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RDC : L’ambassadeur Myra Ndjoku tabasse un agent et exhibe une arme à feu
mercredi 20 janvier 2010 Botowamungu Kalome (AEM)
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L’ambassadeur Myra Ndjoku |

Pas de doute, l’ambassade de la République Démocratique du Congo à Paris est loin, très loin de Kinshasa. Trop loin surtout des « bonnes résolutions » de Joseph Kabila notamment de sa politique de « Tolérance zéro » et de sa présumée exigence sur l’exemplarité des cadres. L’ambassadeur Myra Ndjoku, récemment nommé par le président congolais, multiplie des actes sans précédent : le diplomate a tabassé un agent de l’ambassade dans son bureau, il a exhibé une arme à feu en pleine réunion pour rendre crédible sa menace de s’en prendre à ceux qui s’adonneraient à des « fuites d’informations », il vient de remplacer par des « proches » des agents qui ont jusqu’à une trentaine d’années de services sans que ces licenciements déguisés n’aient suivi la procédure adéquate… Sans compter une gestion des demandes de passeport qui frise la concussion.


« Si on était à Kinshasa, je te tirerais des balles dans les jambes ! Des quidams comme toi je leur en faisais voir de toutes les couleurs au pays ». Pour avoir contrarié un des enfants de l’ambassadeur Myra Ndjoku, un employé chargé de sécurité avait reçu cette menace du paternel. Le tort du vigile : avoir appliqué les consignes de l’ambassadeur lui-même qui, lors de la cérémonie du 30 juin, avait demandé que ne puissent accéder à l’espace VIP que des personnes porteuses d’une invitation ad hoc. « Je suis l’enfant de l’ambassadeur, laisse-moi passer. Attends, je vais appeler mon père et tu verras », avait prévenu cet enfant qui a vu, effectivement, son père débouler, rabrouer et menacer l’agent devant des Congolais éberlués. Manifestement sous Joseph Kabila, on est VIP par le sang et conséquemment au dessus des règles.

Le diplomate congolais serait coutumier d’attitudes menaçantes et avait franchi un cap en exhibant une arme à feu en pleine réunion pour démontrer que ces menaces répétées contre ceux qui médiraient sur lui n’étaient pas des paroles en l’air. A plusieurs reprises, Myra Ndjoku avait, en effet, prévenu le personnel de l’ambassade qu’il détenait une arme à feu et qu’il n’hésiterait pas à s’en servir contre ses « ennemis ».

Rigoureux mais avec des méthodes de rue

La délivrance hors-circuit idoine des documents horripile Monsieur l’ambassadeur et c’est tout à son honneur. Sauf lorsqu’il recourt à des procédés pugilistiques. Ainsi, un employé soupçonné d’indélicatesse a été convoqué dans le bureau de l’ambassadeur où ce dernier l’a roué de coups. L’employé, qui n’avait pas rendu le moindre coup, avait quitté le bureau avec, en bonus, la menace de se faire virer s’il ébruitait l’affaire. Le ministère des affaires étrangères prévenu joue à l’autruche s’abstenant d’agir sans le rapport circonstancié de l’agent agressé plutôt que de diligenter une enquête ou de demander des comptes au diplomate.

Des nominations réputées familiales, princières

Myra Ndjoku n’est pas arrivé seul à la tête de l’ambassade, dans ses bagages s’y étaient glissés deux nouveaux responsables que la rumeur présente comme parents l’un d’Olive Lembe Kabila et l’autre du secrétaire général du ministère des affaires étrangères. Une rumeur, peut-être malveillante, mais qui joue en faveur des intéressés que tout le monde craindrait à cause de ces origines familiales présumées. Ce n’est pas tout, l’ambassadeur a débarqué aussi avec sa secrétaire particulière et a embauché sur place un « directeur de cabinet ». Une autre embauche remarquée mais, sans doute la plus surprenante, celle d’un officier supérieur résidant à Paris après avoir « déserté » son poste à Kinshasa. Troublant, car cela accrédite la rumeur selon laquelle il n’avait pas déserté comme beaucoup l’avaient soutenu mais qu’il était en mission pour le pouvoir.

