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Jean Serge Essous est né en 1935 à Brazzaville. De l’école officielle de Poto-Poto, il passe au collège de Dolisie. De retour à Brazzaville, il est admis à l’école technique professionnelle (aujourd’hui Lycée du 1er Mai). Il adore les maths, ce qui lui vaudra la formation d’électricien. Il n’a donc pas beaucoup de peine a exercer ce métier en 1952 et 1953 à « IBM-France » (une des premières sociétés de mécanographie installée à Brazzaville) où il rencontre Marie Isidore Diaboua et Jacques Pella « Lamontha » deux grands mécanographes, mais également des musiciens de ballet. Et comme les musiciens l’attiraient toujours, Essous tint à tout prix à être des leurs avant de s’initier à la flûte.
C’est donc grâce à Marie Isidore Diaboua que Jean Serge Essous fréquenta, à partir de 1951, Les Ballets Diaboua (à l’époque Ballet « Kongo dia Ntotela ») en compagnie de Liberlin de Shoriba Diop, Jacques Pella « Lamontha », Albert Loubelo « Beaufort », Mboto Jocker, Yves Mpoua et tant d’autres. Les actions du groupe traditionnel entrent en perpétuelle mutation. C’est ainsi que le mouvement des ballets était né au Congo.
Janvier 1952. Diaboua toujours soucieux de l’éclosion des nouveaux talents apporte un sang nouveau à son Å“uvre, par la création d’une nouvelle formation musicale moderne « C.D.J. » (Les compagnons de joie). Cette formation fit appel à des chanteurs, percussionnistes, sansistes, mais surtout aux flûtistes : Essous, Pella « Lamontha » et Mboto« Jocker » qui constituaient le trio de choc. Le CDJ aura surtout le mérite de graver son premier disque en 1953 aux éditions CEFA de Léopoldville. : « Kinialala tsula » et « Z’entendis la nuit »
1954. C’est encore Marie Isidore Diaboua qui donne l’occasion à Jean Serge Essous de passer de la flûte à la clarinette. En très peu de temps Essous maîtrise déjà si bien la clarinette que plusieurs groupes se mirent à le solliciter. Il choisira le Negro Jazz dont il fera partie sous la direction du guitariste Joseph Kaba et avec qui il va effectuer, en Janvier 1955, le voyage à Léopoldville. Voyage au cours duquel Henri Bowane (ce grand impresario, de père congolais de Brazzaville-Sibiti- et de mère congolaise de Kinshasa-Mbandaka -) assure donc au Negro Jazz la gloire au Parc de Boeck et au grand dancing kinois « Air France ». Essous va y faire scintiller les nombreuses facettes de son art.
En 1956, Essous devient un des musiciens des éditions Loningisa qu’on ne présente plus. Son départ du Negro Jazz, au cours de l’année 1955, le place parmi les grands requins de studio qui, avec Luambo Makiadi Franco et Lando « Rossignol », vont travailler sur la recherche des sensibilités musicales dans le cadre d’un groupe expérimental basé dans le célèbre bar-dancing OK BAR de son propriétaire Oscar Kashama, lequel donne naissance, le 6 juin 1956, à la formation OK Jazz. Essous en sera le chef d’orchestre dirigeant Luambo « Franco », Lando « Rossignol », Longomba « Vicky », Loubelo « De la lune », Saturnin Pandi et Bosuma « Dessoin » (pour ne pas citer Diaboua, Pella « Lamontha », Liberlin De Shoriba Diop, percussionnistes aux éditions Loningisa et qui ont pris une part active à la création de l’OK Jazz)
Décembre 1956, le travail d’Henri Bowane aux éditions Loningisa ne correspond plus à ses conceptions. Il pense qu’Essous, Lando Rossignol, Saturnin Pandi, Nino Malapet sont les musiciens qui ont produit sur lui la plus forte impression, à tel point qu’ils éprouvent, en 1957, la naissance de l’orchestre Rock-A-Mambo au sein des nouvelles éditions Esengo. Le Rock-A-Mambo évoque notamment l’interprétation des rythmes afro-cubains. Une grande ouverture sur l’Amérique latine dont il avait réservé à l’espagnol une place importante dans les compositions. En effet, si le cha cha cha est né à Cuba en 1951 de son inventeur Enrique Jorrin, au Congo et en 1957, c’est à Jean Serge Essous que nous devons les toutes premières interprétations : « Baila » et « Sérénade sentimentale » dont la sensation, à cette époque, était proche du vertige.
1959, Essous quitte le Rock-A-Mambo, avec lui Saturnin Pandi, à la faveur de la naissance, le 15 Août 1959, de l’Orchestre Bantous. Essous en assure la direction jusqu’au 11 Août 1966 avant de passer le relais à Nino Malapet, précisément à Dakar, après le Festival mondial des arts nègres. Ici commence son grand parcours aux Antilles avec le Rico Jazz, où il est le premier Congolais à introduire la musique congolaise dans cette partie du monde où régnait plutôt la biguine. Plus tard, Essous va intégrer le groupe African Team de Manu Dibango entre 1969 et 1970.
Le 22 Février 1970, Essous, son épouse antillaise de la Martinique et leur fils né en Martinique sont de retour à Brazzaville. Peu de temps après, il est nommé conseiller artistique à la SOCODI (Société congolaise de disque). Naturellement, il rejoint Les Bantous, avant de repartir en France en septembre 1989 avant de revenir définitivement en 1992 au Congo. Le président Lissouba va le nommer conseiller culturel à son cabinet et en dépit de ses charges, Essous n’abandonne pas pour autant la musique et son orchestre Les Bantous, qui après une période difficile (1997 2005) va se relancer en 2007, grâce aux efforts de Jean Martin Mbemba qui a remis le groupe en activité et l’a propulsé sur la scène internationale : 2007 Festival des musiques Métisses d’Angoulême – 2009 Babel Med Music – Marseille et Olympia Paris.
(African Team). |AEM, avec Clément Ossinonde (correspondance particulière)
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