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Kassav a réedité son exploit devant 50.000 personnes en Angola
mardi 3 mai 2011 Jossart Muanza(AEM)
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Le groupe Kassav, le samedi 23 avril, sur la scène du stade Cidadela à Luanda

Le groupe Kassav a été, le 23 avril dernier, la principale attraction du « Grand festival musical de la nostalgie » au stade Omnisports de la Cidadela de Luanda devant plus de 50.000 spectateurs, pour la cinquième fois. Malgré la pluie torrentielle qui s’est abattue sur la ville et qui a retardé la manifestation de deux heures, la fête s’est prolongée jusqu’au dimanche à 5 heures du matin. En ouverture du bal, les DJ João Reis, Darcy, Kapiro, João Lopes et Manucho Cola ont réchauffé le public avant les prestations qui ont proposé des tubes légendaires des années 80 à 90.


Le chanteur angolais Proletário, 30 ans de carrière, est monté le premier sur scène pour gratifier le public de deux de ses succès d’antan : « Ingratidão » et « Scania 111 ». Et le public le lui rendra plutôt bien... Après lui, c’est Jacinto Tchipa, 54 ans dont 39 consacrés à la musique, qui, sous une pluie d’applaudissements frénétiques, va libérer sa voix pour chanter « Não chores mais mamãzinha, amanhã mesmo voltarei... » avant d’embrayer avec l’incontournable et très célèbre « Cartinha da Saudade », « Olofumbelo », « Ukalalapi » et « Mayé Mayé ». Pour rappel, Jacinto Tchipa qui a commencé sa carrière musicale en 1973, a enregistré, au Portugal, son tout premier album intitulé « África » dans les années 80.

Succédant à Jacinto Tchipa, les Frères Almeida ont enchaîné avec« Amor melaço », « Viola », « Maravilha » et « Cara de pau ». Avant de céder la place à Maya Cool pour interpréter les chansons de Mamborró qui, assis sur une chaise roulante, l’a rejoint sur scène, sans toutefois chanter. Le chanteur rendit alors hommage à son collègue malade, avec « A Belinha Xuxú », « Vovô Samba » et « Guida » qui ont suscité une grande émotion dans la foule. Ensuite, était venu le tour du groupe Africa Negra avec son meneur João Ceria, qui, lui aussi, va communier avec le public et dont la chanson « Aninha » sera la plus applaudie. Invité surprise de la soirée, le « kuduriste » Sebem - qui, en effet, n’était pas annoncé-, fit son apparition accompagné de ses danseurs, pour chanter « Coveiro » et ensuite « Felicidade » le titre qui l’a fait connaître au grand public.

L’ensemble musical Voga, avec à sa tête le chanteur Flay, a accompagné les artistes angolais dans leurs prestations. L’humour a été également au rendez-vous avec le très célèbre Calado Show qui, grâce à des numéros dont il détient le secret, a emballé le public avec ses plaisanteries sur le quotidien des Angolais.

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Le showman Jorge Neto, de l’ensemble Livity, a fait vibrer la salle

À 23 h 14, alors que la pluie a déjà commencé à baisser d’intensité, le groupe Livity fait son entrée. Deux titres vont marquer leur passage : « Rosinha » et « Felicidade ». Avec comme l’un des moments forts, la montée sur scène du très bouillant Yuri da Cunha , à l’invitation de Jorge Neto, le chef de la bande Livity. Le public sera ainsi chauffé à bloc, jusqu’à la fin de ce « Grand festival de la nostalgie ». Pour la fin de cette partie, et avant que le groupe Kassav ne monte sur scène, ce sont les ensembles Tropical Band et Tabanka Jazz qui se sont succédé sur le podium.

Le Kassav pour le bouquet final

Il était 3h du matin quand Kassav est monté sur scène. La bande à Jacob Desvarieux a proposé quelques nouveaux titres, mais aussi, des titres déjà connus qui ont fait vibrer et danser le public présent : « Ayen Pamol », « Se Dam Boujou », « Syé Bwa », « Anbalate », « Rété », « Solei », « Siwo », « Oh Madiana », « Tim tim Bwasec » Un public insatiable, qui ne voulait pas quitter le stade, preuve que ce public a aimé et apprécié la qualité de l’ensemble des spectacles du début à la fin.

Koffi Olomidé absent

Alors qu’il était également attendu à Luanda où il était annoncé plusieurs semaines auparavant, Koffi Olomide a désisté à la dernière minute évoquant des problèmes personnels. Curieusement, il était programmé pour la même date au salon Congo du Grand Hôtel de Kinshasa.

Se confiant à la presse, ils ont déclaré :

Prolétario, chanteur angolais : « J’ai été très honoré d’avoir été invité et d’avoir eu le privilège d’ouvrir le festival. ça été un moment particulier pour moi, je suis heureux de faire partie de cette palette d’artistes pour chanter des chansons qui ont été de gros succès », va-t-il confier à la presse à la fin de sa prestation.

Le musicien Jacinto Tchipa a plaidé pour une plus grande promotion de la musique angolaise sur le plan national : «  Il y a déjà des signes positifs dans la valorisation de notre musique notamment grâce aux échanges d’expériences entre les jeunes artistes angolais avec leurs pairs étrangers, ce qui, à coup sûr, apporte un plus à la qualité de leurs oeuvres ». Il a par ailleurs appelé les promoteurs de spectacles à poursuivre leur travail pour pérenniser l’activité musicale.

Maya Cool : «  Les chansons de Mamborró font indiscutablement partie de mon passé. J’étais encore gosse quand j’ai commencé à les écouter et aujourd’hui encore je ne peux m’empêcher de les écouter. »

João Ceria. « Notre objectif était de présenter les chansons à succès qui ont marqué la carrière du groupe dans les années 70. Je pense que cet objectif a été atteint. »

Beto de Almeida : « J’ai été très ému de participer à ce grand festival. »

Jorge Neto, de l’ensemble Livity, a annoncé la participation dans son prochain album des artistes musiciens Yuri Cunha et Yola Semedo.

Ikuma Bamba, de la maison Associados, organisatrice de l’événement : « Au début, nous avions une certaine appréhension à l’idée que la pluie empêchasse le public de venir nombreux à Cidadela ; bien au contraire et à notre grande satisfaction, ils se sont déplacés en masse. C’était le plus beau cadeau que nous ayons pu offrir au public angolais, aux fans de Kassav : Faire revivre des grands moments à ceux qui les ont déjà vus sur scène, d’une part, et faire découvrir aux jeunes le répertoire d’un groupe qui a énormément influencé et inspiré beaucoup d’artistes angolais. »|Jossart Muanza (AEM)


 
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