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C’est ainsi que des hommes ayant la faveur du président et n’ayant aucune notion de rigueur de gestion furent nommés à la tête des entreprises d’état, sans aucun contrôle de l’état actionnaire majoritaire. Le plus grave est qu’une fois les malversations et détournements connus, l’état n’engagera aucunes poursuites contre ces gestionnaires véreux.
De l’avis de tous les observateurs du mobutisme, la « zaïrianisation » a constitué un des évènements les plus importants de la période mobutiste. Il s’agissait, au fait, de la nationalisation progressive des biens commerciaux et des propriétés foncières qui appartenaient à des ressortissants ou groupes financiers et industriels étrangers.
En réalité, si cette mesure s’inscrivait officiellement dans un effort visant à la réappropriation nationale de l’économie ainsi qu’à la redistribution des richesses acquises pendant la colonisation, elle a constitué le plus cuisant échec du mobutisme en matière économique.
Car on a nationalisé au profit des hommes du président, qui se sont précipités dans des dépenses de prestige en oubliant qu’ils tuaient ainsi la poule aux œufs d’or. Cette politique eut pour conséquence de freiner les investissements étrangers au Zaïre. La brutalité avec laquelle cette opération a été menée à favorisé la paupérisation économique et sociale de l’immense Zaïre.
Ainsi, la corruption s’installe et l’inflation galope pendant que les cours du cuivre baissent sur le marché international et que les cours du pétrole flambent, pour mettre le pays à genoux. La mise à disposition de fonds commerciaux et de patrimoines économiques a également constitué un relais de clientélisme entretenu par le pouvoir mobutiste. Car c’est le clan entourant le chef de l’état qui a bénéficié des nationalisations, dont les vrais propriétaires n’ont jamais été indemnisés dans la plupart des cas.
« Ivoirité », « Zaïrianité » ou « Congolité »
L’« ivoirité », est un concept de redéfinition de la nationalité ivoirienne, sur des bases de relent nationaliste et d’exclusion de ceux qui ne sont pas des Ivoiriens de souche. À l’image de la préférence nationale dans l’extrême droite française. C’est un concept débile qui a fait beaucoup de mal au corps social de la Côte d’Ivoire. Il a été inventé et introduit en politique par les houphouëtistes, avec l’ancien président Henri Konan Bédié en tête,
dans le but de barrer la route au Dr Allassane Dramane Ouattara. Le but de cette manœuvre sordide était de permettre à ces gens qui n’ont aucun sens de l’état, ces houphouëtistes du dimanche, dont la culture de gestion laisse à désirer d’asseoir un droit de propriété sur la Côte d’Ivoire.
C’est le germe de l’« ivoirité » qui a détruit le vivre ensemble et dressé les Ivoiriens les uns contre les autres. Un pays ne peut pas renier une partie de sa population sans se renier lui-même. Toutes les tentatives pour aller dans le sens de l’« ivoirité » fragilisent et exposent le pays à de profonds bouleversements qui seront dommageables pour tous les Ivoiriens.
Le mot « zaïrianité » qui deviendra « congolité », est apparu dans les journaux kinois pendant la grogne contre le premier ministre, Léon Kengo Wa Dondo, qui n’hésitait pas à faire des coupes sombres dans les chapitres sociaux du budget de l’état, pour honorer le service de la dette extérieure du Zaïre afin d’obtenir de nouveaux crédits.
Beaucoup de Zaïrois n’hésitaient à dire que s’il était un vrai fils du Zaïre, il n’aurait pas fait un tel choix sans état d’âmes. Homme de rigueur, il refusait de payer les bourses des étudiants, le dos au mur face aux caisses vides de l’état. De son vrai nom Léon Lubiecz, son père était un Polonais et sa mère une Congolaise d’origine tutsie.
Ses origines tutsies lui valurent la méfiance de certains partisans de Mobutu, étant donné que Kabila et ses rebelles étaient alliés aux gouvernements tutsis du Rwanda et du Burundi. Le 11 mai 2007, Kengo a été élu président du Sénat de la RDC devenant, de ce fait, la deuxième personnalité politique de la République démocratique du Congo.
La « congolité » est une expression qui désigne celui qui est Congolais de père et de mère. Ce mot est devenu une doctrine sur la scène politique congolaise quand le candidat à l’élection présidentielle, le très mobutiste, Jean-Pierre Bemba, avait brandi sa « congolité » sous le slogan de « Mwanda Mboka » ce qui veut dire, l’enfant du pays. Pour demander à son adversaire politique Joseph Kabila Kabangé dont la mère est tutsi de prouver sa « congolité », en d’autres termes son appartenance au Congo. C’est ce qui donnera le slogan « 100% congolais ».
L’« ivoirité », la « zaïrianité » ou « congolité », nous donnent des leçons pour l’avenir de nos pays fragiles et fragilisés par l’histoire. À notre avis l’« ivoirité » et la « congolité », ne sont pas des critères de compétence, Mobutu était un Zairois de père et de mère, qu’a- t-il donc fait de l’exercice du pouvoir politique dans sont pays ? Henri Konan Bédié, l’inventeur de l’« ivoirité » en politique, n’est rien d’autre qu’un petit jouisseur qui, entre son champagne et ses cigares, a perdu le pouvoir assis dans sa propre ivresse.
Les mots « ivoirité » et la « congolité », dans leur utilisation actuelle, sont aujourd’hui des concepts politiques qui ne suffisent pas pour gérer un pays aussi vaste que la RDC ou un pays aussi imbriqué que la Côte d’Ivoire. Ils nous renvoient à une idéologie identitaire aux contours nébuleux et dangereux pour la cohésion et l’harmonie des pays fragiles comme la Côte d’Ivoire et l’ancien Zaïre aujourd’hui la RDC.
Ce que les Ivoiriens et les Congolais attendent des candidats à la présidence de la République, ce n’est plus faire comme Mobutu et Houphouët-Boigny, qui avaient tourné le dos aux intérêts de leur pays. Ils attendent leur sens de l’État, leurs projets politiques, leur capacité à défendre l’indépendance de la nation, à défendre sans faiblesse les intérêts nationaux et surtout à sortir leur pays du marasme économique et social.
Comment restaurer l’état de droit après des années d’houphouëtisme et de mobutisme ? Comment restaurer la paix et la sécurité ? Comment restaurer les voies de communication, assurer la santé de nos populations et éduquer nos enfants en réorganisant l’enseignement ? Comment remettre ces deux pays au travail avec pour objectif d’organiser leurs propres activités de production dans le but de satisfaire leur propres besoins de se nourrir, de se loger et de se former pour vivre dignement chez eux en faisant face à un monde hostile qui ne pardonne pas aux faibles d’être défaillants ? telles sont les questions auxquelles les responsables politiques de Côte d’Ivoire et de la RDC sont appelés à répondre rapidement.
Il faut absolument sortir de ces diversions. L’« ivoirité » et la « congolité » sont des concepts qui masquent des buts inavoués, c’est de la manipulation et surtout des formes d’intoxication pour que certains s’approprient l’exercice du pouvoir politique contre d’autres. Cela est fondamentalement dangereux, intolérable pour le vivre ensemble et pour l’équilibre de la nation.|Dr Serge-Nicolas Nzi*Lire la suite>>>>
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