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L’on ne saura jamais s’il fut un politique au sein de l’église ou plutôt un prélat engagé sur le terrain politique. En tout cas, le Congolais Malula a mené au sein de l’église catholique un combat qui peut être compris comme celui de l’émancipation de l’église catholique congolaise qui, sans rejeter l’unité de la foi catholique, devait se construire une identité qui corresponde à ses codes sociologiques et qui épouse la courbe de l’émancipation du peuple congolais commencée avec la lutte pour l’indépendance politique. C’est ainsi que, lors de son homélie le jour de son sacre comme évêque, il va lancer l’idée d’ « église congolaise dans un État congolais ». Et quand, en juillet 1974, il crée la Maison des SÅ“urs de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, les postulantes vont porter une camisole et des pagnes plutôt que les traditionnelles voiles et soutanes. Au-delà de ces signes extérieurs, Joseph Malula a réussi à obtenir du Vatican l’instauration du « rite zaïrois de la messe » célébré en langue nationale (lingala) et agrémenté des tam-tams, xylophones, likembe, ngongi… en lieu et place des chants grégoriens. Beaucoup se rappellent encore de sa mémorable déclaration au concile Vatican II : « Hier les missionnaires étrangers ont christianisé l’Afrique, aujourd’hui les Négro-africains vont africaniser le christianisme ».
L’empêcheur de tourner en rond
Bien avant que l’on évoque la théologie de la libération en Amérique du Sud notamment, Joseph Malula se préoccupait tout autant du salut des âmes que de la libération politique des Congolais. En 1956, il cosignera, avec des intellectuels et politiques congolais, le « Manifeste de la conscience noire » pour dénoncer le colonialisme et exiger l’indépendance du Congo. Quand en 1972, le président Mobutu lance sa politique de recours à l’authenticité et la fameuse « zaïrianisation », l’évêque réagit et part en exil au Saint siège.
Pour rappel, Malula, né le 17 décembre 1917 à Kinshasa, est entré, en 1931, au Petit séminaire de Mbata-Kiela au Mayumbe puis au Grand séminaire de Kabwe au Kasaï avant d’être consacré prêtre le 9 juin 1946, au stade reine Astrid (devenu stade Cardinal Malula). Le jeune prêtre sera alors affecté successivement comme Professeur au Petit Séminaire de Bokoro au Mai-Ndombe, Vicaire, puis Curé à la Paroisse Saint Pierre et à celle de Christ-Roi. Le 22 septembre 1959, il devient évêque auxiliaire puis archevêque de Kinshasa en 1964. En 1969, Rome va l’élever au rang de cardinal. Cette vie dense et engagée s’est arrêtée, un 14 juin 1989, sur un lit des Cliniques universitaires de Louvain en Belgique.|Botowamungu Kalome (AEM)
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