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Château-Rouge : un marché à la Kinoise !
lundi 15 décembre 2003 Bazakana Bayete (AEM) Paris
Les Africains de la diaspora rêvaient d’un marché du genre grand marché de Kinshasa, Roque Santeiro de Luanda, Poto-Poto, Adjamé... où les vendeurs et vendeuses étalent leurs marchandises à même le sol. Or, ce genre de marché dépend du département des affaires économiques de la Mairie qui, on le sait, exige le paiement d’une taxe, ce que les Africains, pour la plupart, veulent à tout prix éviter. Exceptés, bien entendu, ceux qui veulent être réglo en s’inscrivant au registre du commerce.

Nous avons demandé à l’un de ces commerçants pourquoi ils ne veulent pas se mettre en règle vis à vis de la législation du pays.

Notre interlocuteur, Mayas, un Congolais de Brazza que l’on appelle M. le Maire raconte : « Nous n’avons pas assez d’argent pour pouvoir nous faire enregistrer au registre du commerce. Le problème est qu’on nous autorise à vendre moyennant paiement d’une taxe (genre patente en vogue à Kin) à la Mairie »...

« En plus, la police confisque nos marchandises dont la plupart ne sont pas des articles volés comme ils le prétendent, mais plutôt des biens que nous achetons en solde dans les magasins.

Le vrai problème aussi est que la majorité de ces revendeurs à la sauvette n’ont pas de titre de séjour en règle.

A Paris, c’est à Château-Rouge, dans le 18e arrondissement que ces derniers « opèrent » en toute illégalité... Ces hommes et femmes gênent et dérangent les commerçants "en règle", mais la loi du silence règne chez ces derniers qui craignent d’être taxés de Bala-Bala « balance » entendez, de traîtres, de bouffons. Ainsi, les vendeurs à la sauvette étalent-ils à même le sol pondu, wax, slips qu’ils achètent ou se procurent n’importe où et n’importe comment en bradant les tarifs. A la vue de la police, c’est le sauve-qui-peut : avec leurs marchandises qu’ils vont parfois cacher dans des boutiques avoisinantes.

Si à Bruxelles la police est un peu compréhensive, à Paris en revanche les CRS ou les policiers en civil ne badinent pas : ils saisissent des marchandises, font une véritable chasse à l’homme aux commerçants.


 
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