurs.|NOUVELOBS.

ARTICLE LIE : Gabon : L’opposition crie à la ftaude et dénonce l’indifférence de la communauté internationale


 
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