L’ambassade sous la menace de centaines des milliers d’euro d’amendes

Dès sa prise de fonction, Myra Ndjoku avait mis au « chômage technique » plusieurs agents leur demandant d’attendre gentiment chez eux un hypothétique appel pour reprendre leurs postes. Entretemps, l’ambassadeur a recruté sur une base affinitaire car aucun appel à candidatures n’a été lancé. L’une des personnes nouvellement embauchées est même présentée comme son gendre.

Seulement, parmi les agents mis sur la touche, certains travaillaient à l’ambassade depuis des décennies notamment « Mama Moto » trente ans d’ancienneté, Manix vingt-deux ans, Eugénie quinze ans, Ida Luamba cinq ans… Si l’ambassade devrait leur verser des indemnités de départ, cela représenterait une coquette somme. Mais comme Ndjoku a sans doute l’intention de ne pas payer, cela finira sans doute aux Prud’hommes. Où l’on va découvrir que les intéressés travaillaient sans contrat de travail et que l’ambassade n’avait jamais versé les cotisations patronales obligatoires. Ces arriérés de cotisations additionnés aux amendes inévitables et au dédommagement des concernés représenteraient une somme qui amènerait l’ambassade à une situation de cessation de paiement. Évidemment ce n’est pas Ndjoku qui a inauguré l’emploi du personnel non déclaré, mais il sera sans doute celui qui amènera l’État français à sévir et la RDC à casquer.

Le passeport à des prix prohibitifs gonflés par des frais illégaux

Le passeport congolais pour un mineur coûte 216 euro à l’ambassade de Paris contre moins de 150 euro au pays. Sans doute, le passeport le plus cher au monde. Pour arriver à majorer les recettes de la représentation diplomatique, Myra Ndjoku recourt à des artifices plus que limites au niveau légal. Ainsi, l’étape de vérification des papiers attestant de la nationalité congolaise devient payante : 20 euro. Mieux encore, quand un parent demande un passeport pour son enfant mineur, il doit payer 30 euro pour légaliser un document qu’il aura établi lui-même. Ce n’est pas tout, tout Congolais qui demande un passeport, se verra délivrer de force la carte consulaire qui lui coûtera 30 euro. Sans compter 16 euro pour le formulaire de demande. Au total 96 euro dont la perception ressemble à un « racket légalisé ». Tout cela pour un passeport dont l’ambassade est incapable de préciser les délais de délivrance.

Plus surprenant encore, à des Congolais qui attendent leurs passeports depuis deux ans, Myra Ndjoku leur exige de verser de 50 à 150 euro afin… d’actualiser leurs dossiers. Le prétexte utilisé : il manquerait des pièces à ces demandes jugées complètes par son prédécesseur et pour lesquelles l’ambassade avait perçu la totalité des droits. N’importe quel Congolais qui attaquerait cet acte de concussion devant un tribunal administratif gagnera contre l’ambassade qui devra, en plus, lui rembourser les frais de son avocat généralement fixés à 1.000 euro par ce tribunal.

Ndjoku agit au nom de Kabila

L’ambassadeur congolais n’est pas un élu du peuple, ni un diplomate qui aurait bénéficié d’une promotion. C’est un Congolais, membre du Pprd, le parti présidentiel, qui est le choix du seul chef de l’État qui l’a nommé à ce poste au regard de ses compétences, de sa loyauté et du fait qu’il avait le profil pour réaliser le travail que Kabila lui aurait confié en dehors des missions classiques d’un ambassadeur. Or, la guerre fratricide qui mine le Pprd fait que chaque fait et geste de Myra Ndjoku est rapporté instantanément à Joseph Kabila et Evariste Boshab, secrétaire général de ce parti et également président de l’assemblée nationale. Kabila est donc au courant de tous les « exploits » de Myra Ndjoku.|Botowamungu Kalome (AEM)

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