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Angola : Le Général Fernando Garcia Miala restera en prison
jeudi 23 juillet 2009 Jossart Muanza(AEM)
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Le général Miala, sur cette photo avec son épouse, qui avait également été interpellée dans le cadre de la même affaire, et leur fille Lwyana Miala qui avait dénoncé publiquement la mise en détention de ses parents la qualifiant d’« injustifiée ».

Des rumeurs ont annoncé sa libération et l’apparition le lundi 13 juillet à Luanda du Général Fernando Garcia Miala l’a également laissé espérer. Il n’en est rien, cet officier reste détenu à la prison centrale de Viana, localité située à 43 km de la capitale. L’ex-directeur des services de renseignements extérieurs angolais était à Luanda juste pour répondre à une convocation du parquet avant de regagner aussitôt sa cellule.


Le Général emprisonné l’a précisé lui-même à sa sortie de l’audience avec João Cunha Caetano, le sous-procureur de la République : « C’était seulement pour clarifier certaines questions administratives. La libération conditionnelle est, certes, à l’ordre du jour mais elle ne devrait pas avoir lieu aujourd’hui ». Information confirmée par le Bureau du procureur général. Pour l’opinion, cette convocation, et surtout le fait que le général ait pu s’adresser librement à la presse, présage la mise en liberté conditionnelle de l’intéressé qui a déjà purgé la moitié de sa peine . Cette mesure serait toutefois assortie d’une condition : « La restitution de biens publics » recensés par le procureur général de la République : une concession (domaine agricole), un terrain situé sur la presqu’île de Luanda, des véhicules et des téléphones portables. Pour le journaliste angolais Ismael Mateus, il s’agit simplement « d’un acharnement judiciaire. »

Pour rappel, Fernando Garcia Miala a été condamné en 2007 à 4 ans de prison par le tribunal suprême militaire à l’issue d’un procès pour « insubordination ». Limogé en février 2006, il avait été placé en résidence surveillée jusqu’à son arrestation le 13 juillet 2007 à Luanda. Dans un premier temps, il était accusé d’une « conspiration » visant à renverser le régime du président José Eduardo Dos Santos dont il était, jusqu’à sa destitution, l’un des plus proches collaborateurs. |Jossart Muanza (AEM)

Rappel des faits
Fernando Garcia Miala a été aux côtés de José Eduardo Dos Santos, depuis son arrivée au pouvoir en 1979, comme chef opérationnel des renseignements militaires. Devenu plus tard le patron du service de renseignement extérieur, c’est avec la bénédiction de José Eduardo Dos Santos, qu’il crée et dirige une Fondation d’aide aux enfants orphelins de la guerre. Selon certaines sources, au cours de la seconde moitié de l’année 2005, le chef de l’État angolais aurait laissé entendre au général Miala qu’il pouvait prétendre lui succéder. Il lui aurait même demandé de moderniser les services de sécurité. Il voulait probablement lui faire faire passer un test…
Apparemment, le général Miala aurait imprudemment parlé de ses ambitions présidentielles à des collègues des services secrets étrangers. Homme de l’ombre en tant que chef d’un service de renseignement, Miala était devenu trop visible et très populaire. Il avait multiplié, en effet, les apparitions en public en tant que président de cette fondation d’aide aux enfants orphelins de la guerre.
À son limogeage, aucune explication n’a été donnée, mais Dos Santos avait mis sur pied une commission d’enquête. Conclusion : deux mois plus tard, le général Miala avait créé des réseaux illégaux d’espionnage et mené des investigations secrètes, non autorisées, contre des membres du gouvernement.
Selon Maître Philippe Missamou, l’un de ses avocats de la défense, le général Miala affirmait être victime d’un « règlement de comptes et d’un complot politique, visant à l’écarter des sphères du pouvoir ».
Les autorités militaires angolaises accusent le général Miala de « crime d’insubordination », car il a refusé de se présenter devant l’état-major des forces armées, lors d’une cérémonie officielle visant le retrait de ses galons. Trois autres officiers, qui avaient des responsabilités au sein des Services de l’intelligence extérieure angolaise, sont également détenus.
RFI
 

 
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