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Quels sont les objectifs que vous ont fixés les autorités sportives angolaises ?
Gagner le Championnat africain et qualifier l’Angola pour les Jeux Olympiques de Londres. Le projet est ambitieux, mais pour qu’il se réalise, il faut que toutes les conditions soient réunies du point de vue humain, administratif, technique, médical ; il faut aussi des moyens logistiques et des infrastructures qui permettent au groupe de travail de bien travailler. La Fédération angolaise de Basket-ball (FAB) s’est totalement investie et veille à ce que rien ne manque.
Existe-t-il le potentiel humain pour atteindre ces objectifs ?
Le basket-ball angolais n’a pas attendu mon arrivée pour obtenir des résultats. J’ai été agréablement surpris par la qualité du jeu présenté lors de la phase finale du championnat national. Les joueurs ont été très bons du point de vue physique et de la rapidité, ce qui constitue un aspect très important pour une bonne pratique de ce sport. L’Angola a de bons joueurs et ce n’est pas par hasard qu’elle figure parmi les 20 meilleures sélections du monde. J’ai pour mission de m’inscrire dans la continuité ... Mon rôle est aussi de m’appuyer sur le travail réalisé par des entraîneurs angolais durant la saison sportive. Les premiers entraîneurs d’une sélection nationale, ce sont les techniciens des clubs, nous avons ensuite la tâche de rassembler tous les athlètes dans un seul groupe. Il y a quelques années, en France, cela était très difficile pour moi parce que je n’avais que des joueurs qui évoluaient dans le NBA (le championnat américain de basket-ball). L’Angola a un grand avantage du fait que ses joueurs évoluent tous dans le même championnat et se connaissent bien. Dans la sélection française, il y avait seulement trois athlètes des clubs locaux.
Est-ce pour cette raison que vous avez quitté la sélection française ?
C’est effectivement pour cette raison que je suis parti de l’équipe de France, parce que nous disposions de trop peu de temps pour travailler et atteindre les objectifs. En France nous avons une bonne formation, probablement la meilleure après les États-Unis, mais malheureusement nos jeunes ne peuvent pas exprimer leur talent. En Angola tous les joueurs locaux jouent, tandis qu’en France, on a recours à plus de cinq athlètes qui évoluent aux USA.
Comment vous définiriez-vous en tant qu’entraîneur ?
En France, je suis connu pour être très exigeant. Pour moi, tous les joueurs qui arrivent dans une équipe sont des stars et doivent tout faire pour le faire valoir. C’est une fierté de porter le maillot de la sélection, de porter les couleurs du pays. Je suis très exigeant dans la conduite d’une équipe. Je suis un entraîneur très tactique et trop exigeant en défense. Avec une bonne défense, on peut tolérer quelques erreurs offensives. Je suis peu porté au développement de la technique individuelle. Je pense qu’une équipe qui réussit à dominer dans le jeu collectif, avec des passes et des rebonds offensifs et un bon jeu « pick and roll » ( Le pick and roll, ou écran et appel de balle, est la base de 80% des systèmes d’ attaque contre une défense individuelle. ndlr. ), est la mieux préparée et capable d’affronter n’importe quel adversaire.
Cela suffit-il pour être apprécié de ses joueurs ?
Un bon entraîneur doit être honnête, il doit aussi être juste quand il doit décider par exemple d’un remplacement. L’entraîneur se doit d’être compétent, connaître le jeu dans sa profondeur, être leader (un meneur) et doté d’une bonne capacité de communication, avoir de la motivation et le contrôle pour bien mener la barque. Il doit avoir sa propre philosophie, son style de jeu, et parvenir à mettre cela en pratique, il doit aussi s’entourer de collaborateurs compétents, de personnes de caractère et loyales.
Si vous aviez un conseil à donner aux techniciens angolais, que leur diriez-vous ?
Le maître mot est le travail. Ce travail nécessite et doit être accompagné d’une mise à niveau permanente. Il faut étudier la discipline en profondeur, intégrer les bonnes méthodes, s’abreuver du savoir-faire des entraîneurs qui ont un bon palmarès, avoir un dialogue permanent avec d’autres collègues de la profession et chercher à déceler la clé de leur succès.
