|
Parmi les hauts faits de ce confrère, l’on se souviendra à jamais de son reportage mémorable dans les maquis de Cabinda, dans les années 60, qui avait révélé à l’opinion angolaise et internationale l’existence des autres acteurs de la lutte pour la libération de l’Angola. Intitulé « Les sept jours de Sam Luval dans les maquis de Cabinda » et publié dans « Le courrier d’Afrique », cet article avait réussi à démontrer que le GRAE (Gouvernement Révolutionnaire de l’Angola en Exil), constitué par le FNLA, n’était pas seul sur ce terrain. En effet, régnant en maître quasi absolu à Kinshasa, en cette lointaine année 1967, le GRAE, jouissait de la reconnaissance exclusive de l’OUA. Et c’est l’article précité qui amènera l’OUA à un positionnement plus équilibré vis-à -vis des principaux mouvements nationalistes de l’époque.
L’Angola devenu indépendant en 1975, Sam Luval va intégrer l’Angop, d’abord en sa rédaction extérieure, ensuite à la direction du Centre de Formation Professionnelle où il va offrir, dans les années 80, la découverte et l’immersion dans le journalisme à toute une génération de jeunes Angolais. Beaucoup parmi eux occupent aujourd’hui des postes de hautes responsabilités à l’Angop ainsi que dans d’autres agences de presse et même dans la diplomatie.
Sam Luval a d’ailleurs fait une incursion dans cet univers avec quelques
années à l’ambassade d’Angola à Kinshasa, avant de revenir à ses premières
amours.
Pour l’avoir connu, fréquenté et pour avoir partagé des années de profession avec le regretté, je me souviens d’un confrère minutieux, pédagogue, passionné, désintéressé, direct, avide de la transparence et amateur indécrottable des belles lettres. Kinois de coeur, Sam Luval adorait l’environnement anthropologique de Kinshasa, avec ses excès et sa gaieté. Physique élégant, teint noir d’ébène, fascinant danseur, fan de Franco et de l’orchestre « OK Jazz », Sam Luval ne reniait pas un bon verre partagé avec des amis uniquement quand ça l’était avec joie et modération. Pas étonnant, car l’homme était un catholique très pratiquant, intransigeant face à la corruption, la promiscuité, le fouillis et la dégradation des mÅ“urs.
En nous tournant définitivement les talons, Sam ne nous tourne pas le dos mais veut nous entraîner dans la voie d’un journalisme qui affranchit celui qui le pratique afin de libérer les consciences et de mobiliser les énergies dans son pays de sang l’Angola et dans celui de son cÅ“ur la RDC dont il venait de narrer à Luanda les dernières évolutions géopolitiques avec un optimisme contagieux. Pas besoin de passer par un notaire pour connaître l’héritage qu’il laisse et comment le repartir. Fructifier ce legs est le seul et le plus bel hommage qu’on peut lui rendre.
Adeus Amigo, confrade e Guia… !
| Siona Casimiro, Père MaurÃcio Camuto avec la rédaction d’AEM
À LIRE ÉGALEMENT SUR
Digitalcongo.net>>>>
Africatime.com>>>>
|