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France/Présidentielle de 2012 : les réactions au débat Hollande - Sarkozy
jeudi 3 mai 2012 AEM| Les Échos/Le Parisien/Libération
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Le face à face Hollande-Sarkozy sur le plateau de TF1

Au lendemain d’un débat télévisé tant attendu, Nicolas Sarkozy et François Hollande jettent leurs dernières forces dans la bataille pour convaincre les électeurs. À quatre jours du second tour de l’élection présidentielle, ils tiennent tous les deux un meeting ce jeudi : le président-candidat à Toulon, le candidat socialiste à Toulouse. Mercredi soir, le débat a été rude, âpre et musclé et a duré 2h50, un record dans l’histoire de la Ve République. Les deux candidats avaient pour mission de rallier la frange d’indécis qui peuvent toujours faire basculer une élection. Ce débat d’entre-deux-tours s’est soldé plutôt par « un match nul », selon le politologue Emmanuel Rivière (TNS-Sofres). François Bayrou, le candidat MoDem, doit préciser sa position dans la journée alors que Marine Le Pen, arrivée 3ème au premier tour, a déjà fait savoir qu’elle voterait blanc.


Nicolas Sarkozy : « Je pense qu’on peut, qu’on va gagner ».

 Interrogé sur l’issue de l’élection, Nicolas Sarkozy estime que « le résultat est ouvert, les choses vont se jouer dans un mouchoir de poche ». « Je n’ai jamais vu une telle mobilisation, avec des dizaines de milliers de personnes venus participer à notre réunion au Trocadéro », raconte Nicolas Sarkozy, qui rappelle les propos d’Axel Kahn qui avait évoqué « Nuremberg » avant de s’excuser. Et si le résultat n’est pas celui attendu ? « Je n’ai pas changé d’avis. J’ai fait une campagne comme jamais de ma vie, avec toute mon énergie, mon expérience, ma sincérité. Je pense qu’on peut, qu’on va gagner. Et si les Français ne me choisissent pas, cela signifierait pour moi une autre vie », répète Nicolas Sarkozy. Un dernier regret ? « Nous n’avons pas assez parlé du thème de l’international (...). Et j’ai oublié de parler de la dette de la Corrèze, qui a vu sa dette augmenter de 42% », lance dans une dernière pique Nicolas Sarkozy. Les électeurs de Marine Le Pen . « Ce ne sont pas des sous-citoyens. Je n’ai pas le droit de ne pas leur parler, je me dois de leur parler », explique Nicolas Sarkozy, en évoquant « les régularisations massives, le droit de vote ». « Mais je parle aussi aux électeurs de Français Bayrou. De toute façon, les Français sont libres, ils peuvent voter sans tenir compte de ce qu’ils ont fait à l’élection précédente ou au premier tour. Il y a une liberté de choix qui pourrait surprendre dans le monde entier. Le marchandage n’est pas digne de l’élection présidentielle », assure le président-candidat.
François Hollande sur France 2 : « C’est sur mes propositions que le débat s’est tenu, cela m’a mis en position de force »

  Vous vous êtes serré la main ? , demande le journaliste à François Hollande. « Oui, il y a eu cette forme de politesse, même si les échanges ont été rudes... » Etait-ce chaleureux ? « Ce n’était pas une poignée de main qui écrasait l’autre ». Sur le débat, le candidat socialiste explique : « Je pensais que ce serait âpre, et ça l’a été... Je savais qu’il y aura par moments une tension, elle a été là. » « C’est sur mes propositions que le débat s’est tenu, cela m’a mis en position de force » A-t-il gagné ?« Non, je ne dis pas cela, c’est aux Français d’en décider. Mais un débat ne change pas un vote » Interrogé sur les accusations d’imprécision du camp Sarkozy, François Hollande passe à l’offensive : « Qu’on me les demande, je suis toujours prêt à les donner. J’ai noté un certain nombre d’approximation de la part de Nicolas Sarkozy, par exemple ma question sur ces réunions organisées à l’hôtel Bristol à laquelle il n’a pas voulu répondre, la réponse aurait été trop cruelle. » Quant au choix de François Bayrou , il assure qu’il le « le laisse libre, c’est une personnalité que je respecte. Je sais qu’il n’est pas de gauche et qu’il ne veut pas le devenir, qu’il n’est plus de droite et qu’il ne veut plus y revenir... Il fera son choix ».
 
 

Les réactions au débat Hollande-Sarkozy

Des cadres du Modem appellent à voter Hollande.