Quels sont vos adversaires les plus redoutés de l’Afrobasket ?
Si nous voulons remporter ce championnat, nous devons gagner tous les matches. En France nous faisons des calculs, si nous avons gagné un match et que nous en avons perdu un autre, nous nous remettons en question. Ici, ce n’est pas pareil. En Afrique, ça n’existe pas et cela nous facilite la tâche. Je connais bien le basket-ball africain parce que nous avons en France de nombreux joueurs du Sénégal et de Côte d’Ivoire.
La FIBA-Afrique (Fédération international de Basketball) a modifié les règles de la compétition. Quels sont, à votre avis, les pour et les contre de cette innovation ?
Une bonne équipe doit être préparée à toute éventualité. Le championnat ne va pas exiger une grande intensité, vu qu’entre deux matches il y aura un jour de repos, à l’exception de la demi-finale et de la finale qui interviendront à deux jours d’intervalle. Le vrai problème est que l’Angola est dans la ligne de mire de toutes les équipes d’Afrique. Nous devons beaucoup travailler sur les aspects tactiques pour pouvoir, à chaque match, nous démarquer avec un jeu différent. S’il s’agissait d’une compétition sans repos, comme par le passé, ça serait un peu différent.
Avez-vous fait une évaluation des adversaires dans la première phase ?
Ma politique consiste à ne jamais me soucier des adversaires. Nous devons les regarder dans le rétroviseur et voir à quelle distance ils se trouvent, pour ensuite ne plus jamais les croiser, le but étant d’avancer, d’avancer..., d’avancer encore plus.
Vous ne voulez donc rien savoir de vos adversaires ?
Quand je dis que je ne me soucie pas des autres équipes, ce n’est pas par rapport à leur travail, mais plutôt par rapport à la manière dont elles peuvent nous attaquer. Sinon, leur préparation, leur manière de s’entraîner et d’autres aspects ne m’inquiètent pas. Nous allons, ensemble, connaître les mêmes problèmes et partager des moments de joie. Notre délégation est forte et va rester ensemble pendant plus de deux mois. C’est plutôt cela qui devrait plus nous préoccuper, car nous devons nouer une relation. Nous comptons aborder ce championnat en étant d’aplomb et dans la sérénité.
La pression de l’emporter à tout prix ne vous pèse-t-elle pas trop sur les épaules ?
Pas du tout, avec l’expérience accumulée je ne ressens pas ce poids. J’ai répondu à l’appel du président de la Fédération, Gustavo da Conceição, pour travailler sur un projet qui concerne la sélection principale et la formation des juniors ainsi que celle des entraîneurs.
Vos adjoints vous ont-ils été imposés par la Fédération ?
Personne ne m’a été imposé. J’ai beaucoup de respect pour le basket-ball angolais et pour ses techniciens, tout comme je respecte la décision du président de me proposer ces deux entraîneurs. Ce sont donc mes collaborateurs. Ils ont déjà fait leurs preuves dans le basket-ball angolais ; pour moi, ils constituent une force supplémentaire.
Quelle évaluation faites-vous de la capacité des athlètes dans les lancers ?
Il y a des joueurs qui confirment leur pourcentage de lancers seulement dans le championnat. Dans la phase actuelle, quelques-uns d’entre eux ont présenté de bons indicateurs, mais dans leurs équipes, où d’autres tâches leur étaient assignées, le niveau est plutôt bas. Je peux citer un exemple concret, celui de Miguel Kiala, qui a commencé l’essai de 30 lancers par position dans la ligne des trois points avec un pourcentage très bas. Il en a converti trois en 30 essais. Dans la dernière position, sur les 30 lancers il en a réussi 13. Je pense qu’à force de travailler nous allons améliorer beaucoup de choses. |AEM / Entretien réalisé par António Ferreira et Anaximandro Magalhães (Jornal de Angola)
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