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Cette dame de tempérament demande, en effet, à ceux qu’elle appelle « les conservateurs en place au Cameroun » à songer à faire de la place à la femme en rappelant que « Les leaders- même charismatiques- passent alors que les idées restent. La force d’une idéologie c’est que des milliers d’années après, elle peut continuer à éclairer l’action. Tout le monde a une idéologie : seulement il y a des idéologies qui oppriment et d’autres qui libèrent. Il suffit juste d’en être conscient ».
Lucide, elle rappelle néanmoins que la femme est encore assujettie à la fois à la nature et à la spiritualité et invite à comprendre comment se sont forgées les représentations collectives du féminin : « Toute parole hors du cadre des valeurs dites féminines est incongrue et inaudible, ou n’existe pas. Avec ces valeurs, il y a une assignation des femmes à une fonction précise : la famille et les enfants ».
Eteki Otabela appuie son argumentation notamment sur les révélations de l’ancienne ministre Yao Aissatou aujourd’hui très influente aux côtés de la première dame Chantal Biya : « Même Madame Yao qui a déclaré en arrivant au pouvoir -par décret !- qu’elle ne savait pas que les femmes souffraient tant…a fini par se dire « féministe » en quittant le ministère chargé de la promotion des femmes ».
Pour cette opposante camerounaise, « au bout de quelque temps on peut observer que l’esprit de liberté est réservé à une élite et que la capacité de raisonner avec ses pairs concerne des hommes dans la cité, conséquence : le fait d’avoir du temps libre pour faire de la politique implique de se libérer des tâches domestiques d’où la revendication d’avoir un salaire suffisamment élevé pour pouvoir faire vivre tous les membres de la famille qui ne travaillent pas ».
Dans son analyse de la situation du Cameroun, Marie Louise Eteki Otabela voit en Paul Biya un être humain qui est né « agneau » et qui par la force de la nature et des événements est en train de se transformer en véritable « lion », roi de la jungle au Cameroun : « Je le crois et je ne suis pas la seule à le penser, tout le monde le dit, tout le monde le pense… » nous a-t-elle lancé en guise de conclusion. |Charles Atangana(AEM) -UK
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