|
« Bon retour au pays, Zeka » pouvait-on lire sur une affiche collée sur un autocar du NPD qui appelait par ailleurs ses membres à convaincre Schall et à l’encourager à regagner l’Angola. L’intéressé s’est dit choqué par cette action du NPD et la police n’a pas minimisé ces menaces : « Nous prenons la menace très au sérieux », a déclaré le chef de la police locale reconnaissant le risque d’agressions contre le militant.
« Ces attaques m’ont surpris parce que, au début de l’année déjà , des pancartes étaient sur tous les coins de rue d’Hildburghausen où se tenaient des élections locales » a déclaré Schall sur Deutsche Welle. Schall est chargé des questions de l’immigration et du multiculturalisme pour la CDU dans l’État de Thuringe.
M. Schall, qui vit en Thuringe depuis 1988 et qui jouit de la nationalité allemande, figure sur des affiches électorales de la CDU aux côtés du chef du gouvernement régional de Thuringe, Dieter Althaus, dans la perspective des élections régionales dans ce Land le 30 août. La fédération régionale de la CDU à Thuringe a porté plainte contre le NPD pour « incitation à la haine raciale » et Schall « pour insultes. »
Le fait d’une minorité
Ces menaces seraient le fait d’une minorité car Schall a reçu de nombreux messages de soutien sur le site Internet de la CDU régionale. Les agressions racistes sont fréquentes en ex-RDA, où l’extrême droite est bien implantée. C’est un phénomène qui n’a jamais pu être endigué depuis la Réunification en 1990. Le NDP compte près de 500 membres dans l’État de Thuringe et 7’000 au niveau national, et selon l’agence pour la protection de la Constitution allemande, ce parti serait affaibli à cause de luttes internes.
L’action de ce parti a relancé le débat sur la possibilité de déclarer illégal cette formation politique que l’agence décrit comme un parti « raciste », « anti-sémite » et « révisionniste », une mesure qui, il convient de le souligner, nécessite le vote de la majorité au Parlement. En 2003, une première mesure du genre avait été proposée à l’encontre du NPD mais la majorité des voix requise n’avait pu être réunie.
Au journal Der Spiegel, Schall a indiqué qu’un véhicule du NPD avec plusieurs dizaines extrêmistes à son bord munis de mégaphones était dernièrement stationné devant son domicile. « Mais la police les a dispersés ». Schall, pour sa part, s’est dit déterminé à poursuivre sa campagne en dépit de ces menaces ajoutant qu’il est hors de question pour lui de quitter l’Allemagne.
Pour le leader du NPD à Erfurt, capitale de l’État de Thuringe, il ne s’agit pas d’une campagne dirigée contre M. Schall. « Il s’avère que beaucoup de nos concitoyens ne veulent pas voir des étrangers se mêler de notre politique, car ils n’ont aucun mot à dire », a-t-il indiqué dans une récente déclaration sur CNN.|Jossart Muanza (AEM)
À LIRE ÉGALEMENT SUR
Starducongo.com>>>>
|