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Dans son pays, le Malien a acquis le statut de vedette. Les honneurs se multiplient depuis les dernières années, avec la parution en 2007 d’un premier opus, « Segu Blue », album de musique du monde primé par la BBC Radio et en 2010, « I speak Fula » en 2010, récipiendaire d’un prix Grammy dans la catégorie « Meilleur album de musique traditionnelle ». Une fierté pour l’artiste qui poursuit sans relâche sa mission : faire connaître le n’goni aux générations actuelles et à venir. « Le n’goni existe en Afrique depuis le XIIe siècle. Il est issu de la tradition orale, de l’époque des grands royaumes du continent. On en garde peu de traces, alors il faut lui redonner sa place aujourd’hui », soutient le joueur de n’goni. Afin de relancer l’instrument, le musicien a créé une école au Mali où il transmet ses connaissances. Le virtuose a réuni plus de cinquante joueurs de n’goni dernièrement et présenté un concert lors de la dernière réunion des Premières Dames d’Afrique sur la réduction de la mortalité maternelle et néo-natale à Bamako, en octobre dernier. Un « moment significatif et réjouissant » pour Bassekou Kouyaté qui ne manque pas de présenter son instrument et sa sonorité unique à des personnalités politiques africaines.
Révolutionnaire et audacieux, le joueur de n’goni a même revu la façon de manier l’instrument : « Traditionnellement, le n’goni ne se joue pas debout. J’ai mis au point une autre façon d’en jouer, debout, avec une sangle, à la manière du guitariste. Il faut être à la mode du monde. Faire de la musique que tout le monde peut écouter ». Harmoniser le n’goni à un groupe fut un autre défi. Le groupe N’goni Ba s’articule notamment autour de la calebasse et de différentes percussions. Les basses s’harmonisent parfaitement aux sonorités du n’goni.
Chanter la paix au monde
Le récent album« I speak Fula » se déploie autour du rôle de la femme dans la société, de la tolérance et de l’ouverture. Le message porté par Bassekou Kouyaté est la paix, pour tous : « Même quand tu es le plus pauvre du monde, si tu as la paix, c’est bon. Mais quand il y a la guerre, des innocents paient et meurent, entraînant riches et pauvres ». La jeunesse l’interpelle également, dont le courant hip hop. Un style musical empreint de dynamisme et de revendications qu’affectionne Bassekou Kouyaté. Un projet pourrait bien naître, à la croisée du blues ayant fait sa marque et de cette rythmique urbaine. La tournée actuelle se poursuit jusqu’à la fin 2011 et déjà , un troisième album est en préparation pour 2012. |Hélène Boucher (AEM), Montréal, Canada
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