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Le chanteur ngolais Papa Wemba, poursuivi par les justices française et belge pour"aide au séjour irrégulier d’étrangers" sous couvert de ses activités musicales, a été inculpé de « traite des êtres humains » et d’association des malfaiteurs » rapporte l’AFP citant le Parquet de Bruxelles.
Papa Wemba, 54 ans, a été interpellé mardi 17 février 2004 à son domicile en région parisienne par le Service d’exécution des décisions de justice (SEDJ) et aussitôt extradé vers la Belgique à la demande de la justice de ce pays.
Il a été remis en liberté conditionnelle le jour même, après avoir été entendu par un juge d’instruction bruxellois, a précisé le porte-parole du Parquet Estelle Arpigny.
« Les conditions de cette libération sont de répondre à toutes les convocations des autorités policières et judiciaires belges et de rester à la disposition de la justice belge pendant huit jours au moins, le temps que les enquêteurs puissent travailler sur le dossier » a ajouté Mme Arpigny.
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Papa Wemba, de son vrai nom Shungu Wembadio Pene Kikumba, est poursuivi dans deux procédures similaires en France et en Belgique.
Le "roi de la rumba congolaise" avait été écroué le 20 février 2003 à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essone)après avoir été mis en examen notamment pour "aide en bande organisée au séjour irrégulier d’étrangers". Il a recouvré la liberté, sous contrôle judiciaire, en juin dernier.
Les justices belge et française le soupçonnent d’avoir organisé, sous couvert de ses activités musicales, l’immigration clandestine en France de quelque 150 ressortissants de la République démocratique du Congo(RDC), moyennant des sommes avoisinant 3.500 euros par personne.
Ainsi, à l’occasion d’un concert donné la nuit du 31 décembre 2001 au palais-pmnisports de Paris-Bercy,le chanteur aurait, selon les enquêteurs, facilité l’obtention de visas pour 100 ressortissants congolais via l’ambassade de France à Kinshasa.
"Est-ce que l’on n’a pas profité de son statut, de ses allers et venues à Paris ?", s’était interrogé son avocat lors de la mise en examen de Papa Wemba, un des "princes" de la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes), ces "night-clubbers" africains épris de fête qui accordent une grande importance à leurs tenues.
L’enquête avait commencé en France en décembre 2000 quand la police des frontières avait remarqué à Roissy l’arrivée de soi-disant musiciens affirmant venir jouer dans l’orchestre de Papa Wemba.
Depuis sa sortie de prison, l’ambassadeur de la SAPE a renoué avec son public parisien sur la scène du Zénith en octobre.
"J’ai repris mon travail, l’art a repris", avait-il dit quelques jours auparavant à une chaîne de télévision française. "Je resterai toujours le Papa Wemba que tout le monde a connu, j’ai le don d’avoir la voix", avait-il ajouté, se déclarant "confiant en la justice".
A propos de son transfèrement, son avocat français, Me Yves Leberquier, a précisé à l’AFP que les modalités et la date en avaient été convenues entre le chanteur et les autorités belges et françaises.
"Papa Wemba, du fait de son contrôle judiciaire en France lui interdisant de quitter le territoire national, ne pouvait se rendre spontanément en Belgique. Il fallait qu’il soit accompagné par des policiers français, a expliqué Me Leberquier.
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