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Gabon/Présidentielle : Un boulevard s’ouvre devant Ali Ben Bongo
mardi 7 juillet 2009 Botowamungu Kalome (AEM)
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Ali Ben Bongo, ministre de la défense, est officiellement candidat à la présidence de la République.

Un mois après le décès en Espagne du président Omar Bongo, l’horizon semble se dégager au sujet de sa succession à la tête de la République du Gabon : son fils Ali Ben Bongo, ministre de la défense, est officiellement candidat à la présidence de la République. Ce dernier s’est, en effet, porté candidat pour diriger le Parti démocratique gabonais (PDG), ce qui ferait de lui le candidat de ce parti à la présidentielle s’il était adoubé par les instances du parti. Comme adversaires, Ali Ben Bongo affrontera sept autres candidats parmi lesquels le Premier ministre Jean Eyéghé Ndong. Pascal Toungui, ministre des affaires étrangères et Pascaline Bongo, directrice de cabinet du défunt Omar Bongo, pressentis un temps comme présidentiables n’ont pas déposé de candidature, ce qui donne à croire que la famille et le clan politique d’Omar Bongo ont choisi le fils du défunt chef de l’État pour lui succéder.


Suite à la disparition de son chef naturel qui était reconduit systématiquement sans affronter un seul adversaire, des vocations ont vu le jour : Stéphane Eloko Boussiéngué, Sany Megwazep, Daniel Ona Ondo, Senturel Ngoma Madoungou, Casimir Oyé Mba, Christian Raphaël Ngondjout, Thierry D’Argendieu Kombila, Christiane Bitougat et les deux candidats précités se disputent la tête du PDG. Pour l’emporter, ces candidats ont été auditionnés, trente minutes chacun, lundi 6 juillet dernier, par le comité permanent du bureau politique et le comité de concertation. Le nouveau président sera connu ce mercredi après une délibération des instances dirigeantes prévue aujourd’hui mardi. Pour couronner le tout, un congrès du parti est prévu à la fin du mois de juillet pour investir officiellement l’heureux « Ã©lu ».

Même s’il serait irresponsable de donner l’opposition déjà perdante pour le scrutin présidentiel, il est clair que le PDG part avec des longueurs d’avance pour des raisons suivantes : pendant le règne de Bongo, ce parti a amassé suffisamment d’argent qui est le nerf de la guerre ; il dispose d’un appareil politique déjà rodé ; enfin son candidat symboliserait la garantie de la paix et d’une certaine stabilité, sans compter l’aura et la crédibilité que confèrent le fait d’avoir été aux responsabilités. À contrario, le régime Bongo a un tel passif politique, social et moral que l’avénement de l’opposition représente une nécessité vitale pour une bonne partie de la population. Sans oublier l’image gênante d’une royauté qui ne dit pas son nom que renverrait à l’opinion internationale la succession du père par le fils. À cette réserve, certains répondent qu’il serait injuste et antidémocratique de dénier à Ali Ben Bongo le droit de prétendre, comme n’importe quel Gabonais, à la magistrature suprême du seul fait de sa filiation...

Au delà des personnalités en lice, la seule question qui vaille est celle de savoir qu’est-ce que les uns et les autres vont proposer aux Gabonais : La continuité ? La rupture ? Un lifting qui privilégierait le style à l’action réelle ? Ou encore juste un renouvellement de la classe dirigeante sans toucher aux moeurs contreproductives qui n’ont pas préparé efficacement le Gabon à l’après boom pétrolier ? Une chose est sûre : le Gabon aborde un important virage de son histoire, peu importe finalement qui serait à la barre, ce qui va compter c’est la feuille de route que tout le pays s’imposera et les moyens qu’il se donnera pour l’imposer à tous indistinctement et pour la respecter scrupuleusement.|Botowamungu Kalome (AEM)

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