Dans une tribune à Libération, plusieurs cadres du Modem - Jean-Luc Bennahmias, François-Xavier de Peretti, Christophe Madrolle, Sophie Goye - répètent qu’ils soutiendraient François Hollande, en « cohérence » avec « l’opposition radicale » affichée depuis cinq ans par le MoDem face à Nicolas Sarkozy. Le Monde a également mis en ligne une tribune de 40 cadres qui appellent à voter Hollande. « "Valeurs contre valeurs", le 6 mai, nous voterons François Hollande et invitons tous les centristes, les gaullistes sociaux, les démocrates et les humanistes à lui apporter massivement leurs suffrages afin qu’il puisse affronter les problèmes de notre pays fort d’une large majorité et d’une puissante légitimité », écrivent les signataires.

Nicolas Sarkozy applaudi à la fin du Conseil des ministres.

Les membres du gouvernement applaudissent Nicolas Sarkozy, à la fin du Conseil des ministres, pour « la qualité de sa prestation ». « Ce matin, il était très confiant, détendu », raconte David Douillet , ministre des Sports. « Ã€ la fin, le Premier ministre (François Fillon) a eu des mots de soutien, chaleureux » et « tout le monde a applaudi » Nicolas Sarkozy « par rapport à la qualité de son intervention d’hier soir, sa sincérité, sa transparence vis-à-vis des Français ».

Selon Pierre Lellouche, Nicolas Sarkozy « n’a pas parlé de sa prestation » de mercredi soir, « il nous a demandé de continuer à faire campagne, jusqu’à la fin de la semaine ».

 Marine Le Pen, candidate du FN à la présidentielle de 2012, égratigne Nicolas Sarkozy et épargne François Hollande. La présidente du FN estime que « Sarkozy est battu depuis longtemps et je ne crois pas que le débat d’hier ait changé quelque chose ». Quant à François Hollande, elle juge qu’ « en terme de posture il a rempli son rôle ».

 

Au PS

 Manuel Valls (directeur de la communication de François Hollande) : «  On a découvert un homme d’État face à un Nicolas Sarkozy qui n’a que son bilan, incapable de formuler une proposition pour l’avenir » (...) « Nicolas Sarkozy devait le bouffer, le dominer. On est très loin de cette vision. Quand on a ce bilan on ne peut pas le faire »(...) « Le plus important, c’est la capacité à apporter un espoir. Nous sommes tous très fiers, cette fierté doit se convertir en voix pour François Hollande ».

 Jack Lang (ancien ministre socialiste) : « Francois Hollande a littéralement dominé Nicolas Sarkozy de bout en bout. Avec un talent rare, il a révélé une fois de plus sa maîtrise des dossiers, sa rigueur intellectuelle, son sens élevé de l’État, la puissance de ses convictions et la solidité de ses engagements. Ce soir Francois Hollande marque un nouveau point dans cette bataille présidentielle ». (communiqué)

 Michel Destot (député-maire PS de Grenoble) : «  Chiffres à l’appui, ce débat aura permis de faire le bilan des injustices économiques, sociales et fiscales du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Face à ce constat implacable, il n’a eu comme seule réponse que l’agressivité, l’invective, la caricature et finalement l’esquive. (...) Au contraire, François Hollande, fort de la cohérence de son projet, propose le changement et sera demain le Président de la justice, du redressement et du rassemblement ». (communiqué)

 Michel Sapin (responsable du projet de François Hollande) : « Il a présidé le débat. François Hollande, Je crois (d’ailleurs) que c’est la Une de Libé (...). Sur toute la partie économique et sociale, on a eu un François Hollande imposant son rythme, ses thèmes, avec un Nicolas Sarkozy en défense, ayant toujours le mot de mensonge ou de calomnie à la bouche. » (à l’AFP)

 Bruno Le Roux (député PS) : « C’était un candidat qui se présentait comme un président. Et c’était un président qui se présentait comme à un meeting de l’UMP. Les mêmes mensonges les mêmes approximations, c’est à dire quelqu’un qui n’est pas aujourd’hui en situation de sérénité, et c’est un débat qui clairement à l’avantage de celui qui est le candidat ». (à l’AFP)

Segolène Royal : « François Hollande a dominé le débat. Il a réussi à incarner le changement que nous attendons »

 

 Harlem Désir (numéro deux du PS) : « Hollande a remporté la bataille de la crédibilité et de l’espoir. Il était fort face à un Nicolas Sarkozy dans les cordes, acculé, sur la défensive. Il était dans le débat, Sarkozy était comme d’habitude dans le pugilat, pas au niveau d’un président ». (à l’AFP)

