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Dans l’interview qu’il nous a accordée dernièrement, l’intéressé nous retrace brièvement son parcours :
Désiré Kalala
"J’ai commencé la musique étant tout petit déjà à l’école primaire avec mon père qui était directeur d’école et qui dirigeait une chorale. Dans notre quartier il y avait aussi une fanfare des missionnaires qui a fourni des trompettistes dans des grandes formations musicales comme OK JAZZ, Afrisa,Bobongo Stars et bien d’autres. Mais mes parents voyaient d’un mauvais oeil que je fasse partie de cette fanfare malgré ma grande passion pour la musique. Il a fallu attendre mes 18 ans pour, enfin, pouvoir commencer comme chanteur dans un orchestre de quartier à Boma dans le Bas-Congo ( "La Kangonia Stars"). Deux ans après je débarque, à l’Institut de la Gombe en 1983 au sein de l’Orchestre IG STARS qui deviendra ELIGO par la suite.
Je partirai ensuite pour Kananga, ma ville natale, où je je ferai partie successivement des orchestres Les Beaux-gosses, Kamy-Leki, Kamy-Jazz, et La Firenze. De retour à Kinshasa, j’intégre le groupe Exodus ( qui répétait au Centre culturel français à Gombe ) après un crochet à Matadi au sein de l’orchestre Les AS Musica. Après Exodus, j’ai été contacté par un ami (Delo-Bass) pour me joindre à l’équipe Wenge-Musica comme pianiste en 1991. Il faut souligner que partout ailleurs j’étais chanteur 2ème voix. J’ai quitté Wenge-Musica en 1993 en Belgique, et pendant deux ans j’ai fait partie du Groupe Formule 1 et j’ai même été arrangeur du Folk Swede-Swede AC Milan de Bruxelles avant d’intégrer F1..." Je suis arrivé en Suisse en 1996 et me suis converti la même année. J’ai passé tout mon temps à diriger des groupes de louanges dans des assemblées locales, et à ce jour je poursuis ma carrière en parrallèle. Voilà un peu à quoi ressemble mon parcours musical de sa génèse à ce jour.
Se prononçant sur les raisons qui l’ont poussé à prendre une nouvelle orientation, Frère Desy déclare qu’il doit sa motivation à la parole de Dieu qui, souligne-t-il en substance lui" a fait découvrir l’égarement dans sa vie passée, et qui lui a fait comprendre que son salut passait par une réponse positive à l’appel au ministère qui lui a été lancé par le Seigneur Jésus-Christ à travers plusieurs prophéties et paroles de connaissance".
Desiré avec sa compagne Régine Kalala
Il y a-t-il une différence entre la musique dite " mondaine" et la musique chrétienne, et laquelle ?
A cette question, notre ami répond qu’il y a une différence de taille entre les deux tendances. Et d’ajouter : "il s’agit en fait du fond même de la musique pratiquée et de ce qui la motive. La musique mondaine est un gagne-pain pour les uns, et un divertissement pour les autres. Elle est faite pour "les hommes" quelque soit le bien-fondé du message qu’elle peut véhiculer par moment. Mais la musique chrétienne est une recommandation divine,car Dieu a créé l’homme pour que celui-ci puisse L’adorer. Elle est faite pour Dieu seul, qui ne partage sa gloire avec personne".
Son regard, de musicien, sur l’actualité musicale du Congo en particulier et de l’Afrique en général
" Il faut reconnaître que la musique, congolaise tout comme africaine, a beaucoup évolué, et qu’elle est en train de gagner du terrain. Nous le constatons par l’assaut des grandes et mythiques scènes européennes qui, jusque-là , étaient plutôt considérées comme la chasse gardée de l’élite musicale européenne et américaine. Aujourd’hui, le Congolais a démystifié Bercy, Olympia et Zénith, et compte même faire des stades. C’est un pas plus que symbolique, un réel progrès. Le son aussi s’est nettement amélioré grâce à de très grands studios et des arrangeurs et ingénieurs de son de renom. Mais la monotonie persiste, et le système "libanga"(dédicaces) continue à faire régresser notre musique.
Enfin, Désiré Kalala livre ce message à l’intention de ses collègues artistes-musiciens, toutes sensibilités confondues :
"il est plus qu’important que l’on sache donner un sens à ce que l’on fait, tant pour les chrétiens que pour les mondains. En Amérique, on rencontre des chrétiens qui ont fait de la musique mondaine leur gagne-pain ; ils vont à l’église, donnent régulièrement leurs dîmes,participent aux oeuvres caritatives et aux actions humanitaires, et ne s’adonnent pas à la drogue. Pas tous bien sûr. Pourquoi cela ne peut-il pas être le cas pour notre musique dont les aléas sont la concurrence déloyale, les polémiques, les fétiches, la source de débauche, bref, une véritable source de dépravation des moeurs ? Il faut que chacun arrive à se rendre irréprochable dans son job, et que tout ce que nous faisons, chrétiens comme mondains, puisse ne pas provoquer la colère divine. Voilà ce que je peux donner comme message à mes collègues musiciens.
Que mon Dieu les bénisse, et qu’Il bénisse aussi AEM et toute l’équipe qui bosse dur pour nous donner des news du terroir et qui oeuvre pour la promotion de notre culture.
On retrouve également le couple Kalala sur ce cliché de groupe lors d’un concert livré à Epalinges (Lausanne)
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