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A partir de 17 h ce dimanche, GABONEWS a réalisé un tour des Etats-majors pour s’enquérir de l’état d’esprits des uns et des autres à quelques heures du verdict.
Dans la cité d’Awendjé (au centre de Libreville), le siège de l’Union du peuple gabonais (UPG) du candidat Mamboundou, est pris d’assaut par de nombreux militant qui attendent « la victoire de Pierre ». De nombreuses femmes au bord des larmes cherchent d’éventuels ‘‘avocats’’ pour discuter avec les présidents des bureaux de vote qui les ont empêché de voter parce qu’elles ne pouvaient présenter de pièces d’identités valides.
Mais, celles-ci ne trouvent pas gain de cause. « Madame, nous attendons les résultats, maintenant il est difficile de trouver une solution à ce problème. Nous nous occupons d’autres choses », lance un jeune homme apparemment chargé de la sécurité.
Une autre femme qui n’a pas encore voté, insiste pour qu’on vienne en aide à son amie. « Allez d’abord voter au lieu d’attendre la fermeture pour faire encore du bruit. Le problème de votre amie est compliqué. Beaucoup de gens n’ont pas pu voté à cause de cette situation », explique, suppliant, le même jeune homme. Un de ses collègues n’hésite pas à commenter : « Madame, lorsqu’on veut donner un carton rouge, on attends pas la 80ème ou la 85ème, l’équipe à sanctionner peut jouer sur la défensive jusqu’à la 90ème minute et remporter sa victoire. Allez donc votez ».
Une vue de la ’’Voie Express’’ Ã Owendo (Photos GN-an)
A quelques encablures, David Mbandiga, le secrétaire général exécutif de l’UPG, qui s’apprêtait à partir, traîne un peu le pas. Un militant lui souffle une information à l’oreille. En fait le ministre de la Défense, Ali Ben Bongo, était à l’instant même en train de s’entretenir avec les militaires chargés de sécuriser le bureau de vote juste à côté du siège de l’UPG (à 60 mètres environ).
Quelques militants gagnés par la panique, ont reculé de plusieurs mètres pour s’éloigner du portail du siège. « C’est Ali Ben, qui est là avec ses Chinois », chuchotaient-ils.
Pendant ce temps d’autres membres de l’UPG plus courageux, massés dans un minibus, chantaient et scandaient des slogans évoquant le nom de leur idole et le « carton rouge » à infliger au pouvoir. Leurs chants ont pu ramener vers le siège tous les « apeurés » qui s’étaient éloignés momentanément.
Alerté depuis son bureau où ils s’occupaient de « choses très importantes », Pierre Mamboundou l’air un peu grave est sorti dans la cour, reconnaissant à peine le journaliste qui ‘‘pointait’’ devant lui. « C’est GABONEWS ? », lança t-il.
« Voyez-vous, monsieur le journaliste. On dit que nous sommes des casseurs, vous en avez vu un seul ici ? », a-t-il demandé au journaliste qui souhaitait plutôt faire des photos.
Pierre Mamboundou a profité d’expliquer qu’il n’a pu voté à Ndéndé que par procuration, le déplacement Libreville-Ndéndé s’étant avéré trop risqué pour lui, à quelques heures du scrutin.
En le voyant ‘‘trôner’’ à la porte du siège, tous les militants se sont rassurés. A cet instant ‘‘Pierre’’ (comme l’appelle amicalement certains sympathisants) s’est mis à glisser quelques consignes rapides à son directeur de campagne Philipppe Tonangoye.
A l’hôtel Atlantique, au 1er étage, la porte 101 s’ouvre devant nous au mauvais moment. L’état-major du candidat Bongo Ondimba se mobilise pour participer à la grande soirée électorale organisée par le Conseil national de la communication (CNC).
Le permanent affirme que « je n’ai pas reçu mandat de parler au nom de l’état-major, mais comme vous voyez nous sommes serein ».
« Le ministre Ndemezo’Obiang vient tout juste de rentrer de Bitam (Nord) où il a voté, il ne peut pas vous recevoir car il doit en plus se préparer pour aller à la soirée électorale. Ses collaborateurs immédiats sont déjà partis », a expliqué ce membre de l’état-major du candidat Bongo.
Au siège de l’UPG-Union du peuple gabonais de Pierre Mamboundou.
Dans la luxueuse salle, interdite de photographie par le permanent qui voulait requérir une autorisation de sa hiérarchie, on pouvait remarquer une ‘‘batterie’’ d’ordinateurs à écrans plats (environ une dizaine). C’est là que les stratégies de communication du candidat de la majorité ont été élaborées, indiquent certaines sources.
Au rez-de-chaussée quelques militants de la majorité commentaient les résultats des bureaux de vote du Lycée Technique où Pierre Mamboundou et Bongo étaient presque au coude à coude. « C’est un peu fort, man, il serre le vieux », a lancé l’un d’eux à ses amis qui ont répondu : « attendons le résultat final ».
Presque 19 heures, le centre ville est silencieux comme toute les nuits de dimanche, mais une animation particulière est perceptible devant l’immeuble des Arcades. C’est au deuxième étage de ce building que siège l’Union gabonaise pour la démocratie et le développement (UGDD).
De nombreux jeunes hommes, âgés d’une trentaine d’années, sont attroupés en trois groupes commentant la journée électorale’’. A côté d’eux, deux jeunes gendarmes assurant la sécurité de l’ambassade de l’Afrique du Sud sont assis. Mais leur mine révèle une sorte de crainte de voir la tension monter chez les ‘‘Ugégédistes’’.
Arrivé, au deuxième, dans le hall principal, plusieurs personnes assises et d’autres debout, écoutent ‘‘religieusement’’ Chantal Myboto, la fille et conseillère principale du candidat Zacharie Myboto.
« Non, non s’il vous plait, pas maintenant ! Nous appellerons le moment venus », a-t-elle crié avec instance dès qu’elle a reconnu le journaliste de GABONEWS.
A la question de savoir quel était l’état d’esprit des ‘‘lieutenants’’ de M. Myboto, qui semblaient plutôt détendus, Chantal Myboto a répondu presque timorée : « Nous restons confiants et attendons tout simplement, mais on en reparlera. Vous pouvez partir maintenant ».
« Raccompagnez-le », lança t-elle a un des militants qui a hésité à faire le mouvement pour ne pas rater des bribes d’une « belle histoire » que devait certainement raconter la fille du président de l’UGDD.
GABONEWS n’a pas été autorisé à photographier l’état-major de l’UGDD.
Les candidats Maroga et Moussavou King qui ont mené « une campagne quasi anonyme ou à la taille de leurs candidature » comme ironisent certains Librevillois, n’ont pas pu être joints, le siège de leurs états-majors n’ayant pas été communiqués à la presse.|GN/AN/PS/05
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