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L’accord signé avec la Banque mondiale prévoyait que 72% des revenus provenant de la vente du pétrole soient consacrés à ce programme et le placement de 10% de ce budget sur un compte spécialement ouvert pour les générations futures, les 18% restants étant destinés au fonctionnement du gouvernement. Or d’après le rapport de la commission mixte de supervision de la mise en place du pipeline, c’est près de 86% des recettes du pétrole qui sont utilisés pour l’achat des armes par le président Deby qui fait face à une menace persistante et croissante de la rébellion.
La Banque Mondiale a donc décidé de suspendre le financement de la construction du pipeline et obtenu du gouvernement tchadien le remboursement de près de 80 milliards de francs Cfa sur le prêt reçu de l’institution financière. Dans le communiqué rendu public le 9 septembre 2008, le président Robert Zoellick de la Banque Mondiale s’est dit « amèrement déçu par le non-respect des engagements pris par le gouvernement du Tchad ». Si cet accord avait été respecté, c’est la rondelette somme de 1,4 milliards de dollars qui aurait été épargnée avant la fin de cette année pour les générations futures. Le financement de la Banque mondiale devait s’élever à 4,2 milliards de dollars. La suspension de ce financement du pipeline aura des répercussions au Cameroun voisin où est prévu le terminal du pipeline car ce pays avait déjà tablé dans son budget sur les redevances à percevoir.
Les réserves pétrolières du Tchad seraient exploitables pour une durée de 30 ans au moins. L’on se souviendra qu’en 2006 Idriss Deby avait même taxé la Banque Mondiale de « dictature oppressante qui empêche de gérer le pays comme il l’entendait ». Les négociations qui ont suivi ont permis au Tchad d’obtenir quelques concessions.|Charles Atangana(AEM)
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