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À l’occasion de cet anniversaire de Jossart, une tentative de faire le point sur sa vie serait tout simplement prétentieuse car l’intéressé s’en est déjà chargé dans sa chanson « Nalali mpongi », une chanson autobiographique d’une rare intensité dramatique qui narre la vie d’un adolescent dont la famille s’est dépeuplée le plongeant dans un vide affectif abyssal.
Ci-dessous, je m’autorise une traduction en français qui ne peut qu’être imparfaite de cette chanson dédiée à son unique sœur décédée après la mort de leurs deux parents :
Même si tu m’as abandonné ici-bas
Adresse-moi au moins un salut tous les jours au coucher du soleil
Demande aussi, à notre grand-mère, ton homonyme
De m’envoyer des nouvelles avec le vent de la tempête
J’attendrai ses messages posté, prostré devant la maison
Comme pour guetter votre improbable retour à la maison
Tous les jours, au réveil, je sens le poids de ma solitude
Et le soir, au coucher, je mesure la dureté de ma vie
Que mon destin n’est pas simple
La vie de Nyoka Longo a donc été très vite et très fortement marquée par la mort. La chanson va lui servir d’exutoire, et avec « Nalali mpongi », il réussira l’une de ses meilleures créations comme il l’a reconnu dans plusieurs interviews. Mais Ya N’Yoch n’a jamais été guéri de ses blessures, n’a peut-être jamais réussi à faire véritablement le deuil comme le disent les psychiatres. Ainsi cette chanson est sans doute la moins jouée de toutes les compositions de Jossart. Son auteur craindrait-il la remontée des émotions poignantes sur scène ? Vraisemblablement. Ainsi quand il sort de prison en Belgique et éclate en sanglots devant les amis et les caméras venus l’attendre, il y a de fortes chances que ça soit à cause de l’ensemble de l’œuvre du destin qui ne l’a pas toujours gâté.
J’ai retrouvé un homme vraiment apaisé
Comme le dit la chanson, la carrière de Nyoka Longo a connu beaucoup d’épreuves. Entre scission, séparation téléguidée, accusations de débauche, de malversations et de pratiques mystiques… rien ne lui a été épargné. Et pour l’avoir suivi de près lors de la scission de Zaïko Langa Langa en 1988, malgré un stoïcisme apparent, Jossart en a beaucoup souffert. À chaque attaque que son orchestre a subi, à chaque crise de son groupe, Nyoka Longo a toujours réagi avec détermination, passion et même avec fougue en contradiction avec son flegme légendaire. Aujourd’hui, c’est un homme serein, pondéré qui a réussi la gageure de maintenir la cohésion de son groupe après cinq ans de séjour en Europe. Et naturellement cela se ressent sur ses compositions : « Ntemba » dans l’album « Eurêka »(2003), « Jusqu’où » dans « Empreinte » (2004) et « Amour pluriel » dans « RencontreS » (sorti ce vendredi 7 septembre 2007 *). Une telle adéquation entre sa vie et son Å“uvre relève de la marque des grands. Bon anniversaire Jossart|Botowamungu Kalome (AEM©www.afriquechos.ch) 7 sept. 2007
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INTERVIEW
Jossart Nyoka Longo : : « Ina ke benda singa, yandi ke talaka na nima ve, ina ke benda singa yandi ke talaka na ntuala ». (Traduisez : « Celui qui tire la corde ne regarde pas en arrière, il regarde devant ».)
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