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« Les autorités angolaises entendent, en effet, lutter pour asseoir la légitimité et la crédibilité politique du gouvernement congolais sur toute l’étendue du pays » a indiqué Hillary Clinton au sortir de son entretien de 45 minutes avec le chef de l’État angolais, d’après une note du Département d’État américain. La RDC « a besoin d’une armée bien payée et entraînée, qui protègera la population, et n’éprouvera pas le besoin de se nourrir sur son dos », a estimé Mme Clinton. Des retards de soldes et l’indiscipline seraient à la base des pillages et des exactions reprochés aux soldats congolais dont les troupes souffrent aussi d’une logistique défaillante.
La question d’une économie criminelle qui s’est développée avec la guerre a été également évoquée lors de cette rencontre selon la chef de la diplomatie américaine : « Le trafic de minerais dans l’est de la RDC est une affaire juteuse pour certains groupes, d’où la nécessité pour les USA, le Royaume Uni, la France tout comme le Rwanda de se concerter et et de conujuguer leurs efforts pour mettre fin à cette exploitation illicite de ressources minières dont les recettes servent au financement de ces milices à l’origine du conflit » a-t-il affirmé.
L’instabilité au Congo affecte la situation régionale
Pour le président angolais, l’instabilité en RDC affecte également l’Angola, les deux pays partageant une frontière commune de 2.600 kilomètres, en ce sens que les conflits dans l’un ou l’autre pays débordent et créent de sérieux problèmes chez le voisin, raison pour laquelle son gouvernement soutient la démarche de la secrétaire d’État américaine.
En République démocratique du Congo où elle s’est rendue par la suite, outre la ville de Kinshasa, la secrétaire d’État américaine a visité, mardi, la ville de Goma dans le Nord-Kivu, épicentre d’un conflit armé qui dure depuis maintenant plus d’une décennie. Cette ville est située à 1’500 km de Kinshasa, près de la frontière avec le Rwanda. C’est d’ailleurs là qu’elle s’est entretenue avec le Chef de l’État congolais Joseph Kabila avec qui elle a déclaré avoir eu « une discussion franche » sur la question des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre contre les femmes de cette région par des milices armées mais également par des soldats de l’armée régulière.
17 millions de dollars pour s’attaquer aux violences sexuelles et pour soigner ses victimes
Hillary Clinton a ainsi demandé à Joseph Kabila de faire arrêter et condamner les officiers et militaires des FARDC responsables de ce type d’exactions. « Nous pensons qu’il ne devrait pas y avoir d’impunité pour les crimes sexuels (...), qu’il doit y avoir des arrestations, des poursuites et des condamnations . » Elle a par ailleurs annoncé un financement de 17 millions de dollars américains pour aider à combattre les violences sexuelles. Cet argent, qui sera redistribué aux ONG locales, servira à la formation de femmes policiers, et à l’aide médicale et psychologique pour quelque 10.000 victimes.
Selon l’ONU, au moins 200.000 femmes ont été violées depuis 1996, près de 3.500 depuis janvier, dans l’est de la RDC ravagé par cinq années de guerre régionale (1998-2003) et de guerre civile (2004-2009). Après son séjour de quelques heures à l’est où elle a également visité un camp des réfugiés, la secrétaire d’État s’est envolée en fin d’après-midi pour Kinshasa, qu’elle devait quitter en début de soirée pour le Nigeria, cinquième étape de son périple africain.
La visite de Mme Clinton coïncide avec la reprise des relations diplomatiques entre la RDC et le Rwanda, entérinée jeudi à Goma lors d’une rencontre inédite entre Kabila et Kagamé. | Jossart Muanza (AEM)
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