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Une quinzaine d’agents de la Direction nationale des enquêtes criminelles ont perquisitionné les bureaux de la rédaction lundi après-midi et ont saisi une dizaine d’ordinateurs et des disques durs, a déclaré à l’AFP Fernando Baxi, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire.
La perquisition, ordonnée par le procureur général de la République, avait pour objectif la saisie de matériel utilisé pour commettre des actes qui constituent le délit d’outrage contre l’État, la personne du président et les organes de l’exécutif et le délit d’abus de la liberté de presse, selon le mandat d’arrêt dont l’AFP a obtenu une copie.
Pour rappel, l’hebdomadaire avait reproduit fin 2011 un photomontage circulant sur internet, montrant M. dos Santos, le vice-président Fernando Piedade Dias dos Santos et le général Manuel Helder Vieira Dias Jr Kopelipa, chef de la Maison militaire, représentés comme des voleurs alignés par la police.
« L’hebdomadaire n’est pas l’auteur de ce photomontage ? donc sa responsabilité ne peut pas être engagée », a souligné Fernando Baxi.« D’un point de vue judiciaire, l’action du ministère public n’est pas légale », a plaidé M. Baxi.
« Jamais une rédaction en Angola n’a été perquisitionnée de la sorte. Il y a clairement une volonté de faire taire le journal et son directeur, William Tonet, à l’approche des élections », a-t-il ajouté.
Des élections législatives, les troisièmes depuis l’indépendance de l’Angola en 1975, sont prévues en septembre prochain.
La Constitution angolaise prévoit que le chef du parti vainqueur devienne le président de la République, un poste occupé depuis 32 ans par José Eduardo Dos Santos.
« La saisie des ordinateurs de Folha 8 est un acte brutal de censure destiné à réduire au silence l’un des rares médias restés indépendants en Angola » , a dénoncé le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), une organisation basée à New York.
« La satire n’est pas un outrage contre l’État. C’est un élément important d’un débat robuste dans une société libre. (...) Nous appelons les autorités à rendre immédiatement les équipements à Folha 8 et à mettre fin à cette enquête dont la motivation est politique », a ajouté le coordonnateur du plaidoyer pour l’Afrique du CPJ, Mohamed Keita.
Lancé en 1996, Folha 8, qui emploie une vingtaine de journalistes, est le plus ancien journal privé angolais.
William Tonet avait déjà été condamné en octobre à une amende de 10 millions de kwanzas (77.000 euros) pour diffamation après la publication d’un article mettant en cause trois généraux des forces armées angolaises.
La police n’a pas donné suite aux sollicitations de l’AFP.
|AEM Source : AFP
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