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Islam et mutilations génitales féminines au Niger
mercredi 11 août 2004 Saïdou Djibril(AEM) Niamey-Niger
Le Comité nigérien sur les pratiques traditionnelles ayant effet sur la santé des femmes et des enfants (Coniprat) a organisé du 04 au 05 août derniers, des séances de réflexions sur l’Islam et les pratiques traditionnelles néfastes à l’encontre de la femme, appelées Mutilations génitales féminines (Mgf). Deux jours durant, des UlémasUlémas(érudits en science islamique), des journalistes, des représentants d’Ong et des cadres de la Santé ont réfléchi sur ces pratiques qui trop souvent compromettent le bien-être des fillettes et de la femme. Ces journées viennent à point nommé surtout que l’Islam est la religion pratiquée par plus de 98 % de nigériens.

Dans son discours d’ouverture des travaux, le représentant du Ministre du développement social a indiqué que " les mutilations génitales féminines constituent une menace sérieuse à toute politique de protection et de promotion de la femme et de l’enfant au Niger". Estimée à plus de 10 millions d’habitants, la population nigérienne, dans sa grande majorité, a le plus souvent recours « aux pratiques traditionnelles liées à la santé de la femme et l’enfant en zones rurales comme en zone urbaine » a ajouté, pour sa part Maiga Amsou, la présidente du Coniprat. Parlant du choix du thème, elle a indiqué que « l’Islam est souvent invoqué à tort pour défendre la pratique des Mgf ». Les mutilations génitales féminines ou excision sont « des noms collectifs donnés à plusieurs types de pratiques traditionnelles qui ont pour conséquence l’ablation partielle ou totale des organes génitales externes de la femme ». Ces pratiques sont perceptibles dans plusieurs pays d’ Afrique , d’ Asie et même d’Europe(diaspora). Au Niger , il se pratique les formes les moins cruelles de Mgf. Toutefois, selon des études et enquêtes menées sur l’excision , il ressort que la quasi totalité des groupes ethnolinguistique du Niger ont souvent recours à cette pratique. C’est à partir de janvier 1993 que l’ONG Coniprat voit le jour et se donne pour mission « d’éradiquer les pratiques traditionnelles ayant effet sur la santé et de promouvoir celles qui sont bénéfiques ».

Ces journées de réflexion ont été l’occasion pour les Ulémas d’évoquer d’abord le statut de la femme en Islam, ensuite d’aborder la question de l’excision dans le religion musulmane. Dans sa communication intitulée "droits de la femme et Excision en Islam" ; Cheick Khalid Djibo de l’Association islamique du Niger, a indiqué que « l’excision est une pratique antérieure à l’Islam » avant d’ajouter que même si l’Islam ne l’a pas prohibée, elle n’en constitue qu’une « Moustahab. Ce n’est pas une pratique obligatoire en Islam. L’excision est facultative ». Cheick Khalid a insisté sur le fait « qu’il n’a pas été révélé dans le Coran ou la vraie sounna du prophète Mohamed que l’excision est un devoir ou une sounna ». En somme, selon lui, « les jurisconsultes et les érudits ont affirmé à l’unanimité que l’excision pour les femmes n’est ni obligation religieuse, ni une sounna mais plutôt un acte qui relève du libre choix de l’homme. D’après un hadith rapporté par Oum Atiya  ; qui est une exciseuse à Médine ; "le Prophète de l’Islam l’avait interpellée et l’a mise en garde" ». Selon le conférencier « on voit bien que si c’était un devoir ou une obligation ; le Prophète Mohamed n’allait pas la mettre en garde. ».

A en croire les acteurs de la lutte contre les Mgf, l’excision, telle que pratiquée dans nos sociétés est une mutilation, d’autant plus qu’elle consiste une infibulation. Ce qui, du coup, constitue la forme la plus grave de l’excision. Selon les communautés concernées, les raisons invoquées pour justifier cette mutilation sont, entre autres. le respect des rites d’initiation , de la tradition et de la coutume. Or il existe une nuance entre Islam et tradition, ce que les Ulémas ont vite relevé. L’Islam en effet, combat les traditions qui sont contraires à l’enseignement coranique. A cet effet. les Ulémas ont soutenu que l’Islam « est une religion qui concourt au bien-être de l’individu et par voie de conséquence, toute forme de violence avérée sur l’intégrité physique ou morale de l’homme est proscrite en Islam ». « Et s’il est établi que l’excision, telle que pratiquée dans nos sociétés est une infibulation, il est donc nécessaire de s’en éloigner », ont-ils ajouté.

Enfin, en 1996, selon le PNUD , près de 75 % des mutilations par excision avec infibulation sont effectuées dans des pays comme l’ Égypte, l’ Éthiopie, l’ Érythrée, le Kenya, le Niger, la Somalie et le Soudan. Certains de ces pays ont atteint des taux records. C’est ainsi qu’ en Somalieet à Djibouti, 98% des petites filles sont mutilées. En Égypte, au Burkina, au Mali, en Gambie, ce taux dépasse 80%. Au Tchad, au Bénin, au Togo, au Libéria, en Côte-d’Ivoire, une fillette sur deux subit cette mutilation.

Saidou Djibril AEM-Niamey


 
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