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Réalisé en 2011, le film d’Ibrahima Touré relate la dureté du régime politique instauré par la junte militaire au Mali, entre 1963 et 1991. 28 années au cours desquelles la femme subit un sort particulièrement violent en cas de non-soumission aux traditions. La fiction de Touré est un reflet réaliste de la condamnation des femmes opposées au mariage forcé. Mariama aime Lamine mais son père la destine à un autre. Elle se refuse à un tel sort et se retrouve en prison malgré ses 17 ans. Parallèlement au sort de cette protagoniste, celui de Yoro, un idéaliste qui refuse de se plier face à la terreur militaire. Le film se conclut sur une note heureuse, Mariama sera secourue par son bien-aimé.
La projection du film a été l’occasion de faire le point sur la situation actuelle de la femme africaine quant à sa liberté de se marier à l’homme qu’elle aime plutôt qu’à celui qu’on lui impose. La place des femmes en Afrique était d’ailleurs portée par le visuel de cette 28e édition, une Å“uvre de l’artiste burkinabé Hawa Kaba intitulée « Portrait de l’artiste » se déclinant autour de la femme dans ses différents rôles : mère, fille, femme malinké.
Plusieurs films de la programmation ont laissé une place de choix à la figure féminine africaine dont « Sur la planche » de la réalisatrice marocaine Leila Kilani. La cinéaste était sur place pour l’occasion afin de présenter le destin des quatre héroïnes de son film, des ouvrières tentant de trouver un sens à leur travail. Le destin des chiffonniers du Caire fut dévoilé avec dignité à travers le documentaire « Zabbal », chronique de chiffonniers du réalisateur canadien Raphaël J. Dostie ou encore, « La France qui se lève tôt » de Hugo Chesnard relatant l’histoire vécue d’un ouvrier malien contribuable sans-papiers expulsé vers son pays.
Musique, clé de l’union des peuples d’Afrique
Le documentaire à caractère musical s’est également décliné sous plusieurs facettes lors du festival. Du hip hop revendicateur du Sénégalais Didier Awadi (Les États-Unis d’Afrique, Yanick Létourneau) à la guitare porteuse du peuple Touareg de Bombino à travers le monde, (Agadez, musique et rébellion, Ron Wyman) les mélomanes ont pu goûter à une diversité d’œuvres. Ce documentaire constitue une aventure privilégiée à la rencontre des peuples nomades du Sahara. À tour de rôle, des artistes s’expriment sur leur société confrontée aux rudesses du climat et à l’absence de structures. Le guitariste virtuose Oumara Moctar alias « Bombino » se porte comme ambassadeur de sa population avec ses hymnes à la liberté et à la paix, sur les scènes internationales. La ville d’Agadez au Niger est présentée comme l’eldorado de ses artistes qui croient au lien unissant démocratie et musique.|Hélène Boucher (AEM), Montréal, Canada
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