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Angola : Grogne chez les infirmiers surchargés et sous-payés
vendredi 30 décembre 2011 Jossart Muanza(AEM)
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Infirmières angolaises|Photo d’archives

Pour protester contre une mesure du gouvernement et pour réclamer une hausse de salaire, les infirmiers ont entamé une grève le 5 décembre paralysant l’activité dans plusieurs centres de santé et dans certains hôpitaux de la ville de Luanda. Une situation jugée préoccupante du fait que dans la plupart de ces établissements on ne compte en moyenne que trois médecins qui, plus est , travaillent à temps partiel. Si bien que les infirmiers doivent parfois se substituer aux médecins pour des consultations et certains examens, ce que le Ministère de la santé a formellement interdit dans une note adressée à tous les établissements.


Outre le paiement des arriérés et l’augmentation de salaire, comme c’est d’ailleurs le cas dans différents autres secteurs, d’autres revendications sont venues s’ajouter à la liste. À propos des salaires, les professionnels de la santé du centre médical Hoji Ya Henda par exemple estiment que, pour certaines catégories, leur traitement mensuel, qui est de 16.000 Kz soit près de 160 USD est trop bas par rapport au volume du travail qu’ils fournissent. Un salaire qu’ils jugent « ridicule » alors que certains de leurs collègues touchent en moyenne 100.000 Kz soit près de 1000 USD. D’aucuns vont même jusqu’à soupçonner de fraude les agents de la direction municipale de la santé dans la mesure où, au lieu du virement bancaire, le paiement de leur salaire s’effectue en mains propres et sans aucun reçu. « C’est vraiment la honte pour un jeune infirmier de toucher un salaire de 16.000 Kz qui, en plus d’être insignifiant, vous est remis en mains propres et sans aucun document, c’est étrange », s’insurge Cátia, une infirmière.

Sous couvert de l’anonymat, une autre infirmière s’interroge sur la décision précitée du ministère de la santé : « Comment peut-on accepter de telles choses ? Faute de médecins disponibles, il y a longtemps de cela que nous faisons ce travail tous seuls sans que personne ne se plaigne. Dans notre centre, nous avons un seul médecin et ce dernier est débordé, il ne peut, tout seul, recevoir autant de monde. S’il en est ainsi, et bien qu’on laisse alors les médecins s’occuper de tout ». Le Centre de santé de Siga situé dans la municipalité de Cazenga est l’un des premiers établissements dont les infirmiers ont décidé de « revendiquer leurs droits ». Ce centre fonctionne avec un seul médecin et dépend de la mobilité des infirmiers qui se relayent pour couvrir les trois périodes mais malgré cela ils ne touchent aucun supplément pour le travail de nuit.

Pour rappel, le mouvement de grève est parti des centres médicaux de Cazenga, avant d’atteindre l’hôpital « dos Cajueiros », et de s’étendre à d’autres centres médicaux voire à certains hôpitaux. Face à cette situation, les populations sont obligées de se rabattre sur des hôpitaux qui sont situés loin de leur domicile où le délai d’attente se fait de plus en plus long à cause d’une grande affluence. Une aubaine pour les cliniques privées qui voient, ainsi, leur offre accroître par rapport à la demande et leurs affaires prospérer.

Le mardi 6 décembre, le Vice-Président de la République Fernando Dias dos Santos « Nandó », a rencontré le ministre de la santé José Van-Dúnem ainsi que de nombreux délégués de la santé. De leurs entretiens, il est ressorti que les techniciens supérieurs de santé et les bacheliers en soins infirmiers seraient les premiers à bénéficier d’une augmentation substantielle et que les autres catégories le seraient par la suite. Les infirmiers ont ainsi maintenu leur mouvement, dans plusieurs centres, notamment celui de Cazenga, où le personnel de la santé réclame un traitement équitable pour tous par le réajustement des salaires pour l’ensemble du personnel soignant. â–  Jossart Muanza (AEM)


 
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