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RDC : Hewa Bora change de peau, Korongo Airlines peut enfin décoller
jeudi 5 avril 2012 Muriel Devey ( AEM )
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Du nouveau dans le ciel congolais, avec l’arrivée des compagnies Fly Congo et Korongo Airlines. De quoi apporter un peu de concurrence dans un secteur où régnait quasiment en maître la Compagnie africaine d’aviation (CAA) de David Blattner, qui vient d’acquérir 4 Air Bus. En dépit des apparences, Fly Congo est bien connue des passagers congolais, puisqu’il s’agit de Hewa Bora (HB), qui, plusieurs mois après le crash survenu le 8 juillet 2011 à Kisangani, qui lui avait valu une suspension de son activité, renait de ses cendres sous une nouvelle appellation. « Nous avons modifié le nom de la compagnie mais gardé le même numéro d’entreprise. Fly Congo conserve le passif, l’actif et les engagements d’Hewa Bora », informe Jean-Marc Pajot, son président directeur général. Parmi les passifs figurent les indemnisations des 72 victimes du crash. «  Elles ont commencé. Nous avons saisi les assureurs. Sept dossiers ont déjà abouti, deux autres seront bientôt bouclés. Le reste suivra. Chaque famille reçoit 87. 500 dollars », précise le PDG.


Autorisée à reprendre ses activités en février dernier, Fly Congo a opéré son vol inaugural le 26 mars dernier. Une relance qui s’accompagne de changements dont une recomposition de l’actionnariat. Exit Stavros Papaioannou, l’ex-PDG de Hewa Bora, qui a vendu ses parts sociales. Le nouveau capital est désormais partagé entre le fonds d’investissement international Pangun (54,77 %), Rak-Trans Holding (40 %), filiale du fonds d’investissement émirati Rakia (RAK Investment Authority) et des investisseurs privés (5,23 %).

La compagnie, qui est en train de finaliser les démarches pour obtenir la certification Iata Operational Safety Audit (IOSA), entend par ailleurs restructurer ses activités pour en faire des départements autonomes. À terme, celles-ci pourraient donner naissance à des sociétés indépendantes, qui offriront leurs services à d’autres compagnies. Outre le handling, déjà assuré par Congo Handling services (CHS), le pôle formation sera managé par le département Fly Congo aviation Training Academy. Il en sera de même du catering et de la maintenance/entretien, dont les programmes sont en cours de restructuration. Quant à la maintenance lourde, elle est effectuée à Johannesburg (Afrique du Sud), par Jetworx. Un choix qui a eu l’aval de l’Autorité de l’aviation civile congolaise.

Les autres changements portent sur la flotte. « Six avions d’ancienne génération qu’utilisait HBA, en cours de démantèlement, seront prochainement détruits et recyclés pour le métal », assure Pajot. Avec ses cinq avions - un boeing 767 et quatre MD 82 - entièrement révisés à Johannesburg, la compagnie assurera, dans une première phase, des liaisons entre Kinshasa-Lubumbashi et Johannesburg, et Kisangani-Goma. Ultérieurement elle desservira Kananga et Mbuji-Mayi ainsi que Mbandaka et Gemena.

Constituée en avril 2010 mais clouée au sol depuis des mois, Korongo Airlines, dont le siège est à Lubumbashi, a enfin obtenu fin janvier l’autorisation d’importer des avions, le renouvellement de sa licence d’exploitation et l’approbation de son programme d’exploitation internationale et domestique. Du coup, la compagnie, dont le capital, de 11,5 millions de dollars, est détenu à hauteur de 70 % par une holding formée du groupe George Forrest International et de Brussels Airlines (35 % chacun), et pour 30 % par des Congolais, démarrera ses activités à la mi-avril prochain. Dans un premier temps, ses trois avions - un Boeing 737-300 et deux British Aerospace 146 – desserviront, au départ de Lubumbashi, Kinshasa et Johannesburg. Puis Kolwezi et Goma. Le cap sera mis sur d’autres destinations sous-régionales, dont Entebe (Ouganda), Lilongwe (Malawi) et Lusaka (Zambie).

Si l’espace aérien congolais s’est enrichi de deux nouvelles compagnies, il pourrait en perdre deux autres. Stella Air, de l’Indien Harish Jagtani, ainsi que Okapi Airlines, dont le capital est majoritairement détenu par la société de handling ATS (African Transport System), battent de l’aile. Peu d’espoir de les voir redécoller. |Muriel Devey (AEM)


 
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