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Gabon-FMI : signature d’un accord de confirmation
mercredi 2 juin 2004 Achille S. Ngoma(AEM) Libreville-Gabon
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Le ministe d’Etat, ministre de l’économie Paul Toungui et le ministre délégué chargé de la privatisation Jean Eyeghe Ndong devant les journalistes. (Photo Afriqu’Echos)

Le Fonds monétaire international ( FMI) a octroyé près de 102 millions de dollars au titre d’accord de confirmation , au gouvernement gabonais, afin de soutenir son programme économique, sur une période de 14 mois, gage de la signature d’un accord final de 3 ans. Un premier décaissement de 20 millions de dollars est déjà disponible dans les comptes du Gabon à la banque des Etats d’Afrique centrale ( BEAC ) à Yaoundé au Cameroun.


Cette manne financière, a précisé le ministre d’Etat, ministre gabonais de l’économie, des finances, du budget et de la privatisation, Paul Toungui, « ne servira nullement à la construction d’écoles, d’hôpitaux ou de routes, mais au règlement des problèmes de la balance de paiement afin de combler les GAP de financement ».

Un an et deux mois pour convaincre

Dans les 14 mois à venir, le Gabon devra, dans la perspective d’une politique économique rigoureuse, convaincre les bailleurs en démontrant, notamment d’une accélération des réformes structurelles sur fond de privatisations, d’une croissance réelle du secteur non pétrolier de 3% à la fin 2004 et de 3,5% en 2005 , d’une maîtrise de l’inflation à une moyenne annuelle de 2%. Le gouvernement gabonais devra aussi renforcer la transparence et la bonne gouvernance, la diversification de l’économie en assurant l’essor du secteur privé, mais surtout améliorer le cadre de vie des populations sur la base des politiques sectorielles décrites dans le Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté( DSRP).

« Le Gabon, affirmait le directeur général intérimaire du conseil d ‘administration du FMI Anne Krueger, s’est engagé dans une politique d’envergure visant à répondre aux principaux défis, à savoir la réduction continue de la production pétrolière, un poids élevé de la dette et des faibles indicateurs sociaux... » Le Gabon a en effet pris la mesure de la crise en s’engageant depuis 2002 dans le renforcement de l’assainissement des finances publiques et la mise en oeuvre de reformes structurelles profondes. C’est pourquoi il a été remarqué l’an dernier, une amélioration de l’activité économique de 2% par rapport à 2002. Cette embellie est due, selon les responsables du ministère de l’économie, à l’augmentation de près de 6% de la production pétrolière alors que la croissance du secteur non pétrolier s’est chiffrée à 1% et l’inflation au niveau de 2%, conforme d’ailleurs aux objectifs du programme.

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Sur ce cliché, les journalistes avec au premier plan notre confrère Patrick Simangoye directeur des actualités parlées de la RTG2(Photo AfriquEchos).

Le sacrifice va continuer

Les Gabonais devront toutefois continuer « de serrer la ceinture » et de s’accrocher aux « accords d’Arambo » qui consacrent, entre le gouvernement du pays et les partenaires sociaux, une trêve sociale de trois ans, presque la durée du programme, avec les organisations de Breton Woods. « C’est le prix à supporter, si nous voulons réussir » précise le « grand argentier » gabonais Paul Toungui qui a dit ne point s’éloigner des conditionnalités du FMI.

Le Fonds monétaire international s’attend, en principe, à une réduction de la masse salariale dans le secteur public et à la minimisation des dépenses compressibles, à l’accélération du processus de privatisations, à la valorisation de la forêt, au maintien d’un excédent budgétaire malgré la baisse des recettes pétrolières et à la réduction de la dette par rapport au ratio du PIB.

Le gouvernement gabonais, qui n’a plus droit à l’erreur, sera pourtant confronté à une série de conditionnalités dont l’application se révèlera aussi corrosive que sulfureuse au plan intérieur. La réduction de la masse salariale - par exemple- relance la sempiternelle question de la réduction du train de vie. Quelques citoyens gabonais estiment que « la réduction des salaires doit se faire en haut plutôt qu’en bas ». Selon ces mêmes citoyens « si l’on s’amuse avec les chiffres, peut-être 60% de la masse salariale est concentrée dans les mains de 15 à 20% de citoyens. Nous attendons d’ailleurs que le Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté corrige ce genre de manquement et que la bonne gouvernance se révèle une réalité et non la fiction que nous vivons au quotidien ».

Une autre conditionnalités qui fera assurément des frustrés:l’annulation des surtaxes sur les produits avicoles, qui risquera de compromettre la relance et le développement de la filière aviaire locale presque tuée par les importations massives de volailles congelées.

Depuis quelques années, le gouvernement gabonais a choisi le langage de la vérité. Le président Omar Bongo Ondimba lui-même avait indiqué en 1998, que même s’il se faisait élire, les sept années de mandats ne seraient pas en roses, ce qui s’est vérifié d’ailleurs. Au premier trimestre de l’année 2004 le ministre d’Etat, ministre de la planification, Casimir Oyé Mba soulignait devant des partenaires du développement « on ne peut plus cacher à nos partenaires que nous sommes pauvres et que nous méritons d’être aidés ».

Ce discours donne certainement ses fruits, mais pour combien de temps ? Ce qui est vrai et qui peut réjouir les Gabonais, c’est que lors du dernier séjour de travail et d’amitié du président gabonais Omar Bongo Ondimba aux Etats Unis d’Amérique, il a été révélé au ministre de l’économie Paul Toungui que les pays à revenus intermédiaires à faibles indicateurs sociaux comme le Gabon, devraient désormais bénéficier d’un statut particulier.


 
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