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Bouteflika rentre en Algérie après une hospitalisation controversée à Paris
J.A./AFP
mercredi 26 avril 2006

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika (Photo : J.A) a regagné mardi Alger après une hospitalisation à Paris qui a ravivé la polémique entre l’Algérie et la France sur la colonisation, un conflit qui bloque toujours la conclusion du traité d’amitié prévu entre les deux pays.

M. Bouteflika a regagné son pays dans la matinée après "des examens post-opératoires" à l’hôpital du Val de Grâce à Paris, dont les résultats ont été "très satisfaisants" a annoncé l’agence de presse algérienne APS.

Ce contrôle médical "prévu de longue date" faisait suite à l’hospitalisation de M. Bouteflika fin 2005, déjà au Val de Grâce, officiellement pour un "ulcère hémorragique au niveau de l’estomac".


Le président algérien, qui avait quitté vendredi l’hôpital du Val de Grâce où il avait été admis deux jours plus tôt, a remercié son homologue français Jacques Chirac pour pour "la qualité de l’accueil dont il a bénéficié" à l’hôpital et les "égards particuliers" dont il a fait l’objet.

"Je voudrais (...) vous dire combien j’ai été sensible aux témoignages que j’ai reçus de la part de tous ceux qui, en France, sont restés fidèles à la vieille tradition d’hospitalité du peuple français", écrit M. Bouteflika dans un message à M. Chirac diffusé par APS.

Une allusion apparente à la polémique qu’a suscitée ce nouveau séjour du président algérien, en pleine période de tension entre la France et l’Algérie.

Quelques jours seulement avant son hospitalisation, M. Bouteflika avait en effet dénoncé un "génocide de l’identité, l’histoire, la langue et les traditions" algériennes par la France durant la colonisation (1830 à 1962).

L’annonce de son hospitalisation à Paris deux jours après avoir tenu ces propos avait déclenché de vives réactions en France.

Réagissant à cette polémique, le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy avait appelé dimanche M. Bouteflika à ne pas "galvauder" le terme "génocide".

"Concernant le génocide, un mot qui a été employé récemment, des philosophes et des intellectuels nous ont appris, en particulier (l’écrivain italien) Primo Levi, qu’il ne faut jamais galvauder ce type de terme", avait déclaré le ministre français.

"Ce n’est pas à M. Douste-Blazy de donner des leçons d’Histoire" à l’Algérie, avait rétorqué le lendemain le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique au pouvoir), Abdelaziz Belkhadem, considéré comme un proche de M. Bouteflika.

M. Belkhadem, également ministre d’Etat et représentant personnel de M. Bouteflika, a ajouté que "certains nostalgiques de l’Algérie française sont en train de faire l’apologie d’un passé colonial qui ne peut qu’être condamné par tout le monde".

Une réaction aux propos de responsables politiques, notamment le leader d’extrême-droite Jean-Marie Le Pen, qui avait jugé "scandaleux" que M. Bouteflika vienne se faire soigner en France après ses déclarations.

Le président de l’Assemblée nationale française Jean-Louis Debré avait qualifié pour sa part d’"inutile agression" les propos du président algérien.

Cette nouvelle turbulence dans les relations entre Alger et Paris éloigne un peu plus la perspective d’une signature, initialement prévue en 2005, d’un traité d’amitié entre les deux pays.

L’adoption par le parlement français de la loi du 23 février 2005, dont un article par la suite abrogé mentionnait le "rôle positif" de la colonisation, avait déclenché la polémique entre Alger et Paris et entraîné le report sine die de la signature de ce traité.

Une visite de M. Douste-Blazy à Alger les 9 et 10 avril derniers n’a pas permis de relancer ce dossier et M. Belkhadem avait imputé lundi à la France la responsabilité de cet état de fait, affirmant que "le jour où les Français seront prêts (le traité d’amitié) sera signé".


 
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