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UK : Un ambassadeur pour accélerer les procédures d’expulsion des clandestins
vendredi 19 janvier 2007 Charles Atangana(AEM) UK

Le Premier ministre britannique Tony Blair vient de nommer Lord Triesman, l’ actuel ministre des affaires étrangeres, comme envoyé spécial au ministère de l’intérieur pour accélerer les procédures de renvoi des immigrants illégaux et des candidats débouté du droit d’asil, en instance d’expulsion. Un échec de plus.

Cette mesure intervient après l’éclatement, notamment dans la presse, d’un nouveau scandale sur l’incapacité du ministère de l’interieur de tenir à jour ses statistiques sur les criminels potentiels anglais qui se baladent en toute liberté et sur les " faux demandeurs d’asile".


Tout est parti, note-t-on, de l’incapacité d’un haut cadre du département en charge de l’immigration de répondre aux questions des députés qui voulaient connaître le nombre exact des grands criminels anglais arrêtés à l’étranger et font l’objet d’une condamnation, lesquels sont revenus dans le pays sans toutefois que la police et les autres services competents n’aient eu le temps de les ficher.

Sir David Normington, haut cadre du ministère de l’intérieur et un des responsables en charge du département de l’immigration et de la grande criminalité s’est excusé devant les députés de la cour des comptes d’avoir donné des informations non fiables au sujet des personnes accusées de crimes et celles dont les noms ne figurent même pas dans les fichiers de la police et de l’immigration.

Cet nouveau scandale vient, du coup, jeter l’obrobe sur l’actuel secrétaire d’Etat à l’immigration John Reid qui a remplacé Charles Clarcke aujourd’hui député travailliste à l’Assemblée nationale. Ce dernier, on s’en souvient, avait promis à ses pairs de tout faire pour balayer dans sa cour, de remettre de l’ordre dans tous les départements, afin de redorer l’image de ce departement ministeriel. Un département en proie, aujourd’hui à toutes les insultes et à des questions de la part des députés sur son éfficacité à protéger les citoyens.

Ce n’est plus un secret d’Etat aujourd’hui en Angleterre ; les statistiques du ministère de l’intérieur sont loin d’être fiables si bien que l’on ne peut porter crédit, ou mieux croire à ce que John Reid déclare dans la presse et encore moins devant les députés.

John Reid, qui a pris ses fonctions au département en charge de l’immigration et de la protection civile en Angleterre en mai 2006, avait demandé aux plus anciens cadres et aux plus haut gradés de ce département de le brieffer sur les problèmes actuels du département. Objectif visé : trouver des solutions rapides pour juguler ce qui a occasionné le départ de son prédecesseur Charles Clarcke. John Reid, on s’en souvient, avait même annoncer que à ces collègues des têtes allaient tomber. C’est ce qui est arrivé à l’un des hauts cadres du département qui n’a pas pu ficher près de 27500 expatriés britanniques coupables de crimes qui, sans être inquiétés, ont regagné le où ils sont libres de leurs mouvements.

Mc Nulty, le ministre en charge de la Police est, lui-aussi, sous les feux des critiques ; son péché est de n’avoir pas recensés tous ces délinquants sexuels et autres pédophiles qui circulent en toute liberté. On se demande si John Reid, qui en est à son 8 ème département ministériel, saura remettre de l’ordre dans ce département qui a vu partir deux de ses prédecesseurs. Malgré le fait qu’il est aussi en course pour le poste de premier ministre avec Gordon Brown le chancelier.

Dans une déclaration à la presse, il a déploré la lenteur de son département à s’adapter aux changements en cours à cause des mauvaises habitudes de ses administrés. Ce qui, selon lui, est à la base des empillements des dossiers.

Ils sont près d’une centaine de milliers d’Africains à être frappés par une mesure d’expulsion et à se battre par tous les moyens pour échapper à un départ forcé. Tel est le cas d’un certain Joseph Lienou, de nationalité camerounaise qui séjourne actuellement dans un centre de détention à Londres.

Pour le gouvernement de Tony Blair, l’objectif est de faire refouler le maximum de personnes possible vers leurs pays d’origine. Et ce, en dépit des actions que mènent en lobbying les nombreuses associations de lutte contre les expulsions. C’est dans le cadre de ce programme que des Somaliens, Nigerians, Ethiopiens, Camerounais, Zimbabwéens, Ougandais, et bien d’autres sont entassés dans des centres de transit en vue de leur embarquement forcé.

Le nouvel envoyé spécial a, rappelle-t-on, rejoint le parti des travaillistes à l’âge de 16 ans. Il est au bénéfice d’une longue et solide expérience avec l’Afrique pour avoir été en mission dans de nombreux pays du continent. Il a de surcroît une longue expérience en matière de politique d’immigration.

Les autorités britaniques, il convient de le souligner en passant, ne disposent même pas de chiffres fiables sur le nombre exact des déboutés du droit d’asile en instance d’expulsion.

Pendant ce temps, c’est la panique dans de nombreuses familles. Pour Roger Njoh, Camerounais, ingenieur dans l`industrie du froid et de la climatisation il faut, tout simplement, que les uns et les autres appliquent la loi qui est valable pour tous. Que chacun sache ce qu’il faut faire dans ces temps d’incertitude. Car beaucoup de ces immigrants ne savent même pas lire, d’où l’impossibilité pour eux de comprendre les textes de lois anglaises et, à plus forte raison, encore moins celles de leur pays d’origine.

Chaque jour qui passe, au moins entre 5 à 10 Africains sont embarqués de force par les agents des services d’immigration. Certains, les plus chanceux, sont transférés vers d’autres centres de transit. Et d’autres, comme Cyprien Simeutcho, ont encore la chance de se promener en toute liberté dans les rues de Birmingham. Mais pour combien de temps encore ? That`s the funny question.


 
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