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RDC : La plus que douloureuse amnistie du général dissident Laurent Nkundabatware
lundi 28 janvier 2008 Botowamungu Kalome (AEM)
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La République Démocratique du Congo est un pays étrange. Etrange dans ses manières de se créer des crises politiques ; étrange dans sa manière de « faire avec » des drames incroyables comme ces 5 millions de morts dus beaucoup à des ambitions annexionnistes du Rwanda de Paul Kagamé ; plus étrange encore dans ses méthodes d’apparence simplistes pour sortir des crises. Là où d’autres pays recourent à des négociations secrètes et à des médiations internationales interminables, la RDC a réglé, en à peine une semaine et à ciel ouvert, la question de la rébellion de Laurent Nkundabatware dans une grande messe regroupant plus de 1.000 participants soit le triple de celui décidé initialement.


Des chefs de guerre, des chefs de gangs, des chefs coutumiers, des religieux, des politiques, des représentants de différentes ethnies du grand Kivu, des membres de la société civile, des politiques, Joseph Kabila en personne… la « Conférence pour la paix et la stabilité dans le Nord-Kivu » avait les allures d’une foire. À la conclusion pourtant, toutes les rébellions et milices, en dehors des rebelles hutus rwandais, ont déclaré la fin des hostilités et reçu en retour une amnistie sauf pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Une surprise pour cette réunion que nous étions nombreux à trouver folklorique, dilatoire et à laquelle nous n’accordions aucune chance. Mais hélas les Congolais sont définitivement imprévisibles.

Pour en arriver là, il aura fallu cependant avaler une très amère pilule : l’amnistie du général renégat Laurent Nkundabatware qui a instrumentalisé les Tutsis congolais et la question ethnique provoquant des milliers de morts et l’exil intérieur des dizaines de milliers de Congolais. Inacceptable, mais la paix a un prix sans oublier que amnistier n’est pas absoudre, ni oublier. En ayant privilégié auparavant l’option militaire, Joseph Kabila m’a semblé vouloir procéder par une démonstration par l’absurde afin de proposer, ensuite, cette conférence qu’il avait annoncée plus d’un an auparavant.

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Tout le monde s’est, en effet, rendu à l’évidence : il était quasiment impossible d’éradiquer la rébellion ne fût-ce qu’à cause des caractéristiques géographiques de la région. De l’Angola jusqu’en Côte d’Ivoire en passant par le Niger, la République centrafricaine, la Sierra Leone, la Somalie… la rébellion reste un fléau très difficile à vaincre. Joseph Kabila devait le savoir. Mais s’il avait osé convoquer la conférence de Goma avant d’avoir lancé une grande offensive militaire, ses détracteurs l’auraient accusé de complaisance et d’être de connivence avec Nukndabatware et le Rwanda.

Mais la crédibilité d’une telle démarche ne se résume pas à la signature des accords, à la déclamation de la cessation des hostilités mais bien plus tard dans leur mise en Å“uvre. Pourquoi devrait-on faire confiance, cette fois, à cet officier dissident arrogant, expert en manÅ“uvres dilatoires et dont la rébellion était une affaire juteuse ? On peut, en effet, être optimiste pour une simple et bonne raison : contrairement aux apparences, tout ne s’est pas joué au péplum de Goma. Cette conférence a été sans doute doublée par des pressions internationales sur le Rwanda et sur Nkundabatware. D’autre part, souvenons-nous des accords de Sun City avec cette bizarrerie d’un président flanqué de quatre vice-présidents plus les ministères et les entreprises publiques repartis aux sensibilités politiques qui en étaient signataires. Ces accords semblaient inapplicables, mais ils ont amené la RDC à des élections libres et pluralistes, et surtout à la renaissance d’un vrai Etat. Avec les accords de Goma, la RDC est peut-être à un tournant décisif avec la disparition de ce dernier boulet qui alourdissait sa marche en avant.|Botowamungu Kalome (AEM)


 
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