 Elisabeth Guigou (ancienne ministre PS) : « François Hollande a vraiment dominé le débat. Grave, déterminé, précis dans ses propos, et rassurant. Nicolas Sarkozy a été très vite énervé s’emmêlant dans ses explications et anxiogène ». (à l’AFP)

 Delphine Batho, porte-parole de François Hollande : « Il a été magistral, il a fait preuve d’une force, d’une autorité présidentielle de bout en bout. Il a dominé sur tous les sujets, y compris l’immigration. Ce qui marque c’est la stature présidentielle qui se dégage de sa prestation ce soir ». Quant à Nicolas Sarkozy il est apparu comme « un sortant qui sent que le pouvoir est en train de lui échapper. Il a été mis en difficulté à de très nombreuses reprises, il n’avait même pas l’énergie de la répartie » (au siège du PS)

 François Rebsamen, président du groupe socialiste au Sénat : « Le débat a confirmé que la France avait trouvé en François Hollande le président du changement, du rassemblement et du redressement de notre pays. Face à un adversaire sans idées et sans autre projet que celui de sa réélection, spécialiste des contre-vérités et des approximations, François Hollande a démontré sa connaissance des dossiers, son sens des responsabilités, sa vision de l’intérêt du pays, sa proximité avec les Français et son envergure d’homme d’État ». (communiqué)

À l’UMP

 Nathalie Kosciusko-Morizet (porte-parole de Nicolas Sarkozy), a trouvé le président-candidat UMP «  authentique et sincère » lors du débat face à François Hollande, dénonçant un candidat socialiste «  fuyant sur le fond ». « C’est un débat dans lequel chacun s’est révélé comme il est », a-t-elle dit sur BFMTV : « Nicolas Sarkozy précis (...) authentique, sincère. François Hollande très général sur les déclarations mais fuyant sur le fond », « a montré qu’en plus de l’incompétence (...) il lui manquait le tempérament sans parler de la courtoisie ».

Sur la même chaîne, Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy, a jugé que « finalement il y a un président sortant et il y a quelqu’un qui n’a jamais exercé de responsabilités donc il n’a pas de bilan, donc c’est facile de critiquer le bilan du sortant surtout quand il est passé à travers quatre années de crise terrible ». Mais «  je ne me suis jamais associé aux gens qui disaient : +François Hollande est nul+, pas plus que je n’apprécie les critiques personnelles contre Nicolas Sarkozy », a-t-il ajouté. « Ce soir ce n’était pas un match de boxe, ce n’était pas non plus un concours de beauté (...) Le problème ce n’était pas de gagner contre l’autre (...) C’est un débat dont doit jaillir un peu de vérité pour les électeurs », a souligné la « plume » du chef de l’État.

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François Hollande

 Jeannette Bougrab (secrétariat d’État à la Jeunesse) : « Nicolas Sarkozy par sa compétence, son volontarisme, et sa connaissance des dossiers a mis en exergue l’inexpérience gouvernementale de François Hollande, et l’imprécision de ses propositions tant sur l’économie, le nucléaire, ou l’immigration. (..) Le candidat socialiste a pour seul bilan d’avoir coulé son département pour des décennies et d’avoir laissé prospérer les dérives troubles au sein du Parti Socialiste ». (communiqué)

 Xavier Bertrand (ministre UMP du travail) : « Après le débat de ce soir, les Français peuvent juger, face aux imprécisions, a l’arrogance et a l’agressivité du candidat socialiste, de la solidité, de la force de l’expérience et du sérieux des propositions de Nicolas Sarkozy nécessaires au redressement de notre pays. Le 6 mai, ils voteront pour Nicolas Sarkozy ! » (sur sa page Facebook)

 Nadine Morano : « Faire plaisir et dire oui à tout le monde ce n’est pas ça être président de la République (...) Les réformes ont été critiquées par François Hollande qui était dans la facilité (...) Il y a eu des boules puantes, Nicolas Sarkozy a été insulté encore aujourd’hui par les amis de M. Hollande en disant que le rassemblement du Trocadéro ressemblait à Nuremberg, vous vous rendez compte où c’est tombé ? François Hollande était avec cette arrogance de celui qui n’a rien assumé, un vrai sketch » (à la presse, au siège de l’UMP)

