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Remonté, Marcel Guitoukoulou a musclé son discours et dressé un tableau inquiétant : « Le pire est à venir et c’est à nous de l’éviter, car le pouvoir est en déliquescence… Plusieurs proches du président entretiennent des milices et leurs résidences servent de dépôts de munitions, vous voyez à quel danger ils exposent même leurs proches ? Quelle irresponsabilité ! Il y a même une milice qui s’entraîne publiquement dans la bourgade F. proche de Brazzaville ! ».
Revenant sur le détournement des 400 milliards de francs CFA qui auraient pu éviter ce drame, le médecin congolais fait un constat accusateur : « Tout est comme ça avec le régime de Sassou : les disparus du Beach, les crashs aérien et ferroviaire, le détournement des 400 milliards, l’explosion du dépôt des munitions… pas d’enquête, pas de poursuites, pas de sanctions… Avec Sassou, il n’y a jamais de responsable ni de coupable. Si le président ne bouge pas le petit doigt, il n’y a que deux hypothèses : soit il a sorti de la main droite ces milliards qu’il a ensuite récupérés lui-même de la main gauche, soit c’est son entourage qui a détourné et le ferait chanter sur les aspects sombres de ses différentes accessions au pouvoir et sur des dossiers plus que sombres. »
L’opposition : la grande muette
Cette sortie médiatique tonitruante de Guitoukoulou contraste avec le silence de l’opposition congolaise suite à ce drame : « L’opposition ? C’est la grande muette ! J’appelle mes compatriotes à ne pas se résigner car si ceux qui les briment apparaissent grands, c’est parce qu’ils sont couchés. »
S’il a paru virulent lors de ce point presse, l’opposant a révélé l’existence d’une correspondance adressée au président en place en avril 2011 : « J’avais adressé au président de la République une lettre officielle via l’ambassade du Congo à Paris. Je l’ai appelé à s’engager avec l’ensemble de la classe politique, d’une manière pacifique, aux profonds changements inéluctables. Après avoir montré un semblant d’intérêt, il n’a pas daigné répondre et il pense jouer la montre… Non, Monsieur le président, le temps justement joue contre vous. Son entourage semble anticiper sa fin et croit qu’il héritera du pouvoir, non il n’imposera plus pour longtemps le colonialisme national, cette forme de démocratie indigène qui repose sur la distribution des miettes pour aliéner les droits politiques et civiques des Congolais ».
Un attentat manqué contre Sassou ?
« Tourné résolument vers l’avenir », Marcel Guitoukoulu a refusé de s’attarder sur les hypothèses nombreuses au sujet de cette explosion : « Je ne vais pas m’ hasarder à valider une hypothèse plus qu’une autre mais je m’interroge sur les motivations de ce pouvoir qui continue à se surarmer… ».
N’empêche, les Congolais présents ont échangé des hypothèses de « source sûre » : « Les armes et munitions qui se trouvaient dans le camp avaient été achetées en Corée du Nord par Kadhafi. Elles sont arrivées après sa chute et Brazzaville, qui ne devait être qu’un transit, serait alors devenue la destination finale. Deuxième rumeur persistante : le président congolais devait visiter le lendemain de l’explosion la caserne et le minutage aurait fonctionné trop tôt. ». À défaut de preuve, les Congolais font une démonstration par déduction : « S’il s’était agi d’un court-circuit, pourquoi un proche est aux arrêts ? Un proche que tout le monde a entendu la veille de l’attentat annoncer dans une réunion, dans un bistrot, la fin imminente de Sassou… ».
En plus d’un Marcel Guitoukoulou redevenu très incisif, très combattif et qui appelle le peuple congolais à être prêt « car les choses peuvent aller très vite », la résidence de Mpila subit un assaut des rumeurs qui semblent galvaniser les déçus du pouvoir de plus en plus nombreux, de tous les partis, qui déclarent leur allégeance au médecin à chacune de ses sorties.|Botowamungu Kalome (AEM)
L’opposant Congolais face à la presse et à une cinquantaine de compatriotes|Photo : © AEM
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Le journaliste Joseph Pululu, modérateur du point presse interrogeant l’oposant congolais|Photo : © AEM
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Notre confrère Joseph Pululu de Radio Mangembo|Photo : © AEM
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Une vue de la salle|Photo : © AEM
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