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Monsieur le Procureur de la République,
Je viens, par la présente, déposer une plainte contre Monsieur Bababaswe Zacharie pour atteinte à mon honneur, calomnie, injures publiques contre ma famille, propos xénophobes, incitation à la haine raciale, utilisation abusive du nom du président de la République et des autorités de l’Etat à des fins subversives et, enfin, pour atteinte à la liberté d’opinion.
En effet, lors du concert du chanteur Ngiama Werrason au Zénith à Paris, Bababaswe, qui devait animer la soirée, fut fortement conspué au point de ne pouvoir le faire obligeant le chanteur à faire appel à moi pour le remplacer en catastrophe. Plus tard dans la soirée, lors d’un moment consacré à la guerre au Nord-Kivu, quand Werrason tenta de le faire venir sur scène son nom fut encore conspué malgré ma tentative également de demander la tolérance et la courtoise du public envers ce compatriote.
Mais à son retour à Kinshasa, Bababaswe Zacharie s’exprima sur plusieurs chaînes de télévision m’accusant d’être à l’origine de ce comportement hostile prétendant que je lui en voulais à cause de son soutien au président de la République car, ajouta-t-il, je travaillerais pour l’opposition. Il m’accusa également d’avoir une double identité. Il a soutenu également que c’est lui qui m’avait amené en Europe et aidé à obtenir mes papiers. Il tint également des propos offensants contre ma famille.
Pour remettre les choses à leur place, je fis diffuser un enregistrement vidéo dans lequel j’ai répondu à chacune de ses attaques. Dans ce document, j’ai repris notamment des images sur lesquelles il affirme que le président Kabila ne va pas améliorer la situation du pays car il est venu s’enrichir comme les autres. Aussi qu’il ne le soutient pas mais qu’il cherche seulement à récupérer sa part du gâteau.
Je porte, Ã cet effet, plainte pour :
1. Atteinte à mon honneur et tentative d’obstruction à l’exercice de mon métier : L’exercice du métier de journaliste requiert de l’honorabilité. Or, en me faisant passer pour un intrigant, pour un ingrat, pour un faussaire à la double identité, ce monsieur cherche ouvertement à casser ma carrière en me dépouillant de toute ma crédibilité. En m’accusant d’avoir des accointances avec l’opposition dans un contexte sensible pour notre pays, il voudrait aussi dissuader les gens à travailler avec moi ou à m’accorder des interviews en toute confiance.
2. Calomnie : Sciemment et dans la le but manifeste de me nuire, Monsieur Bababaswe Zacharie m’a attribué publiquement, sur des médias de grande écoute, des propos que je n’ai jamais tenus et des actes que je n’ai jamais posés.
3. Injures publiques contre ma famille : Monsieur Bababaswe Zacharie ne s’est pas contenté de ses attaques à mon égard, il a également tenu des propos méprisants, diffamants et mensongers à l’égard de ma famille en relevant notre condition modeste et en nous niant des origines congolaises. Ces propos et attaques ont affecté mon père au point de faire une crise d’hypertension et de grosses inquiétudes l’amenant jusqu’à des épisodes de pertes de mémoire qu’il n’avait jamais eues auparavant.
4. Propos xénophobes : Dans l’une de ses déclarations, Monsieur Bababaswe Zacharie m’a demandé de ne m’occuper que de la France parce que je suis de nationalité française. Si la loi distingue bien les droits des nationaux et ceux des étrangers, il ne me semble pas que la RDC dénie aux étrangers ou à ses fils ayant acquis une autre nationalité tout droit de s’intéresser à son évolution ou d’investir sur les plans intellectuel, culturel, social ou économique.
5. Incitation à la haine raciale : Dans le contexte de la guerre au Nord-est de la RDC, avec cette sensible question des origines discutables de certains protagonistes, m’attribuer des origines rwandaises est une sorte d’appel à la chasse à l’homme en me rangeant dans le camp de ceux qui sont considérés comme les agresseurs des Congolais. Cela ne fait l’ombre d’aucun doute car on ne peut voir aucun lien logique entre le « contentieux » qui nous opposerait et mes origines qu’elles soient congolaises, rwandaises ou françaises.
6. Utilisation abusive du nom du président de la République et des autorités : Pour des faits qui se sont passés lors d’un concert de musique, Monsieur Bababaswe Zacharie a choisi de mettre en avant à Kinshasa ses liens supposés avec le président de la République. Or le public présent ce jour-là dans la salle savait pertinemment bien que le chanteur Werrason avait également chanté pour le président Kabila mais il ne lui en a pas tenu rigueur. Cette utilisation abusive du nom des autorités dans le but de nuire me semble tomber sous le coup d’usurpation de qualité donc passible d’une condamnation.
7. Enfin, en mettant en cause systématiquement l’opposition en faisant un amalgame avec des activistes coupables d’agressions physiques dans les villes européennes, Monsieur Bababaswe Zacharie caricature l’opposition et, d’une certaine manière, lui dénie le droit d’exister et s’attaque alors à la liberté d’opinion.
Pour toutes ces raisons et vu la gravité des faits, je sollicite un traitement urgent de ma plainte.
Kambala Yves
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