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L’économie, maillon faible de cette coopération, a dominé les rencontres entre les parties gabonaise et marocaine. Ce qui a permis aux deux Etats d’aboutir à la conclusion d’un accord sur la promotion et la protection réciproque des investissements. Ce cadre juridique permettra aux promoteurs des deux pays, d’élargir le champ des investissements et à les sécuriser. L’accord a été paraphé côté gabonais par Jean Ping, ministre des affaires étrangères et son homologue marocain Mohammed Benaïssa. Nul doute, une manière de concrétiser la coopération sud-sud.
Premier acte concret après la conclusion de cet accord, le lancement des travaux de construction de 2000 logements sociaux par le consortium maroco-gabonais Jet-Gabon. Ce groupe bénéficiera de l’expertise de Jet Sakane, spécialisé dans les ouvrages sociaux au Maroc. Mohammed VI et Omar Bongo ont personnellement présidé l’ouverture de ce chantier dont la réalisation répond au besoin en logements de plus en plus exprimé par les Gabonais qui, a reconnu le ministre de l’habitat Jacques Adiahenot, sont mal logés. « Vous voyez comment ils sont logés à travers Libreville, pour ne prendre que le cas de notre capitale. Il y a un déficit de 160.000 logements. comment les rattraper ? » soulignait-t-il. Les premiers logements devraient être livrés au bout de 24 mois, selon les responsables de Jet-Gabon.
A côté de ces deux moments phares, le Roi du Maroc, accueilli triomphalement par de milliers de Gabonais et les 700 ressortissants marocains, s’est vu décorer par Bongo Ondimba, de la "Grande Croix dans l’Ordre de l’Etoile Equatoriale", la plus haute distinction honorifique gabonaise. A son arrivée le 18 juin, il a été fait "citoyen à part entière" de la ville de Libreville par le maire de la capitale gabonaise André Dieudonné Berre.
C’est donc en citoyen gabonais qu’il a visité la polyclinique El Rapha, la structure sanitaire la plus moderne du pays. Å’uvre du Dr Edith Lucie Bongo Ondimba, cet établissement médical emploie de nombreux médecins marocains. Le roi a ainsi fait l’épouse du chef de l’Etat gabonais "Grand Cordon du Wissen Alaouite".
Les membres de sa délégation, ministres et hommes d’affaires, ont eu des échanges avec leurs homologues du Gabon en vue de préparer de nombreux accords et projets de partenariat.
Une vieille tradition
Le Gabon et le Maroc entretiennent des relations diplomatiques soutenues par un cadre juridique assez riche, depuis 1961 et une profonde amitié le long de l’exercice du président Bongo Ondimba arrivé au pouvoir en 1967. Relations du reste consolidées par le lien d’amitié très personnel entre le chef de l’Etat gabonais et le roi Hassan II.
A ce jour, quatre commissions mixtes de coopération se sont tenues à Rabat ( 1980 et 1984 ) et à Libreville(1983 et 1992). Autour de ce cadre juridique, de nombreux accords de coopération et conventions ont été passés entre les deux pays ; ce qui justifie l’excellente qualité des échanges entre le royaume chérifien et le Gabon.
Le commerce et l’éducation ont toujours été les points focaux de ces échanges.
Le Gabon importe essentiellement des produits alimentaires, notamment les fruits et les conserves, et des produits manufacturés ( la maroquinerie et les céramiques ), alors qu ‘il exporte uniquement du bois. Au total c’est une balance commerciale mitigée pour Libreville d’autant plus que la partie marocaine souhaite la diversification des exportations de son partenaire.
Le royaume du Maroc accueille et forme des centaines d’étudiants et enseignants gabonais depuis plusieurs années. La coopération dans ce domaine est d’ailleurs des plus fructueuses. L’on note aussi sur le plan industriel une coopération basée sur la promotion des PME-PMI. C’est ainsi que les carrosseries industrielles du Maroc, CIM, exportent vers le Gabon des bus pour le transport urbain.
Poursuivre le concret
Pour l’avenir, le Gabon et le Maroc envisagent la négociation d’un accord de libre échange et la conclusion d’un autre sur la libre circulation et le séjour des personnes.
Les discussions sont également en cours pour un projet relatif à l’éducation et l’enseignement supérieur. Dans la même optique s’inscrivent la réactualisation du projet de construction de la fabrique d’allumettes à Libreville et la réalisation du laboratoire d’analyses pour le contrôle de la qualité des denrées alimentaires.
C’est ainsi que les deux pays entendent accélérer une coopération dirait-on « séculaire » mais dont les actions concrètes paraissent pourtant très insignifiantes.
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