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Pour ce chanteur à la voix rauque, l’Angola est une source intarissable d’inspiration et pourvoyeuse de ses 40 disques en 40 années de carrière : « Le fait de vivre en Europe ne signifie pas pour autant que nous vivons comme les Européens, pour ma part, j’ai toujours vécu comme un Angolais et j’ai toujours défendu les valeurs de notre culture traditionnelle. Cela demande du courage et de la persévérance, et je l’ai toujours fait avec énormément de fierté patriotique, en chantant le semba et en kimbundu, des valeurs héritées de nos anciens. »
Cette interview a abordé plusieurs sujets notamment la carrière du chanteur, l’avenir du rythme semba face à la montée du kuduro, l’internationalisation de la musique angolaise et son retour définitif au pays. Sur le semba, le chanteur enfile la tenue d’un brillant avocat : « Le tango restera toujours le tango, parce que les Argentins ont su résister à d’autres influences et ont su le préserver, pareil pour le rock, parce que les Européens et les Américains ont de la personnalité, ainsi, le semba de l’Angola restera le semba pour toujours. Pourquoi changer alors qu’il y a même des chanteurs étrangers qui chantent avec moi et qui adorent le semba d’Angola qui est très puissant ? »
Se prononçant, enfin, sur la question d’un possible retour définitif en Angola, Bonga a admis que ce retour n’était pas encore à l’ordre du jour et pour cause : « quand vous avez une longue carrière avec de nombreuses invitations à travers le monde, vous comprendrez aisément qu’il soit difficile de s’installer en Angola. Chaque semaine, je suis invité à me produire dans les différents coins du monde, il me serait difficile, pour des raisons de déplacements, d’honorer tous ces engagements en étant domicilié en Angola ».| Jossart Muanza (AEM)
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