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Le saxophoniste Nino Malapet n’est plus
vendredi 3 février 2012 Clément Ossinonde (Correspondance particulière)*
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Le saxophoniste Nino Malapet

Dieudonné Nino Malapet est décédé, le dimanche 29 janvier 2012 à 21 h00, à l’hôpital militaire de Brazzaville, des suites d’une longue maladie. Ce saxophoniste restera comme un des arrangeurs à qui l’on doit une bonne part de la réussite de dizaines d’albums, en particulier ceux des orchestres Rock-A-Mambo et Les Bantous. Doté d’une grande culture de la rumba et de l’afro-caribéen (il faut être attentif aux citations dont il émaillait certains arrangements), Nino Malapet devait une partie de la netteté et de l’ingéniosité de ses partitions à son admiration de toujours pour Fud Candrix, tandis qu’il tient sa virtuosité et son modernisme à la fréquentation des sites discographiques de la Nouvelle Orléans.


Né à Brazzaville le 8 mars 1935, il gagne la France où il accompagne son oncle Emmanuel Damongo Dadet le 30 Septembre 1948 à partir de Pointe-Noire, à bord du S/S « Canada ». Emmanuel Damongo Dadet était, à l’époque, conseiller territorial français et surtout grand saxophoniste du groupe Melo-Congo de Brazzaville dont il était le chef d’orchsetre dans les années 40 et 50.

À Paris, Nino Malapet va s’initier au piano et à la guitare. À l’expiration du mandat de son oncle, Malapet revient à Brazzaville où il continue ses études au Collège Chaminade au sortir duquel il s’engage aux P.T.T. Mais la passion de la musique le brûlera toujours. 1954, Nino Malapet, alors guitariste participe avec Joseph Kaba, Edo Ganga et Bienvenu Beniamino à l’enregistrement aux Éditions « Ngoma » à Léopoldville de deux disques dont ses compositions « Wapi Gigi » et « Vivita ». C’est cet embryon du groupe de Joseph Kaba qui donnera naissance en 1954 à l’orchestre Negro Jazz de Brazzaville.

En 1955, de la guitare, Nino Malapet passe au saxophone. En 1956, il accompagne plusieurs orchestres en studio en compagnie du saxophoniste français Henriot, particulièrement les groupes Watam et l’OK Jazz dont il est le premier saxophoniste en Décembre 1956. On lui doit des partitions inédites dans les titres comme « Aimé wa Bolingo » d’Edo Ganga, « Oyé oyé oyé » de Luambo Franco et bien d’autres. Mais c’est surtout dans l’orchestre Rock-A-Mambo, aux Éditions « Esengo » que Nino Malapet va accorder au saxo le rôle primordial.

En 1957, Nino Malapet démissionne des Éditions « Loningisa », au moment où se disloque le Negro Jazz. Il retrouve de nouveau ses vieilles connaissances : Essous, Lando « Rossignol », Pandi, Henri Bowane, Tino Baroza, Moniania « Roitelet », Léon Nzambe « Sathan »â€¦ qui ont réussi à former aux nouvelles éditions « Esengo » du grec Dino Antonopoulos, un orchestre dont le succès va grandissant : Le Rock-A-Mambo. Nino Malapet en devient facilement le chef d’orchestre. Des titres à succès suivront comme « Jalousie », « Panchita », « Micky mi quiero », « Mi cancion » « Tocami », « Li duo Maravillas » arrangés par Nino Malapet et rendus merveilleusement par le duo chant Joseph Kabasele et Lando « Rossignol ».

Instigateur du retour au bercail des musiciens brazzavillois évoluant à Léopoldville (Kinshasa) , Nino Malapet, sera pourtant absent le 15 Août 1959 à Brazzaville lors de la première sortie de l’orchestre Bantous « Chez Faignond ». Il opte pour la continuation avec l’Orchestre Rock-A-Mambo. Avec Nedule « Papa Noël » comme guitariste et Lando « Rossignol » comme chanteur, Nino Malapet a su combiner intelligemment les influences des partants (Essous et Pandi) pour se créer un style un peu versatile mais avec plus de complexité rythmique et harmonique.

En 1961, le Rock-A-Mambo de Nino Malapet implose à Pointe-Noire. Resté seul, Nino Malapet rejoint Brazzaville où il s’inscrit au Centre d’Enseignement Supérieur où il suit des cours de droit, mais pas pour longtemps, car obsédé par la musique, il rejoint Les Bantous et son alter ego Jean-serge Essous. En 1966, Nino Malapet et Les Bantous ont l’honneur de représenter la musique congolaise au 1er Festival Mondial des Arts Nègres à Dakar, et à l’issue duquel Jean-Serge Essous, alors chef d’orchestre choisit le chemin de l’exil. Nino Malapet reprend la direction de l’orchestre. Le retour de Jean Serge Essous en 1971 n’ y change rien. Nino Malapet conduit l’orchestre en collaboration étroite avec Essous.

À partir de 1999 et surtout après la crise qu’à connue l’orchestre Les Bantous après la guerre civile de 1997, Nino Malapet va peu à peu connaître le déclin. Sa santé chancelle, ses médecins lui interdissent de jouer de son instrument. Néanmoins, il a continué à diriger le groupe jusqu’après la disparition de Jean serge Essous le 25 Novembre 2009. | Clément Ossinonde (AEM)

A LIRE EGALEMENT SUR

Digitalcongo.net>>>>

Pour lire la dernière interview de Nino Malapet à AEM, cliquez ici >>>>>Nino Malapet : « Pour faire carrière, j’avais répondu à un appel intérieur, après j’ai eu la foi et j’ai travaillé dur »


 
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