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Pour Nola, jeune femme africaine qui goûte à la liberté de sa première permission de sortie de prison, tout semble aller à merveille. Après avoir passé plusieurs années en détention, tout provoque l’émerveillement chez elle. Toutefois, Nola ressent l’errance dans les rues de cette ville de France où elle se sent étrangère. On l’observe avec curiosité. Elle a peur, comme traquée, sans repère. Double déracinement avec la difficulté de trouver sa place dans son pays d’adoption et de s’adapter à un mode de vie sans barreaux, sans restriction. Aussi le rapport à l’homme, à la sexualité devient un autre obstacle pour la détenue. Sa rencontre dans une discothèque avec un homme qui cherche à l’enjôler ne se fera pas sans heurts. En définitive, (le retour vers) la prison est devenu le seul lieu où Nola se sent en sécurité.
Étrangère en son pays
La réalisatrice Sarah Bouyain invente deux destins de femme : Amy, une jeune métisse qui souhaite retrouver sa mère en Afrique et Mariam, d’origine burkinabé, âgée de 45 ans dont la vie en France ressemble à la survie. Lorsqu’Amy arrive à Bobo, d’où vient sa mère, le choc des cultures la frappe de plein fouet. De l’habillement traditionnel auquel elle ne s’habituera pas au chaos de la ville, elle arrive difficilement à s’identifier à cette société. Et quand on lui apprend que sa mère a quitté le pays pour la France, sans donner les raisons réelles de cet exil, elle craque. La décision de sa mère de tout quitter par désespoir d’avoir perdu sa fille a laissé des séquelles au sein de l’entourage. Pour Amy, sa place est bel et bien en France, terre d’adoption où elle retrouvera sans doute sa mère…Peut être est-ce cette femme burkinabée de 45 ans qui vit une existence vide, le regard perdu, à la recherche d’une raison de vivre ?
Comédie ivoirienne à la sauce hollywoodienne
Avec le long métrage « Le mec idéal » réalisé en mars 2010 à Abidjan, le public est projeté dans un univers à la Woody Allen : Estelle est une jeune femme autonome qui gère son propre salon de beauté. Elle cherche un homme bien mais entre William, un avocat nanti et plus âgé qu’elle et Marcus, son fidèle ami sans le sou, son cÅ“ur balance. Le seul détail qu’ignore Estelle est que ce charmant William a été recruté lors d’un casting orchestré par ses copines. Ce film est une sorte de travelling sur les clichés de la société ivoirienne, des rapports familiaux qui ne laissent pas encore pleine liberté à la femme de choisir l’élu de son cÅ“ur. Le pouvoir de l’argent dans les rapports hommes-femmes est omniprésent à travers des scènes qui frisent la caricature. Et lorsque la jeune Estelle décide de choisir son mari, un revirement de situation digne d’Hollywood fera chavirer la cérémonie. Un réel bonheur de voir, en toile de fond amour et humour s’entrelacer, dans une ville aussi chaotique et bouleversée que l’est Abidjan.
Hélène Boucher (AEM), Montréal, Canada
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