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Massamba : « Avec plus de 10.000 disques vinyles, je voudrais créer un musée des archives sonores »
mardi 13 mai 2008 Herman Bangi Bayo(AEM)
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Propriétaire de la Maison de vente de disques Bisso na Bisso à Brazzaville, Monsieur Massamba détient plus de 10.000 disques vinyles. Faute de moyens pour les conserver et les mettre à la disposition du public, il sollicite l’assistance des autorités congolaises et des mécènes afin de lancer ce qu’il présente comme un musée de conservation des archives sonores. Ça serait une première en Afrique. Monsieur Massamba détaille ce projet dans cette interview accordée à Afriqu’Echos Magazine (AEM) .


AFRIQU’ECHOS MAGAZINE (AEM) : À quand remonte le début des activités de la Maison « Bisso na Bisso » ?

MASSAMBA (MASS) : Nous avons commencé en 2004. Au début, c’était de l’amateurisme et petit à petit, avec l’intérêt manifesté par la clientèle sur la pérennisation et la conservation des archives sonores, nous avons acquis du professionnalisme.

AEM :« Bisso na Bisso » détient une quantité considérable des disques vinyles, comment êtes-vous arrivé à constituer cette collection ?

MASS : C’est parti de mon père qui possédait plus de 500 disques vinyles et qui me les avait légués. J’avais démarré avec ça et ensuite, ce sont des clients qui m’approvisionnaient en échange des copies en cassette audio. C’est de cette façon qu’on s’est retrouvé avec un stock considérable des disques vinyles de la musique congolaise des deux rives, de la musique américaine et des Caraïbes ainsi que celle de l’Europe. Vous trouverez chez nous des oeuvres classiques russes, des Å“uvres roumaines, polonaises, bulgares etc.

AEM :Votre collection compte combien de disques ?

MASS:Je ne pourrais pas vous donner le nombre exact, mais nous avons plus de 10.000 disques vinyles.

AEM : Ça doit être délicat pour conserver une telle collection, recevez-vous une aide pour cela ?

MASS:Depuis que nous avons ouvert cette maison, nous n’avons jamais senti un quelconque intérêt de la part de nos autorités politiques et culturelles. Nous avons même failli fermer la maison vu les charges d’exploitation telles que le loyer, l’électricité et les taxes dues à l’exploitation des œuvres phonographiques. C’est grâce au soutien des organes de presse comme votre magazine et l’émission Sentiment Lipopo de la chaîne de Télévision Mirador de Kinshasa, animée par monsieur Mobhe Jhomos que, petit à petit, nous commençons à recevoir de la clientèle. J’en profite pour remercier le Président directeur général de Mirador TV, Michel Ladi Luya, grâce à qui mes activités sont connues d’un large public.

AEM : Avez-vous entrepris une quelconque démarche auprès des autorités congolaises ?

MASS:Effectivement, nous avons cherché à rencontrer les ministres de la culture, de la Justice, du Commerce voire le Premier ministre mais en vain, toutes les portes nous sont fermées.

AEM : Vous dupliquez des Å“uvres qui ne sont pas les vôtres ; êtes-vous en règle avec la société des droits d’auteurs ?

MASS) : À vrai dire, non ! car nous faisons cette activité d’une manière, si l’on peut dire, artisanale. Par rapport à la modicité des recettes, nous ne sommes pas en mesure d’honorer les droits d’auteurs. Mais nous comptons plus développer le volet conservation des archives sonores.

AEM : Sur le plan technique, quelles difficultés rencontrez-vous ?

MASS : Nous n’avons pas de matériel approprié pour transcoder ces supports en CD car les disques vinyles ont une durée de vie de près de 50 ans et nous avons des disques qui ont atteint cette limite d’âge. Donc, pour conserver ce patrimoine, nous avons besoin d’outils informatiques et des consommables. Jusque-là, nous n’exploitons que le dixième de notre capacité. Nous avons l’ambition de transformer cette maison en un musée.

AEM : Supposons que les autorités congolaises lisent cette interview...

MASS : Je leur dirais d’être sensibles aux démarches de ce type et de s’intéresser à la culture. Je ne dis pas qu’elles ne s’y intéressent guère, mais je leur demanderais de nous venir en aide pour conserver ce patrimoine de la musique des deux Congo et d’ailleurs. Je ne m’adresse pas seulement aux Congolais, même les étrangers peuvent soutenir cette Å“uvre. Ce patrimoine n’est pas une affaire d’une personne mais une affaire commune qui pourrait permettre aux générations de trouver des indices de notre musique. Enfin, à travers ce patrimoine, on peut suivre l’évolution de notre musique des années 50 jusqu’aux années 90. | Propos recueillis à Brazzaville par Herman Bangi Bayo (AEM)

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