 Jean-Claude Gaudin, maire UMP de Marseille : «  Ce débat a mis en évidence que François Hollande n’a pas de vraie solution pour la France, et ne propose que des illusions pour les Français. Son projet s’inspire de ses intérêts électoraux et de +la folie dépensière+ socialiste ». « Face à la crise qui est encore devant nous, la France a plus que jamais besoin de Nicolas Sarkozy, parce qu’il est un président de courage, de conviction et d’énergie » (communiqué)

 François Sauvadet (ministre de la Fonction publique) : «  Point par point, Nicolas Sarkozy a mis en lumière les faiblesses et les contradictions du candidat socialiste (...). À 5 jours du second tour, les termes de l’élection présidentielle sont désormais clairement posés. Nicolas Sarkozy est le seul qui ose parler d’effort pour redresser notre pays, il était ce soir le seul à tracer de véritables perspectives pour notre pays ». (communiqué)

À gauche

Jean-Luc Mélenchon : « Notre objectif : sortir Sarkozy ! »

« Il a été assez facile à boxer ce soir. Hollande l’a plié en quatre.(...) J’aurais aimé le faire, et même le plier en cinq. »

« Sarkozy s’est pris les pieds dans le tapis, il trépignait, il s’agitait, il était tout en vibrations... il a rabâché des fragments de discours de campagne sans finir ses phrases, en se trompant sur les chiffres. Sur l’immigration, il a été pitoyable, confondant immigration légale et immigration illégale, avec des arguments de fin de banquet.. ».

«  À mesure que le débat avançait, Hollande l’a bien scotché et l’autre a passé son temps à gigoter et se débattre et à la fin c’était pitoyable ». Parlant de Nicolas Sarkozy : « Je l’ai trouvé très mauvais et rabâchant ». « On a entendu des bouts de discours qu’il a faits tout au long de la campagne, il ne terminait pas les phrases, il ne terminait pas les arguments, il donnait des références à des organismes internationaux par des abréviations sans se rendre compte que tout le monde ne sait pas forcément de quoi il parle », « il y avait un côté bâclé ».

« Il n’y a pas eu de match, Sarkozy n’était pas au niveau du combat. Pas de K.-O. mais aux points, Hollande a gagné. J’attendais de Hollande qu’il soit capable de ne pas marcher à reculons. Il est resté sur ses positions, il l’a fait, c’est bien. Faut pas reculer... Après, je ne vais pas vous dire que je suis d’accord avec François Hollande... Parfois c’est le cas, parfois ce n’est pas le cas... »

« Je pense que François Hollande est bien parti pour avoir un beau résultat dimanche et qu’on atteigne notre objectif : sortir Sarkozy ! »

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Le Président sortant, Nicolas Sarkozy

 Pierre Laurent (secrétaire national du PCF) : « Le candidat de l’UMP a été dans les cordes de bout en bout. Incapable de présenter la moindre proposition nouvelle, vantant son bilan en tous points catastrophique, ignorant les urgences des Français, mentant à tous propos, il s’est aussi montré indigne sur le vote des étrangers, insultant à nouveaux les Français et les étrangers de confession musulmane ». Il faut « se mobiliser massivement pour lui infliger la défaite la plus cuisante possible dimanche prochain, en votant François Hollande ». (communiqué)

 Jean-Michel Baylet (président du PRG) : « François Hollande a montré ce soir qu’il est prêt à présider la France. Serein, précis et convainquant, le candidat de la gauche avait clairement, ce soir, la stature d’un homme d’État. Il a rappelé les propositions claires et cohérentes de son programme pour redresser la France et redonner sens et contenu à l’Union Européenne. Nicolas Sarkozy dans l’esquive permanente et l’agressivité n’a pas pu échapper à son bilan et à ses contradictions, même s’il s’est en permanence défaussé de ses responsabilités sur la crise ». (communiqué)

Au Front national

 Florian Philippot (ancien directeur de campagne de Marine Le Pen) : « J’ai eu le sentiment que ce débat était assez ennuyeux parce que c’est le résultat naturel quand on oppose deux jumeaux idéologiques (..) Autant Sarkozy avait été assez bon en 2007 autant j’ai trouvé que là sur la forme il était assez fébrile et souvent sur la défensive et donc parfois agressif cette fois-ci, parce qu’il était gêné par son bilan (..) Face à lui un représentant de la gauche dont on sait qu’il n’y pas grand-chose à attendre parce que on a vu la gauche à l’oeuvre ». (sur BFM-TV) |AEM| Les Échos/Le Parisien/Libération, avec les agences


 
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